ARTICLES LES PLUS LUS SUR LE SITE DEPUIS JUIN 2010 - LE BEST DU BEST OFF - CLIQUER UNE IMAGE POUR LIRE OU ARRÊTER LE DEROULEMENT


ARTICLES LES PLUS LUS SUR LE SITE - Cliquer l'image pour lire ou arrêter le déroulement

 

mardi 17 février 2015

LES DJIHADISTES BROIENT DE L’ORANGE



LES DJIHADISTES BROIENT DE L’ORANGE

Par Jacques BENILLOUCHE
copyright © Temps et Contretemps



Le monde occidental montre encore sa faiblesse face à ces exécutions spectaculaires. Nul n’avait pensé à l’époque que Daniel Pearl, correspondant du  «Wall Street Journal», allait inaugurer, dans le malheur en janvier 2002 à Karachi, ce funeste cycle d’horreur. Les dirigeants occidentaux d’alors n’avaient pas réagi avec force à ce meurtre, estimant à tort qu’il s’agissait encore d’un Juif aux prises avec des musulmans. Un scénario courant, une normalité en quelque sorte. 



Moscou et les Tchétchènes

Une action décisive, contre les coupables et surtout leurs soutiens, aurait pu faire comprendre à la manière brutale russe que les Occidentaux ne toléreraient plus pareil assassinat. Les Russes n’ont plus jamais eu d’otages le jour où ils ont démontré leur détermination face aux terroristes tchétchènes.  
Or dans le cas de Daniel Pearl, on connaissait les assassins et leurs commanditaires, on savait où ils vivaient ; on savait qui les finançait ; on connaissait leurs proches. Mais rien n’a été fait. Il avait été décidé que Daniel Pearl passerait par pertes et profits sous le voile de la permissivité honteuse occidentale. Ou alors on chargeait implicitement les Israéliens de venger le journaliste et de faire la sale besogne qui entraînerait, comme d’habitude, les nombreuses accusations et condamnations devant les instances internationales.

Culpabiliser les Américains


La mise en scène des djihadistes est immuable consistant à culpabiliser les Américains. Chaque otage est habillé d’une tenue orange pour rappeler la tenue de prisonniers à Guantanamo, puis égorgé au couteau et décapité selon un scénario insoutenable qui soulève le cœur. Mais les medias, pressés d’exploiter le scoop sous l’alibi de diffuser l’information, tombent systématiquement dans le panneau et publient sans vergogne les images vidéos. C’est précisément ce qu’attendent avec délectation les assassins qui utilisent cette mise en scène pour faire leur marché humain et attirer de nouvelles recrues. 

C’est devenu le jeu primordial auquel s’adonnent les islamistes armés, les intégristes, les salafistes et les djihadistes qui se font une concurrence dans la barbarie sanguinaire. Ils s’en prennent sans distinction aux chrétiens, aux apostats, aux soldats de l’autre bord, aux fonctionnaires dociles et à tous ceux qui osent s’opposer par les armes ou par la parole à leur politique de conquête. Ils exploitent la peur pour imposer la neutralité des populations, pour diffuser la terreur et pour intensifier le sentiment d’horreur chez des êtres humains normalement constitués. Dieu, pour eux, a bon dos quand Il les aide à justifier l’arme du sacrifice.
Combattants kurdes à Mossoul

            Mais il ne faut pas se tromper d’analyse. En recourant à des crimes de sang, les djihadistes montrent en fait leur faiblesse. En s’attaquant à des civils, à des symboles comme les Coptes, ils affichent leur impuissance face aux frappes aériennes des avions et des drones qui les déciment en partie. Ils reculent face aux Kurdes en abandonnant les villes et le grand barrage de Mossoul qu’ils avaient conquis. Les Américains se sont fait violence pour aider les Kurdes, les seuls combattants courageux face à ces hordes sanguinaires. Ils n’osaient pas jusqu’alors indisposer leurs alliés turcs qui ne  cherchaient qu’à empêcher toute velléité de ranimer le sentiment nationaliste kurde. Les Turcs étaient prêts pour cela à toutes les compromissions et même à aider discrètement les djihadistes qui, face à l’étau qui se resserrait sur eux,  cherchaient à détourner l’attention sur leurs échecs en assassinant des innocents. Plus leurs troupes reculaient sur les champs de bataille et plus ils étaient contraints  d’afficher une autre force, celle contre les faibles et les désarmés.

Vidéos macabres

            Les Occidentaux devraient cesser d’entrer dans leur jeu en diffusant leurs vidéos macabres qui ne font que dégrader l’image des victimes. Il faut que les agences de presse changent de dialectique en qualifiant Daesh, Al-Nosra, Aqmi, Boko-Haram et consorts de «terroristes», un qualificatif peu usité en Europe pour ne pas choquer les musulmans. Ces musulmans qui évitent de comprendre que le prétendu Dieu auquel se réclament les djihadistes n’est pas Celui des Livres sacrés.

Mais pour combattre ces terroristes il faut s’en donner les moyens et les Occidentaux, chacun pour ses propres bonnes raisons, tergiversent attendant certainement qu’Israël règle à lui seul le problème. On ne peut plus utiliser des méthodes homéopathiques face à des sanguinaires déterminés. Les raids, s’ils ont un effet dissuasif limité, ne suffisent pas à enrayer la propagation de la lèpre au Moyen-Orient. Les terroristes doivent être délogés de leurs caches. 
En rouge la zone de l'Etat islamique

Il faut s’unir et recourir à plusieurs armées professionnelles pour se lancer à la poursuite d’assassins avec des moyens terrestres soutenus, tanks et artillerie, pour aller au-devant de miliciens qui tuent, enlèvent des hommes, pillent et violent les femmes. Il faut éradiquer par des moyens internationaux cet État islamiste qui s’est déjà instauré en Irak et en Syrie. Il faut pousser les Saoudiens, les Émirats, les Jordaniens et les Égyptiens à utiliser les immenses stocks d’armes qu’ils ne sortent que pour la parade. Seuls les Arabes savent comment se comporter avec leurs semblables.
Obama n’est malheureusement plus crédible, même quand il prétend soulever une coalition internationale contre ce qu’il qualifie de «cancer». En fait, il n’ose pas se renier puisqu’il avait promis en 2008 à ses électeurs qu’il remiserait ses armes aux vestiaires de l’Histoire. Il a effectivement évacué l’Irak après le fiasco américain. Sous la pression des victimes des terroristes, il a accepté tardivement et du bout des lèvres quelques frappes aériennes ciblées mais son État-major sait que seule une intervention terrestre massive de plusieurs armées coalisées est en mesure d’enrayer le mal. Il aurait pu convaincre les Européens qu’un engagement militaire était indispensable pour faire cesser ces décapitations mais il n’a pas de charisme. 
Armée des monarchies du Golfe

Et pourtant les monarchies du Golfe, souvent frileuses quand il s’agit de s’attaquer à d’autres musulmans, s’inquiètent du débordement djihadiste qui pourrait les détrôner. Elles sont prêtes à participer à des opérations si elles sont encadrées par des troupes d’élite occidentales. Même la Syrie a proposé son aide car l’État islamique contrôle une grande partie de son territoire et se rapproche de la Capitale. Seulement Bachar Al-Assad, le seul à avoir stoppé les djihadistes, est le Satan des Occidentaux.

Les gros moyens
 
Djihadistes à la frontière turque
Les grands moyens doivent être mis en face d’une véritable armée de 30.000 djihadistes lourdement armés avec l’artillerie et les blindés prélevés dans les arsenaux irakiens. Les Américains hésitent car, mis en déroute en Irak, ils redoutent une autre défaite. Pourtant il ne s’agit plus d’une guerre asymétrique mais bien d’un combat, armée contre armée. C’est pourquoi les frappes ne sont plus suffisantes et il faut prendre le risque international de déclarer une guerre ouverte qui sera approuvée par tous les Occidentaux et la plupart des pays arabes. Mais il faut que les États-Unis donnent le signal parce qu’ils disposent de milliers d’hommes dans les bases de Turquie, de Jordanie et des Émirats et des centaines d’avions de combat, des bombardiers et des missiles Tomahawk pour appuyer les troupes internationales au sol. L’Europe suivra, sans aucun doute, parce qu’elle n’a pas d’autre moyen pour éradiquer chez elle la gangrène des groupes islamiques financés et entraînés par des djihadistes qui se targuent toujours d’une nouvelle victoire.



Certes la crise économique freine toute idée d’opération militaire européenne car l’Europe divisée a ses caisses vides alors qu’il faut des milliards d’euros pour engager des hostilités. La solution serait une caisse commune, partiellement financée par les Américains, qui  pourra se substituer aux budgets nationaux. La France a déjà trop investi au Mali, en Centrafrique et dans les autres théâtres extérieurs. Quant au Pentagone un nouveau budget évalué à 7,5 millions de dollars par jour reste négligeable face aux dépenses de 1,3 milliard de dollars par semaine en Afghanistan. 
Alors l’Europe se voile la face et prétexte qu’elle est impuissante face à l’État islamique qui utilise les techniques de la guérilla, qui est bien organisé et difficile à infiltrer et qui se fonde parmi la population civile. Alors l’Occident baisse les bras plutôt que d’engager un combat, certes de longue durée, mais efficace en s’inspirant du combat unifié contre les nazis.


2 commentaires:

Avraham NATAF a dit…

Bien résumé, les attentistes attendent.

AMMONRUSQ a dit…

Quelle bêtise,à force d'attendre l'Europe sera remplie de ces fanatiques,mais il me semble que c'est peut-être ce qu'elle attend cette Europe !