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mercredi 29 février 2012

JE NE SUIS PAS ANTISEMITE MAIS


JE NE SUIS PAS ANTISEMITE MAIS...

par Jacques BENILLOUCHE


         Je ne suis pas antisémite mais, à la rigueur, antisioniste ! C'est la nouvelle posture de ceux qui, à présent, affichent ouvertement leur rejet de l'Etat juif en attendant de rejeter carrément son peuple. Cette expression favorite a droit de cité parce que critiquer les juifs est passible des tribunaux. L'antisionisme devient une attitude noble, justifiée par la réputation d'Israël d'être "conquérant face à un peuple palestinien désarmé et opprimé."

          Ce qui se faisait auparavant en catimini prend aujourd'hui des proportions qui semblent tolérées même dans une radio d'Etat, France-Inter en particulier. Il suffit d'écouter cette émission pour être convaincu que les tentatives de réduire l'antisémitisme en France sont vouées à l'échec puisque l'exemple vient d'en-haut. L'animateur avait du mal à prononcer le mot juif et il a dû s'y prendre à plusieurs fois.

           Mais les juifs eux-mêmes ne sont pas à l'abri des critiques car quelle intérêt avait cette auditrice à intervenir pour raconter sa vie privée, sinon pour se mettre en valeur en dépit du bon sens avec le seul objectif de participer à une radio-réalité de bas niveau. Elle s'est mise elle-même dans une situation où seule la volonté de faire parler d'elle primait sur la nécessité de laver le linge sale en famille. Passer à la radio quitte à être proprement malmenée ne mérite aucune compromission. Mais la déontologie de l'animateur reste aussi en question et avant de chercher à analyser les statistiques de la baisse de l'antisémitisme, il serait bon que la liberté de la presse soit mieux encadrée.
 Cliquer sur le triangle noir pour écouter l'émission

Pour ceux qui voudraient écouter l'émission directement sur le site de France-Inter cliquer sur le lien 




http://www.franceinter.fr/emission-a-votre-ecoute-coute-que-coute-la-femme-qui-hesitait-a-s-installer-en-isarel

M.A.J du 01/03/12
 
Aux dernières informations, il s'agissait d'une émission humoristique et nous sommes nombreux à l'avoir pris au premier degré. Mea Culpa. Il n'en demeure pas moins, qu'en cette période troublée, certains sujets devraient être abordés avec plus de précaution. 

 

 

lundi 27 février 2012

SLATE : Une frappe israélienne sur l'Iran est un casse-tête militaire


SLATE : Une frappe israélienne sur l'Iran est un casse-tête militaire

par Jacques BENILLOUCHE

Envoyer plus d'une centaine de chasseurs et de bombardiers à des milliers de kilomètres de leurs bases est une opération risquée, incertaine et très compliquée. 

Le chef adjoint des forces armées iraniennes, le général Mohammad Hejazi, a menacé, devant les rumeurs persistantes d’une attaque israélienne, de prendre le premier l'initiative des hostilités. «Notre stratégie consiste maintenant si nous sentons que nos ennemis veulent mettre en danger les intérêts nationaux de l'Iran, à agir alors sans attendre leurs actions.» Téhéran, qui se sent en position de force, face au conflit ouvert entre Washington et Jérusalem, cherche à exposer auprès des puissances mondiales les risques de cette menace militaire. Il profite par ailleurs du geste conciliant de Barack Obama, qui l’autorise à enrichir de l’uranium jusqu’à 5%, pour tenter une nouvelle négociation....

 Lire la suite en cliquant sur le lien :

 http://www.slate.fr/story/50457/israel-nucleaire-iran-attaque-chances

 

vendredi 24 février 2012

LES BELLES FACETTES DE FACEBOOK par Daniel GAL



        Notre ami Daniel GAL nous communique un billet d’humeur où il prouve qu’il sait à la fois manier la langue française et les jeux de mots. Un petit air pur dans la grisaille de la politique.


LES BELLES FACETTES DE FACEBOOK

Par Daniel GAL

Ancien ambassadeur  israélien


Pascal, le grand penseur et philosophe français, déplorait le fait que malheureusement les hommes s'étaient employés durant leur vie à construire des murs plutôt que des ponts. Et voila que Facebook nous prouve le contraire. Les murs jouent le rôle de ponts. Ils vous permettent de communiquer de dialoguer, d'échanger des idées, de partager des musiques et de belles photos, de cultiver des amitiés et d'en créer de nouvelles. Les distances disparaissent et les frontières aussi.

Je viens de lire que durant son prochain voyage aux États-Unis notre président Shimon Pérès visitera le centre principal de Facebook et lancera son mur international de Facebook par l'intermédiaire duquel il s'adressera aux jeunes du monde entier ; ceux des pays amis et ceux qui ne le sont pas encore mais le seront un jour.

Presqu'un miracle. Et pour vous faire entendre nul besoin de microphone ou de hauts parleurs, ni d'élever la voix.

IL SUFFIT SEULEMENT D'UN MUR-MUR

Barack veut devenir ton ami

mardi 21 février 2012

VISITE A NAPLOUSE, LA VILLE AUX NOMBREUX SYMBOLES


VISITE A NAPLOUSE, LA VILLE AUX NOMBREUX SYMBOLES

Par Jacques BENILLOUCHE

Tombeau de Joseph
                 
          Naplouse (Shekhem en hébreu) est la ville la plus importante de Cisjordanie, à 63 kms au nord de Jérusalem. Elle compte environ 135.000 habitants et abrite des lieux saints musulmans, chrétiens, samaritains et juifs et en particulier le tombeau de Joseph. Naplouse, faisant partie de la zone A définie aux accords d’Oslo de 1993, a été évacuée par les israéliens et est totalement administrée par l’Autorité palestinienne.

Le tombeau de Joseph
Tombeau Joseph après incendie

La Bible, dans la Genèse,  raconte que Joseph, l'un des douze fils de Jacob, vendu en esclave par ses frères jaloux, devint l’homme le plus puissant d’Égypte à côté de Pharaon. Lorsque la famine frappa la terre, il fit venir les enfants d'Israël en Égypte, où ils s’installèrent dans le pays de Goshen. Les textes bibliques, l’Exode et Josué,  rapportent que Moïse, en quittant l’Égypte avec son peuple, emporta les ossements de Joseph car celui-ci avait formellement adjuré les enfants d'Israël: «Dieu ne manquera pas de vous visiter et alors vous emporterez mes os de ce pays». Les ossements de Joseph furent inhumés à Naplouse, dans le lopin de terre que Jacob avait acquis.
                L’armée nous a autorisés à visiter la ville car elle est interdite aux israéliens et n’est  accessible qu’une fois par mois pour permettre aux pèlerins juifs de prier sur la tombe de Joseph. Le ministre de l’information et de la Diaspora, Youli Edelstein, s’était proposé de nous y accompagner, avant l’afflux des dizaines d’autobus de religieux escortés par un régiment de 500 soldats.
Youli Edelstein

            La visite a eu lieu volontairement de nuit pour éviter d'éventuels troubles avec la population palestinienne. Naplouse symbolise en effet la ville des combats, durant les deux Intifada ou révoltes populaires des palestiniens, contre l’armée israélienne. Bien que ville autonome, elle reste parfois soumise aux incursions de l’armée pour dénicher les terroristes qui s’y cachent. Et pourtant, une fois par mois, grâce à une coopération volontaire et totale, les forces de l’Autorité palestinienne et israéliennes organisent l’arrivée de milliers de pèlerins, après que la ville ait été mise sous couvre-feu.
          L'implantation voisine de Elon Moreh, installée au sommet d'une colline dans un décor de carte postale, avec ses classes religieuses de 350 élèves, constitue la protection spirituelle du Tombeau de Joseph.
Elon Moreh

Une ville isolée du monde

La police palestinienne est restée discrète, pour ne pas dire invisible, le long de notre trajet délimité qui traverse toute la ville. Symbole d’une ville fermée, isolée à l’écart du monde juif et sans lien avec l’extérieur, enfermée dans ses frontières réduites au contour de la ville, Naplouse continue à vivre. Mais elle représente, une fois par mois, le symbole d’une coopération militaire réussie entre policiers palestiniens et armée israélienne, dans la tradition pacifique de deux camps qui s’observent sans cacher leur volonté d’en découdre.
Mais c’est aussi le symbole de l’entêtement dogmatique d’une population arabe qui refuse le contact et surtout l’accès à des pèlerins juifs orthodoxes qui tiennent à prier sur la tombe d’un juif représentant lui-même le symbole de l’exil et du retour dans son pays, après avoir fait fortune chez les «goys», les non-juifs.
Ces juifs orthodoxes arborant leurs papillotes, venus en masse vêtus de leur caftan noir, donnent l’impression de s’adonner à un nouveau paganisme. Alors que les synagogues sont des lieux vidés de toute décoration profane et que la religion impose de ne se prosterner que devant Dieu, non matérialisé,  les orthodoxes que nous avions rencontrés, tenaient à marquer leur douleur extrême, se prosternaient devant le tombeau en jouant aux pleureuses et en se couchant sur le seul symbole des restes de Joseph. Israël n'est pas à ce seul paradoxe près.

Le tombeau de Joseph


La politique et ses droits
Cliquer sur le triangle noir pour voir la vidéo
 
Le ministre Youli Edelstein personnifie le symbole de la présence et de l’influence des politiques dans la tradition juive. Cet ukrainien, élevé sous les principes laïcs, sinon athées, de l’ancienne URSS, portait certes la kippa exigée par les rabbins mais s’est estimé contraint, avec peu de conviction, de réciter les psaumes avec ses alliés politiques au gouvernement. Membre du Likoud mais proche du parti nationaliste, Israël Beiteinou d’Avigdor Lieberman avec qui il a des affinités communautaires, il caresse dans le sens du poil les juifs orthodoxes, membres d’une coalition de bric et de broc, mais qui a l’avantage de durer dans l’inertie totale.
Naplouse veut donner le symbole d’une ville qui veut continuer à vivre comme si la guerre n’existait pas avec son souk achalandé et ses rues tortueuses ressemblant à celles des villes arabes. Les palestiniens ne font aucun effort d'investissement pour la restauration de cette ville, comme d'autres de Cisjordanie, comme s'ils voulaient garder les stigmates de la guerre toujours présents dans l'inconscient palestinien. Et pourtant, elle reste célèbre pour son industrie du savon à base d’huile d’olive qui a été la marque de la ville durant plusieurs siècles. A travers les dédales des rues et malgré la nuit, on pouvait encore distinguer l’architecture de rues pavées datant du temps des Croisés, abandonnées à l’usure du temps, faites de voies en labyrinthes, conçues justement pour compenser l’absence de remparts servant à la défense de la ville.
Les traces de la guerre sont encore visibles à travers des ruines et une architecture endommagée par la violence de la seconde Intifada. Mais les palestiniens sont eux-aussi responsables de destruction puisque, par deux fois en 1996 et en 2000, ils avaient mis le feu à une école religieuse juive bâtie autour du tombeau qui avait été saccagé. L’armée avait tenu à reconstruire le site qui nous a accueillis dans une ambiance empreinte de mysticisme.
Saccage de la tombe de Joseph par les palestiniens
Mais la politique retrouvait ses droits. Interrogé à la fin de notre visite, le ministre a retrouvé sa sémantique pour critiquer le gouvernement auquel il appartient : «Nous devons reprendre le contrôle total de ces lieux pour permettre l’accès libre aux religieux et aux touristes ce qui n’est malheureusement pas le cas aujourd’hui. Le premier ministre est soumis à des pressions, pour des raisons que je ne peux pas comprendre. Nous devons trouver un arrangement politique avec les palestiniens à ce sujet»
Il avait certainement tenu à nous faire part de ce message destiné à une autre frange de la population, à l’autre extrême du gouvernement, qui risque pour des raisons spéculatives de s’orienter, aux prochaines élections, vers d’autres horizons politiques, des horizons encore mieux offrants. A l'occasion de cette visite, Naplouse nous a donnés le spectacle de la mixité entre la politique laïque et les traditions orthodoxes.

lundi 20 février 2012

SLATE - Nucléaire iranien: Washington et Jérusalem en conflit ouvert


SLATE - Nucléaire iranien: Washington et Jérusalem en conflit ouvert

par Jacques BENILLOUCHE

Obama veut croire aux sanctions et à la diplomatie tandis que pour Netanyahou le président américain ne comprend rien au Moyen-Orient et met l'existence même d'Israël en danger.

F15 israéliens et ravitailleur

          Les Américains et les Israéliens font le même diagnostic depuis longtemps sur le problème du programme d'armement nucléaire iranien, il est dangereux et il faut l'arrêter, mais ils divergent de plus en plus sur les moyens à utiliser pour le stopper. Israël est convaincu que les sanctions occidentales ne donneront aucun résultat et s’étonne que Mahmoud Ahmadinejad puisse narguer les occidentaux en s’affichant à la télévision, le 15 février, en train de charger les barres de combustible de son réacteur nucléaire.

Lire la suite en cliquant sur le lien :

http://www.slate.fr/story/50323/INTERNATIONAL-nucleaire-iranien-washington-jerusalem-conflit

 

 

 

 

 

 

dimanche 19 février 2012

EGYPTE : LE DOULOUREUX RÉVEIL AMÉRICAIN


EGYPTE : LE DOULOUREUX RÉVEIL AMÉRICAIN

Par Zvi MAZEL
Ancien ambassadeur d’Israël en Égypte

Caricature parue dans l'hebdomadaire Al Ahram Weekly
Un scorpion qui avait besoin de traverser une rivière, demanda à une grenouille de le mener jusqu'à l'autre rive, sur son dos.
- Il n'en est pas question, répondit la grenouille. Je te connais et je sais que si je te laisse monter sur mon dos, tu me piqueras pour me tuer.
- Mais alors, je vais mourir noyé, répondit le scorpion.
La grenouille finit par accepter, mais alors qu'ils étaient à la moitié du parcours, le scorpion la piqua, lui injectant son venin mortel.
- Mais qu'est-ce que tu as fait, malheureux, s'écria la grenouille. Maintenant, tu vas mourir, toi aussi !
- Je n'y peux rien, dit le scorpion, nous sommes au Moyen-Orient.

Alors que la crise perdure entre les deux pays, l’Amérique découvre avec effarement l’étendue de la haine qu’elle inspire au pays des pharaons.  Comme le reste des  puissances occidentales, elle avait cru à un illusoire printemps arabe sans voir que l’islamisme arabe était incompatible avec la démocratie.

Aide militaire et civile

Les États-Unis ont déversé près de 70 milliards de dollars sur l’Égypte depuis que ce pays a fait la paix avec Israël en 1979. L’aide civile devait servir à améliorer le système scolaire et l’infrastructure, à développer l’économie et à promouvoir la démocratie. L’aide militaire avait pour but d’assurer la stabilité du pays et de permettre à l’Égypte de maintenir son rôle de leader du monde arabe face à l’Iran et à la menace du terrorisme. Des centaines d’avions F-16, de chars Abrams et d’autres armements sophistiqués sont venus remplacer l’équipement vieillot qui datait de l’ère soviétique. Des exercices conjoints se tenaient régulièrement tandis qu’année après année de jeunes officiers partaient suivre des formations aux États-Unis et s’initier aux valeurs de la démocratie.
Pendant le long «règne» de Moubarak, l’armée a été souvent qualifiée de «partenaire silencieux» du régime. Les généraux ne cherchaient pas à s’immiscer dans la conduite du pays, mais s’emparaient en douceur de secteurs économiques de plus en plus étendus : d’abord les industries militaires, puis des industries tout court, des sociétés commerciales et jusqu’à des institutions culturelles (un général a été nommé à la tête de l’opéra), arrivant ainsi à détenir un tiers de l’économie égyptienne. Ce partenariat n’était pas à sens unique. Lors de la grande crise du pain en 2008, l’armée a fait tourner ses fournils pour pallier la pénurie, en mettant sur le marché quantité de pains à prix subventionnés. Prudents, les généraux ne laissaient pas les islamistes infiltrer les troupes et bloquaient l’avancement des religieux trop zélés. Ils n’avaient en effet pas oublié que c’est un extrémiste du mouvement Jihad qui a assassiné le président Sadate lors d’un défilé militaire. Moubarak, qui avait réchappé à cet attentat, était d’ailleurs convaincu qu’en laissant ses généraux s’enrichir il s’assurait leur fidélité et leur dévouement.

Go now !

Pourtant il a suffi d’une seule semaine de manifestations violentes au Caire  en janvier 2011 pour que l’Amérique abandonne son vieil allié auquel le président Obama a lancé d’un ton méprisant «go ! go now !», en précipitant sa chute. Obama s’imaginait sans doute que, libéré des chaines de la dictature, le peuple égyptien prendrait le chemin de la démocratie et renforcerait ses liens avec les États-Unis. C’était une lourde erreur. On a assisté à une explosion de haine contre ce pays tandis que les partis islamistes les plus extrémistes raflaient 75 % des sièges dans le nouveau parlement issu des élections les plus libres que l’Égypte ait connues. Les  Frères Musulmans, récoltant les fruits de leur long travail au sein des populations les plus démunies s’ajoutant à une éducation islamique qui prend les enfants dès leur plus jeune âge pour les encadrer jusqu’à ce qu’ils quittent l’école, ont terrassé la démocratie par knock-out.

Frères musulmans égyptiens
Aujourd’hui l’Amérique assiste, impuissante, au spectacle d’une junte militaire plus brutale encore que Moubarak et qui réprime sauvagement les manifestations, faisant des dizaines de morts, des milliers de blessés et enfermant les protestataires par centaines dans ses prisons. Une junte qui s’est permis d’accuser l’université américaine, située non loin de la place Tahrir, de fomenter des troubles et même d’avancer que c’est de cet établissement que sont partis des coups de feu sur les forces de l’ordre, les obligeant à riposter  et  faisant des victimes dans la foule.  Faire porter la responsabilité de ses actes sur un autre est une technique bien connue en Égypte et les américains font un excellent bouc émissaire.

ONG non grata
Devant le siège de l'ONG National Democratic Institute

En décembre dernier les autorités égyptiennes ont effectué une descente simultanée dans les bureaux de 17 ONG, dont plusieurs américaines. Des documents ont été saisis et les bureaux fermés. Une mesure qui a été interprétée comme un acte de provocation délibéré vis-à-vis des États-Unis. Difficile en effet d’imaginer qu’un gouvernement, nommé et contrôlé par la junte, se serait permis d’agir sans avoir obtenu le feu vert. Les égyptiens ont beau dire qu’il s’agit d’une question purement juridique et que les ONG ne disposaient pas des autorisations nécessaires, ajoutant que lorsqu’elles auraient obtenu ces autorisations elles pourraient rouvrir leurs portes, ce n’est guère convaincant. Au lieu de faire un raid sans préavis, pourquoi ne pas avoir d’abord averti les États-Unis que, si les organisations ne régularisaient pas leur situation dans un délai donné, elles seraient passibles de sanctions ? Aujourd’hui 43 employés de ces ONG, dont 19 citoyens américains, sont retenus en Égypte. Plusieurs américains se sont réfugiés dans leur ambassade.
La junte militaire n’a pas l’air de s’inquiéter outre mesure de la tournure des événements. On a l’impression qu’elle n’est pas mécontente de détourner vers les américains les sentiments de frustration d’un peuple qui attend vainement une amélioration de son sort après la révolution. Sur le plan de la politique intérieure, c’est bien joué : Frères Musulmans et Salafistes, qui voient dans la démocratie américaine leur véritable ennemie, sont à cent pour cent derrière la junte. Quand le Congrès américain a menacé de suspendre l’aide américaine, 71% des personnes interrogées ont répondu que l’Égypte n’avait pas besoin de cet argent ( !) et que, d’ailleurs, les pays arabes pourraient prendre la place des États-Unis. Un argument repris tant par le chef du gouvernement que par le directeur d’Al Azhar.

Risque sur les accords avec Israël
Frontière israélo-egyptienne
 
Issam Alarian, l’un des leaders des Frères, a tout de même lancé un avertissement : si les américains suspendent leur assistance, et bien il faudra revoir les accords de paix avec Israël car cette assistance en fait partie. Ce qui est parfaitement faux ; cette question n’est évoquée nulle part dans le traité.  C’est dans le cadre de leur alliance stratégique avec l’Égypte que les États-Unis accordent à ce pays des milliards de dollars chaque année. On peut d’ailleurs rappeler que la junte, qui s’est engagée a respecter les accords internationaux, est tenue d’honorer un traité que l’Égypte a signé et qui a grandement contribué à sa stabilité.
Tout de même, où donc ont disparu les excellentes relations qui régnaient, nous disaient-on, entre l’État-major américain et ses collègues égyptiens ? Ne pouvait-on s’attendre à un minimum de  reconnaissance  pour les sommes considérables investies dans le développement du pays et la modernisation de son armée ? Et qu’en est-il de ces générations de jeunes officiers qui ont été formées aux États-Unis ?  La junte est elle prête à tirer un trait sur tout cela, dans l’espoir de trouver grâce aux yeux des Frères et d’éviter ainsi d’avoir à répondre de l’attitude de l’armée au cours des années Moubarak?
L’opinion publique américaine est sérieusement échauffée ; des membres du Congrès réclament l’arrêt de l’aide  tant que les employés des ONG n’auront pas reçu l’autorisation de partir. L’administration Obama est dans l’embarras, consciente qu’elle doit faire quelque chose, mais hésitant à prendre des mesures qui sonneraient le glas de la coopération stratégique avec l’Égypte.
Moralité : loin de conduire à une plus grande ouverture et à la démocratie, la chute de Moubarak a donné naissance à un régime tout aussi dictatorial et à une crise de grande ampleur avec les États-Unis. Mais ce pays n’arrive pas à comprendre la profondeur des sentiments anti-américains et se refuse à voir que son alliance stratégique est moribonde. Quant aux Frères Musulmans, ils ont beau être conscients de l’importance de l’aide américaine pour l’Égypte, ils continuent à voir dans la démocratie américaine un obstacle majeur sur le chemin de l’instauration d’un régime islamique – et du rejet du traité de paix avec Israël.

samedi 18 février 2012

L’HOMME-CLÉ DE L’ÉQUIPE DE CAMPAGNE DE SARKOZY


L’HOMME-CLÉ DE L’ÉQUIPE DE CAMPAGNE DE SARKOZY

Par Jacques BENILLOUCHE
               
Patrick Buisson

L’ÉTRANGE MONSIEUR BUISSON


Ce n'est plus une rumeur : Patrick Buisson a bien enregistré Nicolas Sarkozy lors de réunions à l'Elysée. Les extraits d'un enregistrement effectué à l'insu de l'ancien président ont été publiés dans la presse.        
Nicolas Sarkozy, enfin candidat, a choisi lui-même son équipe de campagne resserrée. Certaines personnalités sont certes déjà connues, mais l’une d’entre elles, qui a toujours officié dans l’ombre comme conseiller à l’Élysée, en tant que maitre des sondages et expert en médias, a un passé revendiqué dans l’extrême-droite. Encore aujourd’hui, il est à l’origine de la droitisation du programme du candidat qui recherche ouvertement les voix de Front national, après avoir pillé certains de ses thèmes porteurs.
La garde rapprochée de Sarkozy
Patrick Buisson, journaliste, avait rejoint en 1981 l'hebdomadaire d'extrême-droite «Minute», pour se spécialiser dans les articles contre les «socialo-communistes». Il en profite pour décrire l’ascension politique de Jean-Marie Le Pen avec beaucoup d’indulgence, pour ne pas dire de lyrisme.

Il a produit en 1984 avec Alain Renault, ancien secrétaire national du Front national,  François Brigneau et Roland Gaucher «l’Album Le Pen» qui magnifie la personnalité et les projets du président du FN. François Brigneau, de son vrai nom Emmanuel Allot, journaliste, écrivain, éditeur et militant d'extrême droite français, s’était orienté vers la Collaboration durant la Seconde Guerre mondiale et n’avait pas caché son admiration pour Robert Brasillach, fusillé pour faits de collaboration et rencontré à la prison de Fresnes. Au lendemain du débarquement allié en Normandie, il s’était engagé dans la Milice. Roland Gaucher, de son vrai nom Roland Goguillot,  homme politique, journaliste et écrivain nationaliste français, avait commencé sa carrière à l'extrême gauche comme membre du groupuscule trotskyste, Fédération des étudiants révolutionnaires. Mais il devint l’un des fondateurs, en octobre 1972, du Front national.
Patrick Buisson n’avait pas caché ses sympathies pour l’OAS (Organisation de l’Armée Secrète, qui s’était opposée à l’indépendance de l’Algérie par des actions terroristes en France et en Algérie. Il ira jusqu’à rédiger avec Pascal Gauchon un ouvrage à la gloire de  cette organisation [1]. Pascal Gauchon, membre d'Ordre nouveau, s'associa en juin 1974 à la création du PFN (parti des forces nouvelles) avec François Brigneau, Jean-François Galvaire, Roland Gaucher, Jack Marchal et Alain Robert. Il devint secrétaire général du PFN, mouvement d'extrême droite, de 1974 à 1981.

De 1976 à 1978, Patrick Buisson a collaboré à la revue « Item » qui «se veut un instrument de réflexion pour lutter contre le terrorisme intellectuel de la gauche». La revue donne la parole aux anciens collabos, aux membres du FN et aux amis politiques de Jean-Marie Le Pen. Il développe les thèmes traditionnels de l’extrême-droite et des pétainistes : l’ordre, la morale, la tradition. Il y écrit notamment [2] : « Le seul Ordre qui vaille et qui dure implique un retour à la valeur qui met l'inégalité au service de l'unité et à laquelle les hommes s'épurent et se mesurent. Une société saine assoit sa hiérarchie sur des inégalités fonctionnelles résultant de différences naturelles. Purifier l'ordre social par les forces qui lui sont extérieures, c'est-à-dire reconstruire une société où les rapports et les hiérarchies s'enracinent dans la nature et s'élèvent jusqu'à Dieu. »
Le message de Nicolas Sarkozy est clair. En plaçant au sommet de son équipe de campagne un expert qui a flirté avec des militants et des organisations antisémites, il montre que tous les moyens sont bons pour garantir sa réélection et précise l’orientation droitière qu’il compte donner à sa campagne. Tout est bon pour attirer à lui les voix de Marine le Pen, quitte à s’entourer de tous les gourous qui ont fait les beaux jours de son père. Mais il joue avec le feu car, en tant que candidat prônant des idées d'extrême-droite, il risque de pousser de nombreux électeurs à choisir l'original plutôt qu'une pâle copie et à voter pour Marine Le Pen. La politique a des raisons que la raison ignore.  


 [1] « OAS. Histoire de la résistance française en Algérie », par Patrick Buisson et Pascal Gauchon, 1984.
[2] « Ordres nouveaux, nouveaux désordres », Patrick Buisson, revue "Item" mars-avril 1976.

mercredi 15 février 2012

GERARD AKOUN, chroniqueur




GERARD AKOUN

Judaïques FM


          Gérard AKOUN  n'est pas un nouveau venu dans le monde des médias juifs puisqu'il est, depuis trente ans, coprésident-fondateur et trésorier de la station de radio parisienne Judaïques FM (94.8).

        Il y anime les émissions politiques : "Pleins feux" avec Vladimir Spiro, "Trente minutes pour convaincre" et le "Billet d'humeur du jeudi".





Zvi MAZEL




Zvi  MAZEL


Zvi MAZEL  est diplomate israélien.

Elève de l’Institut d’Etudes politiques de Paris (Sciences Pô), il en est sorti diplômé en 1963. Il y rencontra sa femme Michèle, scientifique et écrivain.

Il obtint son premier poste à Madagascar puis a été nommé ambassadeur  en Egypte de 1996 à 2001, en Suède de 2002 à 2004 puis en Roumanie.

Il a occupé, au ministère des affaires étrangères, le poste de directeur de la division des pays de l'Est et de directeur du département de l’Egypte et de l’Afrique du nord.


Il est actuellement  fellow au JCPA ( Jerusalem Center for Public Affairs




mardi 14 février 2012

SLATE ; Américains, Israéliens et Iraniens se font face à la frontière de l'Azerbaïdjan

SLATE :  Américains, Israéliens et Iraniens se font face à la frontière de l'Azerbaïdjan 

Par Jacques BENILLOUCHE 


          L'Iran a accusé, le 12 février, son voisin,  l'Azerbaïdjan, de collaborer avec les services de renseignements israéliens et d'avoir facilité les assassinats de scientifiques nucléaires iraniens ces dernières années.

       "Certains des terroristes liés à l'assassinat de scientifiques nucléaires iraniens se sont rendus en Azerbaïdjan d'où ils disposent de facilités pour se rendre à Tel-Aviv", a indiqué l'agence de presse officielle Irna sur son site internet, citant un communiqué du ministère.

              Cette accusation place l'Azerbaïdjan dans le feu de l'actualité et notre article du 27 juin 2010 peut éclairer la place que prend ce pays à majorité musulmane dans l'échiquier politique israélien ainsi que les craintes qu'il peut avoir vis-à-vis de l'Iran. Les dirigeants de ce pays à 93% musulman (79% de chiites et 14% de sunnites) ont choisi l'alliance politique avec les Etats-Unis.

Cliquer pour lire ou relire l'article toujours d'actualité : 

lundi 13 février 2012

SLATE : l'Iran et la Russie ont sauvé Bassar


SLATE : L'Iran et la Russie ont sauvé Bassar 

par Jacques BENILLOUCHE

Des documents «Anonymous» montrent que l'Iran, la Russie et la Chine donnent à Bachar el-Assad les moyens de contourner les sanctions et d'écraser la rébellion.

Mahmoud Ahmadinejad et Bachar el-Assad à Téhéran en octobre 2010

          Israël a toujours considéré avec beaucoup de scepticisme l'impact des sanctions internationales les jugeant ineffcaces à la fois contre les régimes syriens et iraniens. Il suffit de se rappeler comment l’Irak de Saddam Hussein a su trouver dans le monde pendant des années pour contourner des sanctions des dirigeants politiques à corrompre, des pays et des sociétés acceptant d'ignorer les décisions internationales et de collaborer en échange de substantiels revenus. L'inefficacité totale des sanctions contre la Syrie est démontrée de façon éclatante par des informations dévoilées par les hackers «Anonymous» qui montrent comme l'Iran et la Russie tiennent à bout de bras le régime du dictateur sanglant Bachar el Assad et ne sont pas prêts de la le lâcher....

Cliquer sur le lien pour lire la suite :

http://www.slate.fr/story/49885/INTERNATIONAL-syrie-anonymous-iran-russie-soutien


 

vendredi 10 février 2012

CHEF D'OEUVRE VIDEO : LA LICORNE DE PORCELAINE


LA LICORNE DE PORCELAINE

Une MERVEILLE de SENSIBILITE et de BEAUTE !

            Notre ami et chroniqueur Fabien GHEZ nous a transmis cette vidéo pleine d’émotion. Elle prouve que, parfois, quelques images valent de longs discours et que l'on ne doit pas désespérer de l'humanité.
      
           Le metteur en scène anglais Sir Ridley Scott avait lancé un Concours mondial de Film intitulé «Dites-le à votre manière !», concours organisé à l’intention de ceux qui désiraient devenir metteur en scène et auquel plus de 600 cinéastes ont participé ! 

          Les conditions de participation étaient les suivantes:

-    La longueur du film présenté ne devait pas dépasser 3 minutes,
-    Le texte ne devait pas avoir plus de 6 lignes,
-    Le sujet abordé devait être  «captivant » ! 

           Le metteur en scène Keegan Wilcox a été le grand gagnant avec son film intitulé : « PORCELAIN UNICORN »  (La Licorne de porcelaine) dont le sujet était : «Une histoire vécue par deux personnes que tout oppose et qui pourtant restent très proches l’une de l’autre !»  

             Cliquer pour comprendre pourquoi ce film a gagné haut la main:

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jeudi 9 février 2012

ISRAEL FACE A UNE GUERRE AU SUD-SOUDAN


ISRAEL FACE A UNE GUERRE AU SUD-SOUDAN

Par Jacques BENILLOUCHE
Bith Thiyang

          La tension règne entre le Soudan et le Soudan du Sud qui vient d’obtenir son indépendance au point qu’une guerre pourrait éclater entre ces deux pays. Le président Omar Hassan Al-Bachir a été clair à la télévision : «Le Soudan veut la paix mais nous irons à la guerre si nous y sommes contraints.» Israël risque d’être impliqué, de manière indirecte, dans ce conflit.

Un consul ancien réfugié

          Bith Thiyang avait traversé la frontière en clandestin il y a six ans, venant du sud-Soudan, et s’était réfugié près d’Eilat au kibboutz Eilot. Avec sa double casquette, il était chargé le matin du nettoyage des chambres de l’hôtel du kibboutz et ensuite, dans une petite chambre au mobilier  modeste, il revêtait les habits de consul de son pays en guerre pour aider ses compatriotes  à organiser leur vie. Il a depuis troqué sa tenue de nettoyage contre un costume dans son bureau de Tel-Aviv, sous le portait du leader du Sud-Soudan, John Garang, mort dans un accident d’hélicoptère en 2005. Dans sa fonction de consul, il est chargé à présent de veiller sur les milliers de réfugiés, installés au sud de Tel-Aviv dans le ghetto d’immigrés près de l’ancienne gare centrale. 

          Son bureau austère est devenu la représentation officielle du Sud-Soudan et il a été l’artisan de la reconnaissance de son pays par Israël. Le Premier ministre Benjamin Netanyahou a décidé de reconnaître officiellement le Sud-Soudan et lui a souhaité bonne chance. Le ministre des affaires étrangères Avigdor Lieberman, boudé par l’Europe, avait décidé de revigorer les relations avec le continent noir où sa présence ne pose pas de problème. Il voulait créer une sorte de ceinture de sécurité amie autour des pays arabes, «l’alliance de la périphérie» prônée par David Ben Gourion.  A l’occasion de ses visites au Kenya, au Ghana, au Nigeria puis en Ouganda, il avait profité de signer de nouveaux contrats. Mais son objectif principal consistait à mettre en garde ses interlocuteurs africains sur le danger d’une nucléarisation de l’Iran qui risquait d’avoir des répercussions dans leur propre région.

Un front chrétien
Odinga et Netanyahou

          Dans cet esprit, le premier ministre kenyan, Raila Odinga et le président ougandais Yoweri Museveni , qui viennent d’achever une visite en Israël, ont exprimé leurs préoccupations au sujet de la montée en puissance des islamistes radicaux sur le continent, en particulier dans l'Est. Yoweri Museveni a souligné que l'Ouganda était un pays chrétien pollué par l'islam radical tandis que Raila Odinga s’est montré inquiet de l'infiltration constante de radicaux islamiques de Somalie. Avec les encouragements du président Shimon Pérès et du premier ministre Benjamin Netanyahou, le premier ministre kenyan a accepté d’être le maître d’œuvre d’une alliance entre l’Éthiopie, le Kenya, la Tanzanie et le Sud-Soudan pour freiner la propagation de l’islam fondamentaliste dans les nations africaines, peuplées de 138 millions d’habitants, où existe une majorité de chrétiens.
Museveni et Shimon Pérès

          Israël souhaitait des relations officielles avec le Sud-Soudan disposant de la manne pétrolière avec ses 375.000 barils produits chaque jour. Le pays est entièrement à reconstruire et les entreprises israéliennes sont sur les rangs pour équiper de haute technologie une démocratie qui s’ouvre au monde moderne et dont la majeure partie de la population vit encore dans des huttes. Mais à peine créé, il risque d’être confronté à la guerre car les ambitions et les prétentions de ses voisins sont élevées. Le nord musulman dominé par les arabes se distingue du sud peuplé en majorité de chrétiens, longtemps martyrisés et en communauté de destin avec les juifs. Israël a donc décidé d’aider militairement le nouvel État soumis à la convoitise de ceux qui ont accepté l’indépendance du Sud-Soudan du bout des lèvres. Mais en l’aidant, il s’implique directement.
Salva Kiir

          Immédiatement après avoir noué des relations diplomatiques à l’occasion de l’indépendance du Soudan du Sud, le 8 juillet 2011, son président Salva Kiir a effectué, le 20 décembre 2011, une visite officielle de 24 heures en Israël. Cette première visite du chef du nouvel État a été qualifiée d'«historique» par le président israélien Shimon Pérès. En accueillant en grandes pompes le représentant du Sud, les israéliens ont cherché à lancer un avertissement clair aux nordistes qui ont affiché ouvertement leur soutien au  Hamas.

Des relations historiques

          Les relations entre Israël et le Soudan du Sud ne datent pas d’hier. Les chrétiens du Soudan avaient déjà aidé Israël durant la Guerre des Six Jours de 1967 en s’opposant à l’armée régulière qui voulait prendre part à la guerre. Les israéliens avaient ensuite  renvoyé l’ascenseur en soutenant les rebelles contre Khartoum, en les finançant et en les armant avec du matériel militaire récupéré à l’armée égyptienne vaincue. 

          Les soudanais du Sud n’ont jamais oublié ce soutien et leur président l’a rappelé à Jérusalem : «Sans vous, nous n’existerions pas». A l’ONU, le ministre des Affaires Étrangères du Soudan du Sud, Deng Alor Koul a manifesté son «soutien à Israël dans son approche de la déclaration palestinienne de septembre à l’ONU». Il a ensuite promis de «voter contre la résolution de l’Assemblée Générale de la reconnaissance d’un État indépendant appelé Palestine». Puis il a ajouté: «Notre pays a l’intention d’établir une ambassade dans la capitale d’Israël, à Jérusalem et non à Tel-Aviv comme le font la plupart des pays»
Omar Al-Bachir

          Les relations conflictuelles entre Israël et Omar al-Bachir résultent de l’appui donné par son régime au Hamas et à l’installation de bases islamistes au Soudan. Si la guerre éclate entre le nord et le sud, Israël sera contraint d’intervenir car il ne peut abandonner son nouvel allié désarmé à la vindicte du nord. L’État juif avait accepté de fournir au Kenya et à l’Ouganda, des drones, des vedettes navales rapides, des véhicules pour les patrouilles aux frontières et des équipements pour la surveillance maritime  afin de les aider à «les débarrasser des éléments islamistes terroristes» et à contrer l'expansion iranienne. Israël ne pourra moins faire pour le Soudan du Sud qui a besoin d’une aide technique à l’égale de celle octroyée aux kurdes : formation des officiers, présence de conseillers de Tsahal sur place et fourniture de renseignements satellitaires. En s’impliquant directement, il poursuit l’objectif de retrouver la période idyllique des années 1960 avec l’Afrique.

Zone stratégique

    Le Sud-Soudan est une zone stratégique pour les israéliens qui souhaitent disposer d’un point d’ancrage face à l’allié de l’Iran, Omar Al-Bachir. Ben Gourion avait déjà défini les bases politiques visant à aider les dirigeants des minorités des différentes communautés d’Irak, du Soudan, d’Éthiopie, de l’Ouganda, du Kenya et du Congo. En transformant des rebelles en armée régulière, entrainée et équipée par Israël, l’influence israélienne restera présente face à Khartoum. 

          Par ailleurs, Israël songe à sa propre défense. Les armes qui parviennent au Hamas transitent toutes par le Soudan avant de traverser le Sinaï. Jusqu’alors la force aérienne israélienne frappait les convois d’armes sur le territoire soudanais, comme en novembre et décembre 2011, dans la région de Wadi Al-Allaqi. Israël avait alors complètement détruit les missiles et autres armes de fabrication iranienne, russe et chinoise destinés au Hamas de Gaza. Une alliance avec le Sud-Soudain permettrait aux israéliens de disposer  localement d’un point d’appui et d’escales techniques pour leurs chasseurs-bombardiers mais au risque d’être entrainés dans une guerre loin de leurs frontières.