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jeudi 22 octobre 2015

BOULEVERSEMENT GÉOPOLITIQUE AU MOYEN-ORIENT



BOULEVERSEMENT GÉOPOLITIQUE AU MOYEN-ORIENT
Par Jacques BENILLOUCHE
copyright © Temps et Contretemps



          Le président américain, Barack Obama, a formellement demandé à son gouvernement, le 18 octobre, de préparer la suspension des sanctions des États-Unis contre l’Iran, en vertu de l’accord nucléaire signé le 14 juillet par Téhéran et les grandes puissances P5+1 : «Je vous demande par la présente de prendre toutes les mesures supplémentaires appropriées pour l’application effective des engagements américains énumérés dans l’accord nucléaire». Les États-Unis et l'Union européenne vont donc établir les cadres législatifs et réglementaires pour la levée de toutes les sanctions économiques et financières contre l'Iran. Cette mesure permettra la réintégration de l’Iran dans le concert des Nations avec des répercussions certaines dans l’équilibre géopolitique au Moyen-Orient.


Position stratégique




L’Iran occupe une position stratégique au croisement de la mer Caspienne, du golfe arabo-persique et de la mer d’Oman lui assurant un statut de pays charnière entre les mondes arabe, musulman et  russe. Ses ressources illimitées en gaz et en pétrole vont lui ouvrir à nouveau des perspectives d’échanges économiques. Les sanctions ont eu un impact réel sur l’économie iranienne et par conséquent sur l’économie de toute la région, créant ainsi un facteur d’instabilité lié à l’arrêt des relations commerciales. 
La réintégration de l’économie iranienne dans le marché mondial pourrait avoir, si l’Iran joue le jeu d’une normalisation pacifique, un impact sur la coopération économique entre le Moyen-Orient et les pays d’Asie. Le président Jimmy Carter n’avait-il pas dit en 1977 que «l'Iran est une île de stabilité dans une région tourmentée».

La nouvelle stratégie américaine, impulsée le 5 janvier 2012, a avalisé le retrait progressif des États-Unis du Moyen-Orient et leur redéploiement vers l'Asie-Pacifique, une région cruciale pour la défense des «intérêts vitaux» des États-Unis qui visent à présent à endiguer la Chine. En débloquant la question du nucléaire iranien, les Américains sont convaincus de pouvoir à présent influer sur les discussions concernant la Syrie, l’Afghanistan et le Yémen par Iran interposé. Ils vont lui déléguer les pouvoirs pour mettre de l’ordre dans des régions perdus par les Occidentaux sachant que la clé des crises passe par une entente entre l’Arabie saoudite et l’Iran. 
Ces deux géants de la région, représentants du sunnisme et du chiisme, sont les seuls à pouvoir éradiquer les troupes de Daesh qui ont profité de leurs rivalités pour envahir la région. L’Iran pourrait aussi limiter les velléités d’indépendance politique de l’Arabie saoudite qui songe déjà à remodeler ses alliances en s'affranchissant du poids américain.
Poutine et le prince Bin Salman

Réveil de l’Iran

Depuis le début des sanctions, le monde a changé et les pétromonarchies du Golfe n’ont plus la même puissance. Le réveil de l’Iran suppose qu’il corrige sa faiblesse face à l’Arabie. L’accord va le libérer de toute contrainte et il pourra retrouver le lustre et la puissance d’antan. Mais l’Iran rêve aussi de se comparer à l’Inde qui, en quelques années, est devenue un partenaire stratégique chargée par les Américains de contrebalancer l’influence chinoise. Mais le temps n’est pas encore venu pour un rapprochement franc avec l’Iran après des années de noms d’oiseaux, de diatribes, d’inimitié et de rivalités. Les blessures suite à 35 années de conflit sont encore ouvertes. De son côté, le Congrès américain et les Républicains en particulier ne sont pas encore prêts à effacer le passé. Et pourtant, Israël n’est pour rien dans cette attitude américaine.
Seul un nouveau président pourra démentir l’expression de la démocrate Hillary Clinton : «les Iraniens font partie de nos ennemis». Le contentieux sera aussi difficile à oublier pour les Iraniens qui estiment que «les sanctions, principalement américaines, ont été vécues comme une terrible injustice». Ils soupçonnent par ailleurs le Congrès de toujours agir en faveur d’un renversement de la République islamique. Mais la mise en place de partenariats stratégiques et pragmatiques, hors des jeux politiques habituels, n’exclue pas un rapprochement si les obstacles politiques sont levés. Il faut pour cela que l’Iran change son logiciel politique afin de favoriser la démocratie dans le pays des Mollahs et de cesser de soutenir les mouvements terroristes dans le monde. 
- Et un jour...Israël demandera que des sanctions soient imposées contre nous
-Israël, quel Israël ?

          La levée des sanctions permettra à l’Iran de reprendre sa place au Moyen-Orient, soit avec une volonté de nuisance à l’égard des Occidentaux, soit avec l’objectif de donner à son peuple un petit peu d’espoir pour une vie meilleure. Mais cela sera certainement accompagné par un bouleversement géopolitique au Moyen-Orient qui sera observé par Israël avec toute l’attention nécessaire.  

1 commentaire:

Jean CORCOS a dit…

Cher Jacques ... ne rêvons pas : l'Iran - ou plus précisément, sa direction actuelle, qui ne change pas malgré les "jeux de rôles" entre les "bons flics" et les méchants - a conservé l'objectif stratégique de destruction d'Israël. Ils pourront y arriver, à force de patience, de manoeuvres diplomatiques et d'armements sophistiqués ... il ne reste qu'à prier pour qu'Hillary Clinton soit sincère, si elle est élue.