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mardi 27 octobre 2015

Mourir pour Jérusalem-Est



MOURIR POUR JÉRUSALEM-EST
Par Jacques BENILLOUCHE
copyright © Temps et Contretemps


Si une guerre éclatait à nouveau entre Israël et les pays arabes, ce serait certainement à cause de Jérusalem où toutes les tensions sont exacerbées.  Le gouvernement israélien a mesuré l’impact que représente la Capitale pour les Palestiniens et a choisi l’apaisement pour calmer les esprits.  Après s'être entêté, il a autorisé des milliers de Palestiniens à se rendre, vendredi 23 octobre, sur l'esplanade du Temple ou des Mosquées, ouverte sans restriction pour la première fois depuis des semaines.  
Il n’y a pas eu de «journée de la colère», rituelle après la prière, tandis que les policiers se faisaient plus rares, au moins ceux en uniforme. Environ 25.000 musulmans ont participé à la prière alors qu'ils étaient habituellement 15.000 ce qui a contribué à calmer la rue palestinienne. Netanyahou avait choisi ce moment pour faire sa sortie sur la Shoah afin de donner l’impression qu’il avait écouté les doléances des nationalistes juifs sur la levée du statu quo.


Saint des Saints

Il se confirme encore que Jérusalem reste la question symbolique qui a toujours été laissée en dehors de l’ordre du jour par les négociateurs pour éviter les questions qui fâchent dès le début des débats. Les Juifs orthodoxes avaient interdit le site aux Juifs pour des raisons strictement religieuses. Le Kotel, ou Mur des lamentations, est révéré pour sa proximité avec le Saint des Saints, situé sur le mont du Temple. Il se situe en effet à proximité du Kodesh Ha' Kodashim (Saint des Saints), salle des premier et second temples à laquelle seul le Grand prêtre d'Israël pouvait accéder. L’interdiction de fouler le sol sacré de cette esplanade est venue des plus hautes autorités rabbiniques orthodoxes et elle vient d’être rappelée par le ministre de l’économie, Arie Dhery, leader du Shass, qui a appelé les Juifs à ne plus se rendre sur tout le Mont du Temple. En effet, la localisation avec précision du Saint des Saints étant impossible, on ne doit pas prendre le risque de le fouler.


Le visionnaire Moshe Dayan, qui connaissait parfaitement la mentalité palestinienne pour avoir vécu longtemps aux côtés de la communauté arabe dont il parlait la langue, avait compris que si Israël voulait garder la vieille ville conquise après la Guerre des Six-Jours en 1967, il devait faire des concessions sur la mosquée Al-Aqsa. Il a donc refusé qu’Israël modifie le statu quo en confiant la responsabilité de la gestion du mont du Temple aux autorités religieuses musulmanes et en décrétant que toute prière juive était bannie sur le lieu. Les Juifs se sont toujours satisfaits de cette interdiction dès lors qu’ils avaient un total accès au Kotel. et qu'ils étaient appuyés pour le rabbinat.
Mais les nationalistes juifs, guidés par des meneurs messianiques intoxiqués, refusent toute implication des Arabes dans ce qui est pour eux la propriété unique et inconditionnelle des Juifs. Ils estiment que personne, gouvernement israélien compris, ne peut interdire aux Juifs de prier sur le Mont du Temple. Pourtant Dieu censé être partout, peut être honoré dans tout lieu où il est respecté. Ils en ont fait leur cheval de bataille sans se rendre compte qu’ils réveillaient simultanément les sentiments islamistes des Palestiniens. Ils ont aidé le leader du mouvement israélien islamique, Raed Salah, à revenir au-devant de la scène en interprétant cette volonté de prière juive comme une atteinte masquée à la mosquée devenue «Al-Aqsa en danger».
Raed Salah

Dans une région imbibée de mysticisme, de fanatisme et de superstition tout est exagéré, le discours comme les actes. Les politiciens d’extrême-droite ont choisi le thème de la prière juive sur le Mont du Temple pour attiser le conflit en laissant se propager l’idée fausse d’une prochaine modification du statu quo. Les intégristes arabes ont eu beau jeu de surfer sur ce malentendu pour favoriser la mobilisation des 350.000 Arabes de Jérusalem qui trouvaient là l’occasion de s’élever contre leur statut hybride. La loi fondamentale, adoptée le 30 juillet 1980 par la Knesset, a proclamé Jérusalem «une et indivisible» comme la capitale de l'État d'Israël. L’annexion de Jérusalem a donné aux Arabes qui y vivaient, la plupart détenteurs d’un passeport jordanien, un statut de résidents privilégiés sans nationalité israélienne faisant d’eux une communauté minoritaire, à cheval entre les Juifs et les Palestiniens de Cisjordanie. 
Jérusalem-Est

Certes ils ont acquis des droits et des avantages sociaux dans les quartiers défavorisés où ils vivent sans espoir de s’élever socialement. La Mairie ne consacre en effet que 10% de son budget à Jérusalem-Est laissant ainsi la voirie dans un état de délabrement presque total avec des égouts qui débordent, des trottoirs inexistants  et des immeubles vétustes à qui on refuse le droit de remise en état pour forcer les locataires à tenter leur chance ailleurs. Ces quartiers insalubres sont désertés depuis longtemps par les Juifs qui ne s’y aventurent jamais, a fortiori lorsqu’ils y risquent leur vie. Mais par principe on tient à les garder.
On se pose d’ailleurs la question de savoir s’il n’y a pas une intention sous-jacente d’abandonner ces quartiers à un futur État palestinien. Mais les nationalistes juifs refusent toute division de Jérusalem et lorsque le gouvernement israélien a décidé d’ériger un mur de béton pour empêcher le passage de terroristes vers la nouvelle ville, les sionistes religieux de Naftali Bennet s’y sont opposés car, pour eux, cela matérialisait une séparation de fait. D’ailleurs le gouvernement a fait inscrire en hâte la mention «temporaire» sur chaque pan de la muraille de béton sans pour autant rassurer les tenants de l’indivision. 
Mention "temporaire" au bas du mur

Les terroristes ont donc récupéré le droit de circuler librement même s’il fallait pour cela sacrifier la sécurité des civils. L’encouragement des nationalistes à forcer une mixité dans des quartiers à majorité arabe, Silwan et Ras al Amud par exemple, est interprété par les Arabes comme de la provocation. Cela donne ainsi un argument aux jeunes arabes pour poignarder les Juifs les plus isolés et les moins protégés. Le gouvernement a beau jeu de fustiger la passivité, sinon la neutralité, de l’Autorité palestinienne sachant pourtant qu’elle n’a ni droit de regard et ni pouvoir sur la Capitale.

Israël n’a rien à faire de cette partie de la Jérusalem arabe dite moderne, ne disposant d’aucun lieu saint juif ni d’aucune histoire biblique sauf à en faire une question de principe pour empêcher toute création d’un État palestinien avec un petit bout de Jérusalem. Malgré l’annexion, les Arabes ont refusé l’intégration et continuent à constituer un monde à part, fait d’aigreurs et de récriminations. La religion des deux côtés a pris le pas sur le pragmatisme et sur le raisonnement faisant de toute décision politique une interdiction religieuse qui pèse sur les mentalités étriquées. Garder à tout prix, par superstition, un quartier arabe défavorisé au prix de quelques morts juifs par semaine devient une litanie parce que les gourous nationalistes ne mesurent pas avec raison qu’ils sont assis sur un baril de poudre prêt à exploser à la moindre étincelle. 
Pour une fois, un raisonnement censé vient de ceux qu’on qualifie souvent d’anachroniques. L’orthodoxe Arie Dhery s’est distingué par une déclaration réaliste, peut-être par opportunisme politique pour prendre date : «développer la construction juive en Judée-Samarie, remettre en prison les terroristes libérés lors de la transaction Shalit ou prier sur le Mont du Temple ne fera qu’attiser davantage la violence sur le terrain».


          Les rivalités entre clans religieux, les orthodoxes et les sionistes religieux, obèrent toute solution pragmatique sur Jérusalem qui finira un jour par faire exploser le calme précaire qui a prévalu dans la région. Combien d'Israéliens sont-ils prêts à mourir pour la partie arabe délaissée de Jérusalem ?

6 commentaires:

Elizabeth GARREAULT a dit…

Tu sais Jacques, l'affirmation péremptoire du "il n'a jamais été question de changer le statu quoi", j'en suis de moins en moins convaincue. Ce gouvernement qui, jusqu'à présent, n'a jamais pris de mesures fermes contre les illuminés s'est à mon sens plutôt comporté avec l'idée de "On lance des ballons d'essai et on verra bien jusqu'où on pourra aller". Tu conjugues cela avec une incroyable arrogance et une ignorance crade de la mentalité de ce qu'on appelle "la rue arabe" et je crois que le diagnostic est posé.

Claude Perry a dit…

... D'accord avec Elizabeth...
Claude

Guido HADDAD a dit…


Moshe Dayan tres grand stratege Militaire, mais politiquement n'a pas su profité de l'avantage du moment et comme dans toutes les guerres qu'Israel a subi (elle l'a perdue sur le plan politique) Le Rav Shlomo Goren voulait une présence juive que Moshe Dayan a refusé....

Amin El Husseiny a eu une activité débordande dans la traque et la recherche de la tuerie des Juifs en association avec Raueff Walker, qui s'est retrouvé a Tunis pour NOUS finir, mais grace a Rabbi Hai Taieb , on est passé a coté.
Mais bien sur il ne pouvait baisser les bras il avait lors de conversation avec le Reish suppreme, demandait les mains libres, au P"O une fois l'Europe débarrassée et libéré de juifs,
C'est lui qui a accueilli les fuyards Nazis en Egypte et en Syrie pour continuer le travail a grande échelle d'extermination (cette fois en Israel) ...les cris et gueulantes de Nasser, étaient toujours le fait de ce cher Moufti....
Aprés la guerre,. avec le KBG, et les services Mouhabarat Egyptiens., il a aider à créer l'entité Palestinienne il a de ce fait poussé et formé Yasser arafat son neveu,
Yasser Arafat Abbou amar, a formé Abbou Mazen d'ou une certaine redevance de ce dernier
Abbou Mazen, ne voulait pas crier sur tous les toîts son appartenance a la branche Sauvage de radicalisation, il voulait absolument passé pour un modéré (Merci Anne Hidalgo), mais je pense que le grand et double jeu de Poker réussi de Bibi revient au fait :
que le Négationniste Abbou Mazen aprés sa thése et maitrise a Moscou sur la NON SHOAH, a, et directement par son avis de démenti a la presse reconnu par la qu'il est pathologiquement menteur. Hélas les médias du monde sont trop entre les mains des gens de la GOCHE , et les fomenteurs de BDS de toute sorte et n'admettront jamais de lire entre les lignes, (sans besoin de commentaires a la Rashi )

Parole Volée a dit…

Valait il de mourir pour Eretz Israel ? Demandez à ceux qui ont luttté et résisté au christianisme, à l'islam, aux Romains,aux Grecs, aux Britanniques... Valait il de mourir pour récupérer le Mont du Temple pendant la guerre des 6 jours pour en arriver à une situation aussi lamentable de dhimmi?

Vincent WAUTIER a dit…

Les morts de la guerre de six jours justifiait d'en garder les mérites et les acquis. Moshe Dayan a voulu être trop conciliant et trop magnanime après la victoire, ce qui était un calcul absurde avec des interlocuteurs arabes pour qui tromper est un acte autorisé par la charia ... Je pense que la seule issue politique actuelle est de resserrer davantage les mesures de sécurité et de faire payer le prix économique de la crise aux populations arabes d'Israël jusqu'au dernier shekel, jusqu'à leur ruine, tout en démontrant stratégiquement la fausseté politique d'Abbas jusqu'à ce que toutes aides internationales lui soient gelées et supprimées. C'est triste à écrire, mais je ne vois pas d'autres issues à court terme. Personne n'invite un ennemi à dormir dans son lit ...

Michel LEVY a dit…

La guerre des six jours a été imposée à Israël, et le but d'Israël à l'époque n'était pas de nouvelles conquêtes, Le gouvernement israélien de l'époque avait supplié Hussein de ne pas mêler du conflit. La conquête de la cisjordanie a été une divine surprise, et Israël espérait bien la rendre vite fait, bien fait, moyennant un accord de paix, et des facilités pour accéder aux lieux saints.
Les arabes à Khartoum ont répondu par trois non ! non à toute forme de paix, alors les israéliens ont commencé à s'installer.
Si aujourd'hui nous pouvions avoir une véritable paix, le contrôle de centaines de milliers d'arabes hostiles n'aurait aucun intérêt, et l'intérêt d'!sraël serait d'envisager avec optimisme un partage du pays. Si les palestiniens voulaient vraiment vivre en paix... si et seulement si.