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mercredi 7 octobre 2015

ÉCHEC DE LA COOPÉRATION SÉCURITAIRE ISRAËL-PALESTINE



ÉCHEC DE LA COOPÉRATION SÉCURITAIRE ISRAËL-PALESTINE
Par Jacques BENILLOUCHE
copyright © Temps et Contretemps

Famille Henkin

La vague de terreur qui a frappé Jérusalem et la Cisjordanie peut s’expliquer par un relâchement sécuritaire de la part de Tsahal et par une volonté affichée par l’Autorité palestinienne de suspendre, sans l’annoncer, sa coopération sécuritaire avec les services israéliens. Le chef d’État-Major, appuyé par le gouvernement, avait estimé qu’il était en mesure de réduire le nombre de soldats opérant en Cisjordanie et de confier la sécurité à la police et au Shabak, la sécurité intérieure. 




Or seuls les militaires ont un impact dissuasif sur les activistes palestiniens. Devant la recrudescence des attaques terroristes, Gadi Eizenkot a ordonné à nouveau le  redéploiement  de  quatre bataillons pour quadriller la région car les terroristes ne sont pas des habitants de Jérusalem mais des territoires. Le dernier attentat, ayant coûté la mort de deux hommes, a été perpétré par Mohand Halabi, un jeune de 19 ans habitant El Bireh, près de Ramallah.
Il est un fait que lorsque l’armée utilise les gros moyens comme à Naplouse pour retrouver les assassins d’Eitam et Naama Henkin, les dirigeants palestiniens sont amenés à réfléchir sur leur responsabilité découlant des accords d’Oslo. Mais ils s’abstiennent d’intervenir et ne donnent pas à leur police les ordres adéquats pour canaliser la violence de leurs jeunes soumis à une idéologie destructrice. La liste des morts s’allonge donc de jour en jour, sans qu’il soit possible d’y voir une fin prochaine.
Famille Henkin

Le 29 juin, Malachie Rosenfeld, 25 ans, a été assassiné à bout portant près de Shvut Rahel dans une attaque terroriste alors qu’il rentrait chez lui après un match de basket avec ses amis. Onze jours plus tôt et dans la même région, Danny Gonen, 25 ans, a été tué à son retour d'une randonnée de week-end. Le 13 septembre, Alexander Levlovitz, 64 ans, en déplacement sur la route de Jérusalem, après la fête de Rosh Hachana, a subi le bombardement de sa voiture par de gros rochers qui lui ont fait perdre le contrôle de son véhicule entraînant une mort certaine. Le 1er octobre la famille Henkin rentrait chez elle à Neria, une petite communauté de 250 familles entre Itamar et Elon Moreh. Elle a été abattue lors de la traversée du village palestinien de Beit Furik. Le 3 octobre Rabbi Nehamia Lavi, 41 ans et Aharon Banita, 21 ans, ont été tués dans une attaque au poignard dans la Vieille Ville de Jérusalem. Le 4 octobre enfin, un adolescent de 15 ans, poignardé sur la route du Kotel, a été hospitalisé dans un état sérieux.
Nehamia Lavi et Aharon Banita

Le silence de l’Autorité face à ces meurtres donne à penser que les assassins ont obtenu la caution du mouvement national palestinien. Cette longue liste de fusillades, de coups de couteau et de lapidations confirme qu’il existe un encouragement implicite des dirigeants palestiniens.  Les Occidentaux, occupés avec la Syrie et les migrants, ne réagissent pas à ces meurtres sous prétexte qu’ils concernent des «colons» qui méritent leur sort puisqu’ils se trouvent dans des territoires revendiqués par les Palestiniens et qu'ils ne devraient pas y être.  
La coexistence est ainsi menacée parce que l’Autorité palestinienne n’a pas la volonté, ou le pouvoir, de siffler la fin des hostilités. Il fallait effectivement entendre Mahmoud Abbas qui a été clair dans son discours à l’ONU lorsqu’il a rejeté tous les accords sans préciser cependant le nom d’Oslo. Mais c’est tout comme. En rejetant ces accords, il a mis fin à la coopération sécuritaire avec Israël et replacé l’OLP dans son idéologie originelle criminelle.

Bien sûr les responsabilités politiques sont partagées puisque le gouvernement israélien parle du bout des lèvres du principe de deux «États pour deux peuples» et que les Palestiniens n’enclenchent pas le processus de paix au moyen de propositions bien définies et concrètes parce qu'ils sont satisfaits du statu quo. Il est vrai que, tandis que les négociateurs se réunissaient sous l’égide de Tsipi Livni pour préparer le désengagement, Israël multipliait ses constructions dans les implantations. Il est vrai que le retrait unilatéral de Gaza, sous l’approbation tacite des pays occidentaux, n’a pas apporté le calme auquel Israël devait s'attendre puisque les tirs de missiles ont continué de plus belle.
En fait, Israël souffre du désordre existant dans le mouvement national palestinien divisé, qui se complaît dans un statu quo rémunérateur. Les Palestiniens n’ont pas évolué dans leur conception de leurs relations vis-à-vis d’Israël qu’ils continuent d’assimiler à un pays colonisateur. Ils n’ont rien fait pour leur peuple qui se rebelle en s’en prenant, non pas aux dirigeants arabes, mais aux dirigeants juifs. Ils ont gaspillé des milliards de dollars en transférant les aides internationales sur des comptes personnels en Jordanie, à Dubaï, Londres et Genève. Cet argent aurait pu transformer des camps misérables de réfugiés en Cisjordanie et à Gaza en zone d’aménagement concertée avec des constructions en dur et des entreprises pour générer des emplois. Les jeunes se rebellent donc à juste titre sans pour autant justifier leurs crimes.
Camp palestinien de Gaza


L’échec du mouvement palestinien a transformé tous les jeunes déçus et aigris en bombes humaines tandis que la presse occidentale jette un regard désintéressé sur les victimes juives parce que, selon le New York Times, la famille Henkin était composée «de résidents de la colonie de Cisjordanie de Neria». Le silence tue et cautionne des crimes abominables qui risquent de transformer les Israéliens en extrémistes parce qu’il est difficile d’assister, impuissant, à la mort d’innocents. La politique n’a plus de sens face à la mort.
Si vraiment les accords d’Oslo sont caducs, alors il faut que l’Autorité palestinienne mette fin à son existence, qu’elle remette ses pouvoir à Tsahal, que les chefs arabes s’expatrient dans un pays voisin où ils pourront vivre des dollars volés à leur peuple, que la police palestinienne rende ses armes et que l’on attendre l’émergence d’un chef charismatique palestinien capable de mener son peuple vers la paix et le progrès ou vers une vraie guerre qui déterminera l'avenir des territoires.  
Clôture de Cisjordanie

Mais cette situation bâtarde, où les responsabilités sont diluées, favorise le terrorisme. Soit les dirigeants israéliens s’attellent à une solution politique en créant une séparation physique entre Israéliens et Palestiniens, chacun dans son pays séparé par des clôtures sécuritaires qui ont fait leurs preuves. Soit alors, il faut prendre des mesures décisives et radicales pour éradiquer le terrorisme et mettre fin au désordre. Il faut signifier à l’Autorité palestinienne qu’elle doit fonctionner comme un gouvernement responsable et non pas  comme une cellule terroriste qui arme le bras de désaxés. 
En effet, sous la pression de l'opinion publique, le gouvernement israélien risque de prendre des mesures sécuritaires dramatiques à l'égard des manifestants, ce qui ouvrirait un nouveau cycle de violence et de représailles dont l'issue serait fort improbable.
Les Israéliens, même les plus modérés, sont las car ils n’entrevoient plus d’espoir de paix. Ils constatent que la persistance de la tragédie sème la mort entre Juifs et Arabes. Le réveil politique risque d’être dur.


1 commentaire:

Marianne ARNAUD a dit…

Cher monsieur Benillouche,

Puisqu'aucun de vos commentateurs, bien plus qualifiés que moi, ne sont venus commenter ce billet, je vais me lancer. Je me contenterai de constater que lorsqu'on baisse la garde de la sécurité, cela fait automatiquement des morts.

Très cordialement.