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samedi 23 octobre 2010

BILLET D’HUMEUR : LA FRANCOPHONIE SANS ISRAEL

BILLET D’HUMEUR : LA FRANCOPHONIE SANS ISRAEL



Par Jacques BENILLOUCHE



La présidente de la Confédération suisse Doris Leuthard et le secrétaire général de la Francophonie Abdou Diouf ont accueilli le 23 octobre les chefs d'Etat et de gouvernement participant au XIIIe sommet de la Francophonie de Montreux. Une quarantaine de dirigeants étrangers sont présents sur les bords du Léman à l’exception d’Israël qui, à ce jour, n’a pas été admis parmi les défenseurs de la langue de Molière. Le président français Nicolas Sarkozy était attendu en dernier.


Abdou Diouf s’était plaint dans le journal « Le Monde » du « désamour, désintérêt des Français pour la francophonie » sans pouvoir expliquer les causes. M. Diouf feint d’ignorer que les soixante-dix Etats, répartis sur l’ensemble des continents, se sont comportés en fossoyeurs de l’organisation en la politisant. Au lieu de promouvoir la langue et la culture françaises et de combattre l’impérialisme de la culture anglo-américaine, les Sommets de la francophonie ont toujours eu des ordres du jour strictement politiques : paix et droits de l’homme, démocratie et économie, technologie et environnement. Le thème de cette année ne déroge pas à la règle : le développement durable, les relations internationales et enfin l’éducation, prouvant que la politique et l’idéologie priment sur la culture et la linguistique. Les hommes politiques devraient être exclus des réunions où seules les joutes littéraires seraient admises.


Israël, malgré ses centaines de milliers d’originaires des anciennes colonies françaises, est exclu de l’organisation par suite du véto de certains pays dont la haine politique vis à vis du pays hébreu va jusqu’à s’en prendre à la culture. M. Diouf a pourtant précisé à juste titre que la « langue française appartient à ceux qui ont choisi de la féconder aux accents de leurs cultures, de leurs imaginaires, de leurs talents ». Cette volonté de mêler la politique à la culture ne trouve aucun justificatif tangible alors que rien n’est fait par l’Organisation pour considérer que la défense et la diffusion des textes de Zola, Balzac ou Victor Hugo priment sur les intérêts politiques des dirigeants. La culture est un espace de liberté et de paix où les amoureux des mots et des phrases bien faites devraient se retrouver dans le seul combat pour la défense du talent et de la liberté de penser et d’écrire.


Israël ne mérite pas, selon certains diplomates représentant souvent des régimes verrouillés, de figurer parmi cette caste qui n’ignore pas que Malraux et Sartre défendaient d’abord le combat littéraire avant la lutte politique. La France, marraine de cette organisation, déçoit en faisant preuve de retenue et en se cachant derrière l’alibi des statuts. On modifie des pans entiers de Constitutions et l’on hésite à abroger quelques articles d’un règlement obsolète. Israël est exclu de cette organisation malgré ses 20% de francophones alors que son voisin, l’Egypte y adhère avec 2% sans oublier l’Albanie et les Iles Seychelles avec moins de 1%.


Ses membres devraient s’inspirer des idéaux de culture pour faire asseoir à la même table des ennemis dont le seul ordre du jour serait de lutter pour la prééminence de la langue française face à l’anglo-saxonne. Mais pour cela, il faudrait exiger du réalisme avant de faire preuve d’intelligence qui consiste à comprendre que la culture peut souvent générer des liens humains purs et désintéressés conduisant des ennemis potentiels à se parler, puis à se connaître et enfin à s’apprécier.


Les politiques français, de tous bords, ne se mouillent pas. Ils refusent de se prononcer sur une anomalie qui met Israël au ban de la culture française malgré les nombreuses publications françaises qui naissent au fil des amours des israéliens avec le texte et les mots. La langue française doit être considérée comme une espèce protégée alors que paradoxalement Israël, selon le souhait d’Abdou Diouf, est le seul à « faire l’effort de se penser dans un ensemble linguistique dynamique et créateur de diversité culturelle ».

Ecoutez Le texte radiodiffusé en cliquant.


mardi 12 octobre 2010

SLATE : ISRAEL, ETAT JUIF OU ETAT DES JUIFS



SLATE : ISRAEL, ETAT JUIF  OU  ETAT DES JUIFS

Par Jacques BENILLOUCHE

             
La définition de l’Etat d’Israël pourrait mener à une querelle sémantique mais, dans la reprise du dialogue avec les palestiniens, elle risque d’être le point d’achoppement qui ferait basculer la négociation car l’aile droite nationaliste et les religieux de la coalition insistent pour ouvrir le débat sur la question juive, à plus d’un titre mal résolue. Ils veulent s’en servir comme alibi pour contraindre le gouvernement à ne plus négocier jusqu’à obtention d’un engagement ferme des palestiniens à reconnaître Israël comme Etat juif. Nabil Shaat, membre de l’équipe des négociations de l’Autorité palestinienne s’est engouffré dans le piège tendu en déclarant que les arabes ne reconnaitraient jamais un Etat juif car cela représenterait, selon lui, une menace pour les chrétiens et les musulmans citoyens d’Israël.