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samedi 23 février 2019

La dernière bataille des généraux israéliens



Israël élections avril 2019
LA DERNIÈRE BATAILLE DES GÉNÉRAUX ISRAÉLIENS

Par Jacques BENILLOUCHE
Copyright ©  Temps et Contretemps

       

          Trois anciens chefs d’État-major, Benny Gantz, Moshé Yaalon et Gabi Ashkenazi, vont entreprendre la bataille la plus dure de leur carrière. Une guerre sans merci, faite d’embûches, de coups bas, de mauvaise foi, de revirements et de haine, qui va leur donner l’impression que le vrai champ de bataille où ils ont crapahuté pendant des dizaines d’années était une sinécure. Mais Netanyahou a plus d’un tour dans son sac et il va se battre avec acharnement. Il vient de se lier avec l’extrême-droite kahaniste et raciste que le grand nationaliste Begin, le créateur du Likoud, n’a jamais voulu inviter au pouvoir parce qu’il estimait que la démocratie n’était pas un vain mot.



            De nombreux politiques ont leur revanche à prendre. Yaïr Lapid, leader centriste de Yesh Atid, avait été placé à un poste de ministre des finances où sa compétence dans ce domaine était discutable mais c'était pour le neutraliser. Jacques Chirac avait bien fait pareil avec Nicolas Sarkozy, d’une part pour le neutraliser à ses côtés en l’empêchant d’agir mais d’autre part pour le mettre face aux difficultés. Yaïr Lapid, ancien journaliste, avait demandé le ministère des affaires étrangères qui lui avait été refusé pour ne pas qu’il ait une audience internationale pouvant faire de l’ombre au premier ministre.
            Gideon Saar, le mal aimé non pas au Likoud où il a toujours occupé la première place mais aux yeux de Netanyahou qui l’a toujours considéré comme un rival, traînera la savate pendant la campagne électorale pour ne pas hypothéquer l’avenir. Son intérêt sera de rejoindre la coalition des généraux centristes pour changer le Likoud et le rendre respectable, une fois nettoyé de ses scories de l’époque Bibi.  
            Le centriste Moshé Kahlon, qui avait été rejeté du Likoud par un leader omnipuissant et omniprésent, est en chute libre. Il a senti le vent tourner et a presque ouvertement proposé ses services à Benny Gantz. Il a été un ministre aux grandes attributions financières mais sans réel pouvoir, bridé dans toutes ses initiatives.

Laly Derai

            Les femmes ne pardonneront pas à Netanyahou d’avoir été évincées de sa liste, trois femmes dans les vingt premières places. Elles ne lèveront pas le petit doigt pour sauver le soldat Bibi. L’exemple d'erreur stratégique dans ce domaine est celui de Laly Derai, sioniste religieuse habitant l’implantation d’Eli, militante séfarade d’origine tunisienne, conseillère municipale puis régionale, qui a écumé tous les plateaux de télévision de France et d’Israël pour défendre la cause du Likoud, parfaitement bilingue ce qui est un atout pour une francophone, n’a même pas eu pour le principe une place non éligible. On n'a pas souvent de candidate de ce calibre. Elle refusera certes de jouer contre son camp car elle est fidèle, ce qui est à son honneur, malgré les propositions sérieuses que lui a faites Naftali Bennett de rejoindre le camp des sionistes religieux où elle aurait pu être plus à l’aise. Mais elle pourra difficilement cacher longtemps sa déception et sa réprobation. Elle sera la dernière des Mohicans, la dernière femme à défendre le bastion féminin du Likoud.    
Avi Gabbay et Tamar Zandberg

            Cette union des partis du centre a créé la panique dans tous les autres formations qui, pour certaines, ne franchiront pas le seuil fatidique des 3,25% des voix. Alors des appels à l’union sont lancés par les uns et les autres, en particulier pour un rassemblement du parti travailliste avec la gauche de Meretz pour garantir leur présence à la Knesset. Avigdor Lieberman et Moshé Kahlon sont en danger aux derniers sondages. Les généraux risquent de les éliminer de la Knesset. On reparle donc d'une union des droites entre le Likoud, Zehut de Moshé Feiglin, Koulanou de Moshé Kahlon, Israel Beitenou d'Avigdor Lieberman et la Nouvelle Droite de Naftali Bennett. En fait on tend de plus en plus vers une bipolarisation de la vie politique en Israël.

            Mais il ne faut pas vendre la peau de l’ours. La campagne commence à peine. Certes les nouveaux venus disposent déjà d’un a priori favorable à l’instar d’un Emmanuel Macron qui a bousculé tous les partis et toutes les prévisions. Quelles que soient ses réussites dans certains domaines, Netanyahou lasse après dix années au sommet. Les militants le chuchotent à voix basse et l’ont d’ailleurs exprimé ouvertement aux primaires du Likoud durant lesquelles les inconditionnels de Bibi ont été balayés. C’est la force de la démocratie israélienne.



            L’exemple de Macron devra servir de leçon.  Benny Gantz devra muscler son entourage, devra rassembler au-delà de son propre camp, devra innover et pourquoi pas surprendre par des initiatives iconoclastes. Il est attendu sur les problèmes économiques et sociaux pour réduire le coût de la vie et ouvrir le marché de l’immobilier aux plus modestes, pour éradiquer la pauvreté dans un pays réputé pour sa haute technologie, pour rassembler la nation autour de l’armée, des juges et de la police. Les Israéliens attendent de lui qu’il s’exprime précisément et sans langue de bois sur le conflit palestinien, sur l’avenir des implantations et sur l’éventuelle création d’un État palestinien. Il aura surtout à renouer les liens diplomatiques avec les Occidentaux, les Européens en particulier, parce qu’Israël a souffert de l’absence en titre d’un ministre des affaires étrangères capable de s’expliquer et de dialoguer avec les chancelleries des pays historiquement amis.

            Les difficultés commenceront le 10 avril. Les généraux devront d’ici là aiguiser leur stratégie politique, qu’ils soient ou non au pouvoir. Une nouvelle ère peut commencer si le pays le décide et s’il rassemble toutes ses énergies sans haine.

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Merkel, qui était la chancelière la plus favorable à Israël, étant même capable de lire l'hébreu a fini par prendre ses distances.
Sarkozy qui était favorable à Israël, plus que Chirac, a fini par tourner casaque.
Poutine qui était favorable à une relation amicale avec Israël et les israélo-russes a fini par prendre ses distances.

Que veulent les soutiens de Netanyahu ?

The Old Dreamer a dit…

Super, trois boyscout a la recherche d'un quatrième (Barak) pour faire un petit poker. Le pot c'est juste une petite guerre afin de montrer qui est le plus con.
Comment vous ne sentez pas une odeur de guerre relevé d'une senteur de chair à canon? Allez laissez vous aller le 9 avril et vous verraient que nous allons nous faire avoir. Moi je prépare mes godillots .