LE BEST-OF DES ARTICLES LES PLUS LUS DU SITE, cliquer sur l'image pour lire l'article


 

mercredi 28 décembre 2011

SlateAfrique : Les Tunisiens tiennent à leurs juifs




SlateAfrique : Les Tunisiens tiennent à leurs juifs


par Jacques BENILLOUCHE

LA PRÉSENCE DE LA PETITE MINORITÉ JUIVE DANS LA NOUVELLE TUNISIE EST UN SYMBOLE HISTORIQUE QUI CONTRIBUE À L'OUVERTURE DU PAYS SUR LE MONDE.


Dans une synagogue de Tunis, 26 octobre 2011. REUTERS/Zoubeir Souissi

Des 110.000 juifs vivant à la veille de l’indépendance de la Tunisie, le 20 mars 1956, 1.500 restent encore dans le pays, la grande majorité sur l'île de Djerba. Ils sont complètement intégrés à la population depuis des millénaires et, s’ils parlent certes quelques bribes d’hébreu et étudient les textes sacrés, ils n’ont aucune volonté de s’expatrier malgré les appels du pied périodiques des dirigeants israéliens. Ils vivent d’un petit commerce d’artisanat et de quelques opérations de change avec les touristes qui se pressent dans leurs boutiques.....




samedi 24 décembre 2011

MINORITES ET PRINTEMPS ARABES : CONFLIT INEVITABLE




MINORITES ET PRINTEMPS ARABES : CONFLIT INEVITABLE

Par Zvi MAZEL


Ancien ambassadeur d'Israël en Egypte
Fellow of JCPA (Jerusalem Center for Public Affairs)


          La formidable explosion qui a brouillé et brouille encore les cartes dans le monde arabe ne traduit ni printemps ni aube nouvelle. C’est le constat d’un échec.  En dépit de près d’un siècle d’indépendance, les pays arabes n’ont pas réussi à unir les différents éléments qui les composent pour construire une nation. Le Moyen Orient et l’Afrique du Nord ont formé pendant plus d’un millénaire un immense espace islamique où régnaient des califes s’appuyant sur la Charia. Fréquemment secoué par de sanglantes  guerres civiles et des conflits dynastiques se dénouant par des assassinats, cet ensemble passa il y cinq cent ans  sous le contrôle de l’empire ottoman.

Eclatement de l’empire ottoman
Manifestation de chiites au Bahrein

Le sultan régnait de sa lointaine capitale et se montrait relativement tolérant vis-à-vis des minorités ethniques ou religieuses tant qu’elles lui payaient tribut - bien qu’au gré de ses représentants locaux ces minorités étaient parfois victimes de massacres ou d’islamisation forcée. La chute de l’empire ottoman fit éclater ce vaste espace et apparaître des états indépendants dont le tracé fut le fruit de tractations entre les puissances victorieuses – La France et la Grande Bretagne - se souciant plus de leurs intérêts que de l’homogénéité des  entités ainsi crées. 

Dans un monde arabe où les sunnites sont la grande majorité, les nouvelles nations se retrouvèrent ainsi avec d’importantes minorités religieuses ou ethniques – certaines vivant là bien avant l’apparition de l’Islam. Ainsi aujourd’hui – mais pour combien de temps encore – ce sont les alaouites qui, avec à peine 12 % de la population sont au pouvoir en Syrie. Bahreïn, où la majorité est shiite, est gouvernée par des sunnites. En Irak, la minorité sunnite au pouvoir jusqu’à la chute de Saddam Hussein refuse de passer la main à la majorité shiite issue des élections. En Afrique du Nord les berbères -  avec plus d’un tiers de la population, n’ont pas de représentation ni de droits nationaux. Les dix millions de coptes en Egypte se plaignent d’oppression et de discrimination. Trente millions de kurdes répartis sur plusieurs pays revendiquent leur autonomie en attendant l’indépendance. Les chrétiens, sont partout persécutés, particulièrement en Iraq d’où ils s’enfuient par dizaines de milliers. De nombreux autres groupes plus petits sont privés de tout droit et leur existence est en danger. Rappelons que les 800 000 Juifs établis dans ces pays depuis des millénaires en ont été chassés après la création de l’Etat d’Israël.

Minorités discriminées
Coptes d'Egypte

Face à ces minorités ethniques, religieuses ou  nationales, les pays arabes n’ont pas fait l’effort nécessaire pour les intégrer et leur donner le sentiment qu’ils faisaient vraiment partie de la communauté nationale. Depuis leur création il y a 90 ans, ces pays pratiquant la discrimination politique et économique,  ont connu une succession de crises internes et externes - révoltes, guerres civiles et coups d’état militaires. Bilan : cinq millions de morts, d’innombrables blessés et un nombre grandissant de réfugiés.

Cette situation a eu bien évidemment des conséquences catastrophiques pour l’économie de ces états qui, au lieu de consacrer leurs efforts au développement et à la consolidation de leurs pays respectifs se sont lancés à la recherche d’une unité arabe illusoire reposant sur l’islam ou sur un nationalisme laïc. Deux visions opposées. D’un côté les islamistes rêvant de créer un état religieux qui priverait de leurs droits les minorités non musulmanes – chrétiens, juifs, bahaïs – et en ferait des citoyens de seconde classe. De l’autre une puissante vague laïque et nationaliste prête à accueillir tous ceux qui partagent la langue et la culture arabe, quelle que soit leur origine ethnique ou leur affiliation religieuse. Une conception qui donne aux communautés chrétiennes réparties à travers tout le Moyen-Orient la possibilité de s’intégrer dans le consensus national, mais qui exclue les minorités nationales ou religieuses aspirant à être reconnues comme telles : kurdes et berbères, qui sont des musulmans sunnites non arabes mais demandent leur autonomie, ou coptes qui veulent leur spécificité.

Islam, religion d’Etat
Le Coran

Les toutes premières constitutions adoptées en Egypte, en Syrie et en Irak dans les années vingt, alors que l’influence de la France et de l’Angleterre était encore très forte, déclaraient haut et fort que tous les citoyens étaient égaux en droits – tout en insistant sur le fait que chaque pays faisait partie de la nation arabe dont il  aspirait a l’unité et que l’islam était la religion officielle de chacun de ces pays et la Charia la source de la législation.  Des personnalités qui n’étaient musulmanes sunnites ou arabes ont ainsi pu devenir premiers ministres. Le copte Boutros Ghali en Egypte (encore sous occupation britannique avant la première guerre mondiale), assassiné à ce titre par un musulman; Fares Khoury, un chrétien, en Syrie ; et en Irak le kurde Nouri Al-Said. Toutefois les deux grands principes, qui sous-tendaient ces constitutions – un objectif commun, l’unité arabe, et l’islam comme religion d’état – ne laissaient guère d’espoir aux minorités qui n’étaient ni arabes et ni musulmanes.
Quoi qu’il en soit, à partir des années cinquante et soixante ces deux courants étaient en perte de vitesse, ni l’un ni l’autre n’étant parvenu à résoudre les problèmes internes ou externes et tous deux s’étant montrés incapable de créer une économie répondant aux aspirations des masses. La pauvreté était partout et la corruption universelle. S’ajoutait à cela l’humiliation de la défaite des armées arabes qui, ensemble, s’étaient montrées impuissantes à empêcher la création de l’Etat d’Israël. Une succession de coups d’Etat militaires firent tomber les régimes corrompus en Egypte, en Syrie, en Irak en Libye et au Soudan.
Les nouveaux dirigeants proclamèrent leur volonté de moderniser le pays, de procéder à des réformes sociales et économiques et de rendre l’éducation accessible à tous. Des promesses creuses et intenables. Là encore, aucun effort ne fut fait pour intégrer les minorités et  leur faire prendre part à l’effort national. Bientôt les «dirigeants éclairés» se transformèrent en dictateurs – opprimant leurs peuples et se battant contre les pays voisins. Pourtant à aucun moment ces régimes militaires, qui se voulaient laïcs, n’ont cherché à prendre leurs distances vis-à-vis de l’islam. Bien au contraire, ils encouragèrent l’éducation islamique afin de détourner l’attention des masses de leurs défaites militaires et d’une situation économique qui devenait catastrophique. Par ailleurs les dizaines de milliers d’arabes, partis chercher du travail en Arabie Saoudite et dans les Emirats du Golfe, sont revenus chez eux  après avoir absorbé l’islam wahhabite pur et dur de ces pays.

Frustration des peuples

Pauvreté, oppression, frustration – l’explosion a fini par se produire même si elle n’a rien de ce printemps arabe si cher à l’occident. Une fois encore les minorités vont en faire les frais. En effet, les jeunes  descendus dans la rue pour renverser des régimes corrompus et demander une vie meilleure sont profondément imprégnés de culture islamique et de nationalisme, y ayant été exposés depuis leur plus tendre enfance. Les grands principes démocratiques, égalité pour tous - femmes et minorités comprises – tolérance et respect des lois, leur sont étrangers. L’organisation d’élections libres et relativement honnêtes ne conduira pas nécessairement à la formation de gouvernements démocratiques ; on le voit en Egypte ou traditions et religion  vont sans doute déterminer la nouvelle constitution et le nouveau régime. Il n’est pas question d’unité nationale ou de droits des minorités. La montée des Frères Musulmans et des salafistes qui sont encore plus extrémistes et qui s’attaquent déjà aux coptes n’est pas de bon augure.
D’un côté, il faut s’attendre à ce que dans un premier temps des régimes islamiques vont apparaître dans tous ces pays. De l’autre, la nécessaire révolution sociale  et économique pour laquelle les jeunes se sont battus arrivera tôt ou tard.  La question est de savoir dans quelles conditions. Les nouveaux gouvernements vont-ils chercher à améliorer le sort des seuls musulmans sunnites tout en continuant à opprimer leurs minorités ? Autre question, non moins importante : ces minorités vont-elles rester passives ou bien vont-elles se révolter à leur tour pour réclamer leurs droits ? Ce sont là des questions qui vont dominer les prochaines années ; elles risquent de provoquer des crises violentes et peut-être de déclencher de sanglantes guerres civiles.

vendredi 23 décembre 2011

KOL-ISRAEL : LES RELATIONS FRANCO-TURQUES



KOL-ISRAEL : LES RELATIONS FRANCO-TURQUES

Par Jacques BENILLOUCHE


KOL-ISRAEL : JOURNAL DU 23 DECEMBRE 2011
Jacques BENILLOUCHE

au micro de

Maurice IFERGAN

Cliquer qur le triangle noir pour écouter l'émission
La question arménienne n’est pas la seule pomme de discorde entre Paris et Ankara puisque les turcs ont reproché aux français de s’opposer à leur entrée dans l’Union européenne.

Approche électoraliste

À plusieurs reprises, le ton est monté entre les deux pays sans prendre cependant les proportions irréversibles d’aujourd’hui. La dernière visite de Nicolas Sarkozy en Turquie avait été glaciale car Tayyip Erdogan , le premier ministre turc, avait déclaré juste avant l’arrivée du président français le 24 février : «Je pense que ce n’est pas une visite à la hauteur de l’amitié entre la France et la Turquie. l’Union européenne a besoin de la Turquie, la Turquie a besoin de l’Union européenne.» Nicolas Sarkozy lui avait répondu dans une interview à un journal turc : «Je reste convaincu que la Turquie et l’UE doivent entretenir des relations aussi étroites que possible, sans aller jusqu’à l’intégration, qui ne profiterait en réalité ni à la Turquie, ni à l’Union européenne».

La décision de proposer subitement une loi prévoyant la pénalisation de «la contestation de l’existence du génocide arménien de 1915» trouve ses origines dans la proximité des élections législatives et présidentielles de 2012. L’UMP cherche à draguer les voix du demi million d’arméniens vivant en France. D’ailleurs c’est à bon escient que  Nicolas Sarkozy s’était rendu à Erevan en clamant qu’il «était  désormais en faveur d’une telle loi ».

Entrave à la liberté d’expression

Cette loi est contestée de tous bords en France, par les intellectuels et les parlementaires en particulier. Le 13 décembre 2005, dix-neuf historiens français avaient signé la déclaration «Liberté pour l’histoire» où ils marquaient leur opposition à de telles lois mémorielles car elles risquaient d’entraver à la liberté d’expression face à l’ingérence de la politique dans l’Histoire. «Il n’appartient pas au Parlement de qualifier le passé», disaient-ils.

Les parlementaires sont encore allés plus loin. Le président de l’Assemblée nationale, M. Bernard Accoyer, a statué que l’article 34 de la Constitution ne permet pas de légiférer sur des événements historiques car la liberté de pensée et d’expression serait violée. Il était persuadé que le travail des enseignants et des chercheurs serait limité et que la science historique, qui a pour rôle d’éclairer le passé, serait entravée. Le parlement ne peut pas s’ériger en «juge de la conscience universelle ».

Conséquences

La Turquie a immédiatement annoncé des mesures de représailles à l’encontre de la coopération politique et militaire avec la France. Tayyip Erdogan a décidé de bloquer toute demande militaire française «d'utiliser son espace aérien et d’autoriser les bâtiments de guerre français à visiter les ports turcs».

Sur le plan politique, elle met aussi fin au dialogue étroit noué sur la Syrie pour essayer de débloquer une situation conflictuelle dans la région. Les bonnes relations entre Bassar Al-Assad et le premier ministre turc pouvait permettre une issue favorable au peuple syrien. La France s’était engagée à œuvrer pour la paix mais la brouille avec la Turquie met fin à ces espoirs.

          Sur le plan économique, l’échange de produits manufacturé ne sera pas affecté car les lois de l’union douanière s’imposent entre les deux pays. Le volume bilatéral des échanges, qui s’élevait à 12 milliards d’euros en 2010 restera stable. En revanche l’avenir de nouveaux contrats est compromis.

Difficultés militaires


           Les entreprises françaises risquent d’être mises sur liste noire : Gaz de France, Sodexho avec la restauration collective, Areva et ses centrales nucléaires civiles. Il est difficile de croire à un blocage brutal des échange car la France est le cinquième partenaire économique de la Turquie et le troisième investisseur étranger dans le pays.

En revanche la mauvaise humeur de la Turquie pourrait influer sur ses capacités militaires. Elle vient de rompre définitivement les négociations avec le groupe électronique Thalès qui avait été chargé de l’installation de systèmes de navigation moderne sur les avions F-16 pour un montant de 200 millions de dollars. La société française devait améliorer la protection antimissile pour améliorer les mesures de guerre électronique. Un autre projet risque de battre de l’aile puisque cet embargo annulerait le contrat de 350 millions de dollars dans le cadre le l’équipement de 9 avions patrouilleurs maritimes CN-325 par Thalès.

Au moment où la guerre s’intensifie avec les kurdes, la Turquie vient de perdre deux de ses principaux fournisseurs d’armement : Israël et la France.  Le ministère israélien de la Défense a annoncé le 22 décembre aux Industries aéronautiques israéliennes (IAI) et à la société Elbit qu'elles doivent suspendre un accord pour la fourniture de système de renseignements à l'armée de l'air turque, sur instruction de l'échelon politique. Le montant du contrat était de 140 millions de dollars.  La Turquie devra donc se tourner vers d’autres fournisseurs militaires tandis que les Etats-Unis, qui observent avec intérêt l’évolution de la situation touchant son principal allié au Moyen-Orient, devra trouver une solution de rechange qui satisfasse tous les protagonistes.

jeudi 15 décembre 2011

ELECTIONS 2012 :MARINE LE PEN CHANGE LA DONNE EN ISRAËL



Elections législatives 2012 :

MARINE LE PEN CHANGE LA DONNE EN ISRAËL

Par Jacques BENILLOUCHE

                 


      La décision du Front National de présenter un candidat à l’élection législative de 2012 dans la 8ème circonscription des français de l’étranger comprenant entre autres, Israël, l’Italie, la Grèce et la Turquie  change la donne. La campagne, qui ronronnait sur des sommets détestables tant la haine était déversée entre adversaires, tous juifs, va trouver un deuxième souffle car ceux qui étaient convaincus d’être certainement au deuxième tour risquent d’être déçus dans leur certitude.
L’information  ne surprend pas puisque nous avions déjà écrit en mars 2011 que la présidente du Front national et candidate à la présidentielle de 2012 cherchait depuis plusieurs années à gagner le vote juif en Israël et en France. Une stratégie de rupture avec son père soigneusement élaborée. Il n’y a certes pas de vote juif car l’électorat de 200.000 votants en France et de 8.000 en Israël se répartit normalement selon l’échiquier politique traditionnel. Mais un signe de réconciliation du Front National avec les citoyens juifs peut offrir un certificat d’honorabilité et de démocratie à une candidate alors que l’esprit antisémite de certains membres éminents colle encore à la peau du parti. Un dialogue avec cette communauté peut lui donner une nouvelle crédibilité en effaçant les scories qui entachaient le parti et lui amener de nombreux électeurs français qui accepteront de donner à présent leur voix à une extrémiste repentie.

La force et l’ordre

                L’entrée en lice de Michel Thooris n’est pas une candidature de témoignage. Conseiller politique de Marine Le PEN à la sécurité,  il sera le 6ème candidat déclaré à ces élections. Il vient de faire un voyage de contacts en Israël en compagnie de Louis Aliot, le compagnon de Marine Le PEN. Dans l'organigramme officiel de campagne, présenté jeudi 6 octobre par la présidente du F.N, il est l'un des 43 conseillers politiques qui entourent la candidate, plus précisément en charge de la sécurité. Michel Thooris, 31 ans, est un syndicaliste policier qui fut tour à tour encarté au Syndicat national des policiers en tenue (SNPT, gauche) puis à Action Police CFTC, qu'il a contribué à fonder. 
        Sa désignation n’est pas fortuite. Il symbolise la force et l’ordre qui pourraient rassurer ceux qui sont inquiets de la montée d’un islamisme pur et dur en France et bien sûr dans le camp palestinien. La caution d’un pays comme Israël sera utile au moment où le débat sur l’islamisme s’ouvre en Europe.
Un courant de sympathie s’est déjà développé à l’égard de Marine Le Pen dans la communauté francophone par des éléments les plus extrêmes qui lui servent de fer de lance pour répandre la propagande frontiste dans la communauté juive française à travers un site à la politique éditoriale douteuse. La haine est leur fond de commerce. La haine de l’arabe, la haine du gouvernement israélien jugé timoré, la haine des travaillistes et des centristes,  la haine des gens de gauche décrits comme «vermines gauchistes juifs», et  la haine des corps constitués juifs. Marine Le Pen est la seule à avoir grâce à leurs yeux. 

Sensibles aux thèses du F.N

Le communiqué d’un pseudo «front juif anti collabos» prône «qu’aucune voix juive ne doit manquer à Marine le Pen, la seule personnalité politique d’envergure nationale, réellement opposée au nazislamisme».  Mis à part le fait qu’ils banalisent le terme de nazi qui ne devrait être utilisé que pour qualifier les monstres criminels de la Shoa, ils réussissent à permettre la pénétration des idées du FN parmi les français d’Israël. Nous constatons donc le paradoxe qu’en Israël, pays juif, la peur gangrène les esprits.
Le raisonnement est limpide. Le musulman étant l’ennemi commun, ceux qui le combattent deviennent des amis. Or Marine le Pen n’hésite pas à enfoncer le clou de «l’islamisation de la société» en se démarquant des propos contestés de son père sur les chambres à gaz et les camps nazis et a exclu du parti ceux qui arboraient de façon voyante un antisémitisme qui n’était plus de cours. En se rapprochant des juifs et d’Israël, elle veut faire du F.N un parti républicain qui pourrait attirer à lui les déçus du sarkozisme et du socialisme. Nombreux sont ceux qui ne veulent pas voter à gauche et qui en veulent à Nicolas Sarkozy d’avoir été timide dans ses approches proche-orientales malgré ses promesses de campagne. Ils trouvent ainsi une ouverture qualifiée de dangereuse.
Louis Aliot au Kotel
Une nouvelle information de circonstance, dévoilée par le responsable lui-même à l’occasion d’une interview en Israël, attribue  à son compagnon le virage opéré par la présidente. Louis Aliot, dont le grand-père est juif, originaire de Médéa, en Algérie, se targue de compter parmi ses contributeurs des auteurs juifs, dont l’ancien chef des jeunes frontistes aux origines juives ukrainiennes. Louis Aliot avait fait fort en obtenant un entretien entre Marine le Pen et Ron Prosor, l'ambassadeur d'Israël à l'ONU, qui ne peut être accusé d’inexpérience puisqu’il a été en poste à Berlin, Londres et Washington. Marine Le Pen avait aussi participé à une réunion à huis-clos à Miami face à des membres de l'American Israel Public Affairs Committee (Aipac), le lobby juif américain.

Nouvelle dialectique

Les Français sont très sensibles aux thèmes de l’immigration et de l’islam radical. Le choc du vote des tunisiens vivants en France à 48% pour les candidats islamistes a marqué les esprits. Marine Le Pen a donc caressé dans le sens du poil certains membres des organisations juives au point d’entrainer une cassure entre les partisans juifs du F.N et les autres. Le CRIF reste certes fondamentalement engagé contre le F.N mais il ne représente pas la totalité du corps électoral juif et pas du tout les électeurs français d’Israël.
La candidature de Michel Thooris va déplacer le débat du thème communautaire vers les thèses politiques. Le clivage politique traditionnel refera surface. Trois candidats de droite dont Valérie Hoffenberg et Edward Amiach, un centriste Gil Taïeb et la socialiste Dapha Poznanski devront dorénavant affuter leur arguments face à un candidat du F.N. Il pourra faire la différence dans les autres pays qui représentent la moitié du corps électoral de la circonscription et renvoyer à leurs études les candidats qui ont eu un discours monolithique pro-israélien. Il prendra des voix aussi bien à droite qu'à gauche car le dogme anti-islamiste du programme primera sur les idées. Ceux qui se lassent des querelles intestines entre candidats juifs pourraient, par dépit, voter pour lui et lancer un avertissement aux francophones pour qu'ils apprennent à s'unir.  
Le débat en Israël, parmi les 10.000 votants habituels, va prendre de la hauteur et perdre en invectives, en injures et en platitudes mais il peut contaminer la France car les partisans juifs de Marine Le Pen sont en mesure de convaincre les électeurs français non juifs qu’une nouvelle star est née puisque, grâce à son compagnon, elle s’éloigne de l'antisémitisme encombrant des anciens collabos et des pétainistes.  

lundi 5 décembre 2011

SLATE - Irak : quatre mille milliards de dollars en fumée


Irak: quatre mille milliards de dollars en fumée

Par Jacques BENILLOUCHE

Après le retrait des troupes américaines, l'Irak est condamné à passer sous un contrôle étroit de Téhéran. Les Etats-Unis auront dépensé quatre mille milliards de dollars pour renforcer leur pire ennemi: l'Iran!

Mémorial à J.W.M. Herbert, soldat américain tué en Irak en 2003.

           Selon des chiffres officiels, 4.000 milliards de dollars ont été dépensés en Irak par les Etats-Unis, un montant dépassant en chiffre absolu le coût de la seconde guerre mondiale. C’est en tout cas la somme la plus importante engagée par les occidentaux dans l’histoire des conflits et cela explique en partie l’état dans lequel se trouve les finances publiques américaines. Pour autant, on ne peut pas vraiment parler d'un succès. L’armée américaine quitte l’Irak en fin d’année et laisse le pays dans une grande incertitude. Le plus haut gradé américain, le général Martin Dempsey, a avoué le 15 novembre 2011 être «inquiet» pour l'avenir de l'Irak : «Anticipant la question de savoir si je suis inquiet pour l'avenir de l'Irak, le réponse est oui», a déclaré le chef d'état-major interarmées devant les sénateurs de la Commission de la Défense....

Lire la suite en cliquant sur le lien :

http://www.slate.fr/story/47035/irak-quatre-mille-milliards-de-dollars-en-fumee

 

 

dimanche 4 décembre 2011

Le nouveau défi de l’Europe : un front islamique en Afrique du Nord



Le nouveau défi de l’Europe
un front islamique en Afrique du Nord

Par Zvi MAZEL
Ancien ambassadeur d'Israël en Egypte
Fellow of JCPA (Jerusalem Center for Public Affairs)

Les pays européens qui suivent avec ravissement la progression d’un printemps arabe illusoire et la victoire des «partis islamiques modérés» feraient mieux de regarder d’un peu plus près ce qui se trame de l’autre côté de la Méditerranée. Ce sont des Frères Musulmans qui vont bientôt prendre la tête des gouvernements de la Tunisie, du Maroc et de l’Egypte, à la suite du succès de leurs partis dans des «élections démocratiques» ; la Libye et l’Algérie vont peut-être subir le même sort.

ENNAHDA EN TUNISIE
Rached Ghanouchi

En Tunisie, Ennahda, le «Parti du Renouveau», est apparu au début des années soixante-dix. C’était alors un mouvement clandestin dirigé par Ahmed Rashad Ghanouchi, fervent disciple du théologien des Frères Musulmans Sayyid Qutb. A l’époque, il se battait contre les efforts de Bourguiba pour imposer la laïcité.  Devenu parti politique en 1981, Ennahda fut interdit par le président Ben Ali qui y voyait une menace contre son régime. Des milliers de membres du parti furent jetés en prison mais Ghanouchi réussit à prendre la fuite et se vit accorder le statut de réfugié politique en Grande Bretagne. Il n’en continua pas moins à diriger discrètement son parti et à l’encourager à développer son infrastructure sociale à travers des œuvres caritatives dans tout le pays.
La chute de Ben Ali lui ouvrit le chemin du retour et moins de neuf mois plus tard  Ennahda remportait 40 % des sièges au parlement et s’apprête à former le gouvernement avec deux petits partis de gauche.  Le premier ministre sera Hamadi Jebali, un extrémiste islamique bon teint qui est le secrétaire général du parti. Il se hâta de proclamer qu’il allait œuvrer à la restauration du Califat et  la reconquête de Jérusalem. Le nouveau parlement va maintenant faire office d’assemblée constituante et préparer une nouvelle constitution qui sera tout naturellement islamique, la Charia formant la base du système social et judiciaire. Des membres du parti ont déjà déclaré qu’un article spécial interdirait l’établissement de relations diplomatiques avec Israël. Quant à Ghanouchi, qui ne s’était pas présenté pour ne pas effaroucher l’opinion publique interne et internationale - n’est-il pas membre de la commission internationale de la Confrérie des Frères Musulmans ? – il a appelé dans une interview récente à la destruction d’Israël.

P.J.D AU MAROC
Abdelillah Benkirane

Au Maroc aussi c’est le parti «Justice et Développement»  -  se réclamant de l’islamisme dur – qui a gagné les élections quoique moins nettement. Lors de sa création en 1967, c’était une formation nationaliste mineure. En 1996 un groupe islamiste en a pris la tête et lui a donné une nouvelle orientation. A la faveur des réformes électorales accordées par Mohammed VI, désireux de jeter du lest devant la vague révolutionnaire secourant le Moyen Orient, le PJD a obtenu 107 sièges sur 395 lors des élections de la semaine dernière, devenant le plus grand parti.  A ce titre, c’est à son chef, Abdelillah Benkirane, que le Roi a fait appel pour former le gouvernement.
Benkirane était devenu secrétaire général du parti en 2008 après un parcours qui fait lever les sourcils à beaucoup. Il a la réputation d’être un opportuniste.  Abdel Salam Yasin, qui dirige le mouvement islamique «Justice et Charité» a pour lui des mots très durs tandis qu’un de ses anciens professeurs de religion l’a traité de traître et de poltron. Benkirane va sans doute tenter d’imposer une législation islamique, malgré un obstacle de taille : la royauté au Maroc a un statut tout particulier, et la famille royale trace ses racines jusqu’au prophète Mahomet. Le roi porte le titre de Commandeur des Croyants. Il sera difficile de faire passer des réformes religieuses sans son accord. Pour le moment le nouveau premier ministre réitère son allégeance au monarque.

LIBYE ET ALGERIE

En Libye la situation est encore trouble.  Le nouveau premier ministre, Abderrahim El Kateb, vient d’annoncer la composition de son gouvernement. Il aura du mal à obtenir le soutien des Frères Musulmans qui n’ont reçu aucun des ministères qu’ils réclamaient – Défense, Intérieur, Affaires Etrangères – malgré leur surreprésentation dans le Conseil de Transition. Abdel Hakim Belhaj, un islamiste convaincu qui est à la tête du conseil militaire de Tripoli, menace d’employer la force pour protester contre ce qu’il appelle le manque de respect accordé aux islamistes.
En Algérie, Abdallah Gaballah, l’un des leaders des mouvements islamistes du pays vient de créer un nouveau parti et espère pouvoir le faire enregistrer à temps pour faire campagne pour les prochaines élections, grâce aux nouvelles dispositions plus libérales concernant les partis qui doivent être promulguées dans les prochaines semaines. Gaballah a déjà créé des partis islamistes par le passé, et a même été candidat à la présidence.  Il compte sur l’effet combiné du «Printemps Arabe» et du succès des partis frères en Tunisie et au Maroc pour arriver lui aussi au pouvoir.

EGYPTE
Frères musulmans égyptiens

En Egypte les Frères Musulmans reviennent de loin depuis les années 1950; nombre de leurs dirigeants avaient été exécutés et 60.000 militants emprisonnés par Nasser – qu’ils avaient tenté d’assassiner. Sadate les remit en liberté au début des années soixante-dix, comptant sur leur soutien pour éliminer les derniers supporters des théories nationalistes, pan-arabiques et socialistes de Nasser; pour leur part ils s’étaient engagés à ne plus utiliser la violence pour arriver à leurs fins. Une promesse qui fut tenue; les Frères se consacrèrent à l’établissement d’un vaste réseau de prêcheurs islamistes et d’une solide infrastructure politique et sociale. Aujourd’hui, cette politique se révèle payante. Ils sont sur le point de toucher au but et de prendre la direction du pays sans faire usage de la force. Tels sont les effets pervers de la démocratie. Il ne faut tout de même pas oublier que ce sont des «anciens» Frères qui ont quitté le mouvement pour créer les mouvements islamistes les plus extrémistes, de la Gamaa Al Islamiya à la Jihad mondiale, et pour participer à la formation d’Al Qaida.
Si les Frères arrivent à parachever leur victoire en Egypte comme tout semble l’indiquer, c’est une nouvelle réalité qui prendra corps dans toute l’Afrique du Nord. Il s’agit d’une région à l’importance stratégique considérable qui fait face aux côtes européennes – notamment à celles de la France, qui entretient des relations particulières avec ses anciennes colonies. Le pétrole libyen et le gaz algérien sont  des sources d’énergie vitales pour le Vieux continent. Les échanges commerciaux entre l’Europe et l’Afrique du Nord sont de grande ampleur. L’afflux de réfugiés africains transitant par l’Afrique du Nord pour gagner l’Europe est une préoccupation majeure  pour nombre de pays;  les importantes minorités immigrées originaires d’Afrique du nord et qui refusent à s’intégrer sont source de friction tant avec les populations locales qu’avec les autorités.
Il faut s’attendre à ce que les nouveaux régimes islamiques, conduits par des partis affiliés aux frères Musulmans, s’attachent à renégocier les problèmes en suspens avec l’Europe à partir d’une position de force. Le Vieux Continent devra faire face à une coalition de régimes s’appuyant sur un même extrémisme religieux pour tenter d’imposer un nouvel équilibre aux anciennes puissances coloniales.

samedi 3 décembre 2011

NEGUEV : AU BOUT DU MONDE… A DROITE


NEGUEV : AU BOUT DU MONDE… A DROITE

Par Jacques BENILLOUCHE

Qadesh Barnea au Néguev
                 
              Coïncidant avec la journée des élections égyptiennes, le Club de la Presse avait organisé une escapade à la frontière du Néguev, de quoi tâter la température politique dans la région. Discrétion ou volonté de ne pas dramatiser, le Néguev donnait l’impression d’être un havre de paix pour touristes plutôt qu’une zone à risque. On s’attendait à une révolution islamique débordant sur les frontières d'Israël, avec envoi de roquettes et tirs d’armes automatiques, mais nous n’avons été frappés que par le soleil et encore, il était modéré. 

Plus de touristes que de militaires


            Notre objectif consistait à visiter la partie centrale de la frontière, plus précisément à Qadesh Barnea, baptisée Nizzane Sinaï, parce que le village avait été créé par les israéliens de l’implantation de Yamit lors de l’évacuation du Sinaï en 1982, en conséquence du traité de paix de 1979 entre l’Egypte et Israël.
            Tout au long de route 211, bordée de terre aride, la présence militaire était quasi inexistante ou discrète à l’exception d’une seule base où quelques soldats astiquait des transporteurs de troupes garés entre quelques tentes aux bords relevés. De temps en temps, des plantations d'oliviers, symboles de la résistance de la vie face à la colère des sols et du climat, nous rappellent que la nature n'est pas totalement fâchée avec les habitants courageux du Néguev. La découverte de réserves d’eau saline dans les profondeurs de la terre, et le développement de techniques agricoles novatrices, ont transformé la région de Ramat ha-Néguev en "terre de l’olivier" et de l'huile d'olive.
            La frontière est matérialisée par des rouleaux de fils de fer qui ne doivent certainement pas décourager les clandestins puisque 2.676 ont traversé la frontière en novembre. Ceux qui les suivront ont encore de beaux jours devant eux avant la construction d'une séparation physique en dur. Nous distinguions très précisément les deux postes de contrôle égyptiens, à quelques dizaines de mètres des journalistes qui avaient fait le voyage. Nous n’avons senti aucune agressivité à notre égard malgré les incidents qui se sont déroulés dans cette région. De l’autre côté aussi, aucune présence militaire n’était visible comme si les deux voisins tenaient à montrer qu’ils n’avaient aucune intention belliqueuse. L’attaque meurtrière du mois d’août, au cours de laquelle huit israéliens ont trouvé la mort, semble classée comme péripétie historique. 

Nouvelle brigade 


        Nous avons longé la frontière sur plusieurs kilomètres en constatant le même calme et l’absence d’armada militaire des deux côtés, en regrettant cependant de ne pas pouvoir entrer de l'autre côté boire le thé chez les bédouins égyptiens. Mais, lors d’un précédent entretien, l'un des colonels officiant dans la région nous avait conseillés de ne pas nous méprendre sur ce calme apparent à la frontière car le Sinaï grouille d’organisations terroristes actives, disposant de matériels sophistiqués et prêts à en découdre avec Israël lorsque l'Iran le décidera.
 
            Tsahal ne mésestime pas le danger mais les exercices ont lieu volontairement au  nord du Néguev pour éviter toute interprétation tandis que les militaires égyptiens ont donné à leurs  troupes l’ordre d’empêcher les terroristes d’Al-Qaeda d’approcher de trop près la frontière. La seule nouveauté israélienne est la création d’une nouvelle brigade régionale, rendue nécessaire par les récentes tensions le long de la frontière israélo-égyptienne. Cette nouvelle brigade, basée à Eilat, se voit chargée de renforcer la sécurité le long de la frontière avec l’Égypte.
Nouvelle brigade au Néguev

DU VIN EN PLEIN DESERT

            A défaut de troubles justifiant quelques pages de texte affutées au clavier de l’ordinateur, les journalistes français, déçus ou réconfortés, toujours à l’affut des bonnes bouteilles, ont préféré se rabattre sur la visite des chais du kibboutz pour goûter au vin exceptionnel, fait à partir de raisin poussant sur une terre arrosée de la seule eau salée de la région, selon des méthodes originales, conçues au centre de recherche agronomique du kibboutz Revivim. 
Les serres de Revivim
Privés de sujet de reportage sur la guerre à la frontière égyptienne, nous avons rejoint une délégation de l’Ambassade du Vietnam qui rendait visite à ses compatriotes stagiaires, envoyés pour six mois approfondir les méthodes modernes d’agriculture dans le désert. Pourtant, le Vietnam ne manque pas d’eau, mais il doit avoir de sérieuses raisons de s’intéresser aux techniques d’arrosage israéliennes.
Ainsi les français, réputés incorrigibles pour avoir le don de fouiner la bonne bouteille, ont terminé la journée avec plusieurs bons verres de vin. Le maitre des chais ne rêve que de la paix pour être envahi par les touristes car le budget des journalistes n’était pas à la hauteur de ses espérances. La révolution égyptienne n’était pas encore parvenue, pour l’instant, à troubler la vinification de son raisin au léger goût salé. On raconte que les habitants du kibboutz, habitués à boire une eau salée, ont coutume lors de leurs visites au centre du pays de réclamer un café à base de sel plutôt que de sucre.


Le rêve de Ben Gourion


Mais le véritable goût de salé qui reste dans notre bouche est la constatation que le Néguev, qui représente la moitié de l'espace israélien, est totalement vide d'habitants alors que Ben Gourion, le visionnaire, avait lancé le mot d'ordre que l'avenir du pays était dans le peuplement intense de la région. A l'âge du high-tech, l'esprit pionnier se perd certes mais une ville nouvelle pourrait s'inspirer des villes désertiques créées dans le monde, avec l'avantage de bénéficier d'un climat sain et sec; une ville qui aura l'avantage d'avoir une électricité solaire gratuite, des villas avec jardins étendus sur plusieurs dounams et des produits bios naturels puisque les insectes et nuisibles, qui n'arrivent pas à s'y acclimater, fuient la région trop salée à leur goût.
Et l'on se met à rêver. Si nous avons pu installer en Cisjordanie dans des zones aussi arides plus de 300.000 juifs, entourés de haine et de menace, alors il est possible d'en mettre autant dans les territoires du Néguev, ni disputés et ni contestés, le nouvel Eldorado israélien. 


Merci à Sara Brownstein, Yoram Bitane et Michaël Blum pour leur excellente organisation. 
 

mardi 29 novembre 2011

ROGER ASCOT : UN SIONISTE PRAGMATIQUE




ROGER ASCOT : UN SIONISTE PRAGMATIQUE

Par Jacques BENILLOUCHE

                 

           J’ai connu Roger Ascot, Roger Askolovitch, en 1962. Je militais alors à l’Union des Etudiants Juifs de France installée alors rue Lalande, à Paris. C’était l’époque où une minorité, le groupe d’Orsay, avait suivi Manitou dans l’approche d’un judaïsme religieux et biblique. La grande majorité était constituée de partisans de la gauche pure et dure, inspirée alors par l’UNEF au point où l’UEJF brillait par une l’absence de référence à l’Etat d’Israël et au sionisme.
            J’avais alors cherché, avec mes maigres moyens, à instiller une dose de sionisme auprès de militants très politisés à gauche, alors que la Guerre d’Algérie se terminait. Roger Ascot, directeur de la Fédération sioniste, ayant eu vent de mes rêveries solitaires, m’avait convoqué dans son bureau du boulevard Bonne Nouvelle, en présence de Yéhouda Nir, représentant de l’Agence Juive. Il voulait que je prenne la responsabilité des étudiants sionistes. Malgré mes activités extra-universitaires et mes études, j’avais succombé à sa proposition tant il mettait de l’énergie à l’exposer et à me convaincre.

Etudiants sionistes

            Nous avions alors établi un programme pour la création de la fédération étudiante sioniste chargée d'organiser des réunions pour sensibiliser les étudiants au problème d’Israël. Il y croyait et sa fougue était communicative. Nous n’avions pas entièrement réussi à mobiliser la totalité des étudiants juifs mais nous avions suscité, avec Elie Oiknine (Elie Kenan) une collaboration entre  l’UEJF de Paris et le groupe ODED, chargé de favoriser les études universitaires des sépharades en Israël par l’octroi de bourses. Les relations avec l’Agence Juive n’étaient pas alors du goût des dirigeants estudiantins de l’époque
            Roger Ascot m’avait introduit à la «Terre Retrouvée» où j’ai fait mes premières armes de journaliste impétueux qui critiquait la passivité des notables juifs intéressés alors plutôt aux honneurs qu’à l’action. Il m’avait appris la modération dans mes propos et dans mes mots si «je voulais être lu par le plus grand nombre de lecteurs». 
           Roger était un sioniste pragmatique qui privilégiait l’efficacité à la parlote. Ses conseils m’avait permis de faire mon entrée dans le monde du vrai journalisme dans le quotidien «L’information d’Israël». Il était le premier à lire mes chroniques avant qu’elles ne paraissent et il m’avait aidé à corriger mes erreurs de débutant et mes défauts de jeune impulsif. C’était un homme de plume et il m’avait communiqué son goût du verbe et des belles phrases.
            Nous avions mis ensemble quelques balises sionistes qui avaient trouvé leur paroxysme avec l’élan des jeunes juifs à l’occasion le la Guerre des Six Jours. Sa mission de directeur de la Fédération sioniste avait marqué la solidarité active de la jeunesse juive face à la montée des périls en 1967. Longtemps proche des courants sionistes de gauche et du Parti socialiste, admirateur de François Mitterrand, il avait condamné la lente trahison des idéaux de gauche par les hommes de pouvoir. 
       Alors que je venais de Tunisie, sans formation politique et sans culture, il avait été mon inspirateur pour me faire aimer les lettres et la politique et pour m'insuffler les idées de bases du travaillisme et du courant sioniste de gauche.Je lui dois aujourd'hui le droit de m'exprimer avec des mots qu'ils n'auraient jamais désavoués.
 

lundi 28 novembre 2011

LE MAIRE DE PARIS REPOND AUX QUESTIONS DE J. BENILLOUCHE




Le Maire de Paris en visite en Israël 

a répondu aux questions de Jacques BENILLOUCHE

Le maire de Paris, Bertrand Delanoë était en visite en Israël le 27 novembre 2011. Il a inauguré la place de Paris dans la ville de Haïfa.

Le maire de Haïfa, Yona Yahav  a déclaré : «Nous cueillons aujourd’hui les fruits d’une coopération de longue date entre Paris et Haïfa. Grâce à la rénovation de cette place, nous renforçons le lien entre les deux villes et apportons un morceau de Paris à Haïfa».

Le maire de Paris, Bertrand Delanoë lui a répondu : «Je suis ici aujourd’hui pour témoigner du lien profond et indéfectible qui unit Paris à Haïfa. L’inauguration de la place de Paris à Haïfa renforce encore cette solidarité».

Au terme de la cérémonie, les deux maires ont gravit le mont Carmel à bord de la célèbre Carmelit, ce métro construit par des entreprises françaises et considéré comme le plus petit réseau de métro au monde.

A l’occasion de cette visite, l’ambassadeur de France Christophe Bigot nous a reçus dans sa résidence à Jaffa pour un point de presse au cours duquel Jacques Benillouche a posé à Bertrand Delanoë la question des relations franco-israéliennes. Il en a profité pour lancer un clin d'oeil à Jean-Marie Colombani, Président de Slate.


 Cliquer sur le triangle noir pour voir la vidéo
Prise de son : Laure ONNO

LA POLITIQUE FRANCAISE ET ISRAËL




LA POLITIQUE FRANCAISE ET ISRAËL

Par Jacques BENILLOUCHE
              

       L’article de mon ami André MAMOU, «INDULGENCE EXCESSIVE», pose le problème des relations politiques entre la France et Israël. Il faut se rendre à l’évidence que les juifs français n’ont pas à choisir un candidat en fonction de ses affinités avec le gouvernement israélien car tous les partis français ont précisément la même politique, très réservée à l’égard de l’État juif. Le choix d’un président se fait en effet sur sa politique étrangère, économique et sociale et dans ces domaines, Nicolas Sarkozy, n’a pas convaincu les français si l'on se réfère aux sondages. La Palestine reste le dernier souci des français qui se poseront d'abord les questions sur le chômage car le nombre des demandeurs d'emploi a encore progressé en septembre de 0,9%, à 2,780 millions de personnes, le plus haut niveau depuis janvier 2000.
           Certes, à l'origine, la position atlantiste et les liens privilégiés que Nicolas Sarkozy voulait instituer avec les Etats-Unis lui ont donné une aura qui lui a permis d'obtenir 84 % du corps électoral en Israël.

EXCEPTIONS SOCIALISTES

            S’agissant d’Israël, il y a une certaine légèreté à s’en prendre au candidat socialiste en relevant les propos de trois anciens ministres, des «éléphants» à la retraite, qui cherchent à faire parler d’eux soit pour des raisons électorales puisqu’ils se présentent dans des circonscriptions à majorité communiste et maghrébine soit, pour exister au sein de leur parti. Les brebis galeuses militent dans tous les partis sans qu’il soit nécessaire de généraliser cette attitude à tout le PS.
            Le programme du candidat socialiste ne sera dévoilé qu’en janvier et les membres de son comité de campagne ont précisément déclaré que François Hollande aura son propre programme, bien qu’étant certes inspiré en grande partie du programme socialiste. Nous attendrons donc avant de partir vite en besogne.
            Il est maladroit d’exploiter trois exceptions qui s’expriment contre Israël alors que l’on peut en trouver autant à l’UMP, avec à leur tête le ministre des affaires étrangères, Alain Juppé ou le pro-arabe Hervé de Charette. De véritables amis d’Israël existent aussi au sein du Parti socialiste  à l’instar de Manuel Valls, de l’ancien premier ministre Édith Cresson, du politologue Bruno Tertrais et enfin du député Jean-Marie le Guen qui ont, pour la plupart, été présents à la journée de solidarité au profit d’Israël, le 20 septembre au Gymnase de Paris. 
               L’UMP, en difficulté, cherche à remonter la côte très basse du chef de l’État en fustigeant ceux qui se présentent comme les ennemis d’Israël. Alors elle mobilise les inconditionnels de Sarkozy  dans une manœuvre parée d’une grosse ficelle. 

Ne compter que sur soi

            L’État d’Israël ne compte que sur lui-même et sur ses forces armées parce qu’il sait que les amitiés ne durent que le temps des roses. Les amis sont toujours les bienvenus mais il ne faut s’attendre à aucun cadeau de la part des politiques français tant qu’ils ont l’œil rivé sur la ligne d’horizon de la balance commerciale. L’exemple de la décision de la BNP de quitter Israël est flagrant puisque, selon Stanley Fisher le gouverneur de la Banque d’Israël, le groupe bancaire a été soumis à des pressions arabes. Ils ont certainement raison s'ils mettent l'intérêt de leur pays avant l'intérêt étranger.
            Parler du «commentateur judicieux, Guy Millière» est une litote quand on sait qu'il s'est trompé depuis trois ans. Le matraquage du deuxième prénom de Obama, Hussein, dans une dialectique de délit de sale gueule, constitue son seul argument original mais stérile. Il ne cesse, à longueur d'articles aux thèses répétitives, de désigner Hussein Obama à la vindicte publique. Or il faut se rendre à l'évidence des faits : il a été le seul président étranger à maintenir une position d’amitié constante à l’égard d’Israël. Bien sûr, il s’est confronté, dans une guerre d'égo, à Benjamin Netanyahou qui a voulu imprégner sa marque dans ses relations avec les États-Unis; mais Barack Obama, malgré les frictions entre les deux personnalités fortes, a défendu Israël jusqu’au bout, contrairement à Nicolas Sarkozy.
Le président américain a voté contre l'adhésion des palestiniens à l’UNESCO et contre leur déclaration unilatérale d’indépendance à l’ONU. Il a accepté la livraison du meilleur avion du monde F35 à Tsahal. Il a secrètement autorisé la vente de 55 puissantes bombes anti-bunkers à Israël, selon le magazine Newsweek. Ces actes confirment l’amitié sincère qui régit les deux pays et les coups de buttoir permanents contre le président américain semblent déplacés. Les États-Unis, quelque soient les présidents, soutiennent Israël de même que, le Quai d’Orsay, quelque soient les présidents, œuvre en faveur d’une politique arabe intéressée.

Promesses

            Nous connaissons la politique de Nicolas Sarkozy à l’égard d’Israël qui n’a pas évolué malgré les promesses non tenues qui n’ont engagé que ceux qui les ont écoutées. Les procès d’intention contre François Hollande reflètent en revanche un manque sérieux d’arguments. A l'égard d'Israël, il ne pourrait être pire que le candidat de l’UMP et donc, s’il reste une lueur d’espoir de modifier le comportement face à Jérusalem, alors certains veulent tenter le changement même s’ils se font peu d’illusions. Ils savent que les atouts de l’État juif sont négligeables par rapport à ceux des puissances pétrolières.Mais maintenir la situation actuelle entraine la stagnation de nos relations.
Mais le sauve-qui-peut de l’UMP démontre que la situation des sortants est critique tandis que l’alternance reste la meilleure preuve de la démocratie à condition qu’on utilise des arguments sérieux et valides, et non des procédés tendancieux visant à déconsidérer les candidats.

Il ne s'agit pas de prendre position pour l'un ou l'autre des candidats mais de bien préciser qu'en ce qui concerne la politique française vis-à-vis d'Israël, ce sera bonnet blanc et blanc bonnet.