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vendredi 27 juillet 2018

Chronique d'humeur : Le Quai d'Orsay, fidèle à lui-même



LE QUAI D’ORSAY, FIDÈLE À LUI-MÊME

Par Jacques BENILLOUCHE

Copyright ©  Temps et Contretemps
            
Agnès von der Mühll, Directrice de la communication et de la presse, porte-parole

          A force d’être répétitif, cela devient ridicule. Le Quai d’Orsay n’aime pas Israël, on le sait depuis le général de Gaulle qui, avec l’aide de son ministre Couve de Murville, l’avait vidé de ses partisans «Algérie française» et de même coup des partisans d’Israël pour remplacer tous les fonctionnaires par des diplomates à particule, de la vraie bourgeoisie catholique française, voire antisémite. On pensait cette ère révolue mais l’acharnement persiste depuis la mise à l’écart du Quai dans la préparation de la campagne de Suez de 1956. Lors d’une réunion secrète, le ministre des affaires étrangères Christian Pineau avait été écarté par Guy Mollet et Bourgès-Maunoury. Depuis, le Quai n’a eu de cesse de se venger au point que son antisionisme fait partie de son Adn.



            Israël ne demande pas que l’on «tape sans cesse sur son épaule pour le rassurer» à l’instar de Couve de Murville qui avait apostrophé avec arrogance en 1966 le ministre israélien Aba Eban. Mais trop c’est trop surtout quand le porte-parole du Quai Agnès von der Mühll exige qu’on évite les «fake news» mais qui en fait un usage immodéré comme le curé du proverbe : faites ce que je dis… Il s'agit ni plus ni moins de falsification de l'information.
             Les faits sont pourtant simples. Le 23 juillet 2018, dans le cadre d’une «opération criminelle» selon Damas, Israël a évacué vers la Jordanie 422 Casques blancs syriens et leurs familles qui se trouvaient dans le sud de la Syrie. L’opération a été menée dans le plus secret et révélée une fois terminée. 
Evacuation des casques blancs

          Il est vrai que le ministère syrien des Affaires étrangères n’avait pas cautionné cette évacuation : «Les mots de condamnation ne suffisent pas pour exprimer la colère de tous les Syriens face à ces complots méprisables et au soutien sans limite apporté par les pays occidentaux, Israël et la Jordanie à l'organisation des Casques blancs». Les Casques blancs sont devenus célèbres pour leurs opérations de secours en Syrie, où le conflit a fait plus de 350.000 morts et des dégâts considérables depuis 2011. Leur travail, très médiatisé, leur avait valu d'être considérés pour le prix Nobel de la paix en 2016.

            Le Quai d’Orsay a donc publié une déclaration où il a tout simplement omis de citer l’organisateur de l’évacuation car cela lui écorchait la langue de citer Israël comme maître d’œuvre. Quand on pense que la porte-parole du Quai d’Orsay, Agnès von der Muhll, avait fait une déclaration pompeuse contre les fake news, cela devient risible. Quand on pense aussi que notre ambassadrice à Tel-Aviv se démène dans des activités sans intérêt pour faire croire à la bonne entente franco-israélienne et que ses gesticulations sont totalement stériles, alors on s’étonne qu’elle n’ait pas cru devoir, au moins signaler cet oubli dans un message sur les réseaux sociaux même si cela devait choquer les Syriens. Elle fait un tel usage de ces réseaux que pour une fois cela aurait été bien accepté. Pour cela il faut du courage et ne pas hésiter à mettre sa carrière entre parenthèses.
Rama Yade

            Quand on aime la France, il ne faut pas hésiter à dire les vérités qui s’imposent parce que le gouvernement n’est pas en cause ; les quelques chefaillons du Quai, et ses nervis aux ordres, continuent à sévir pour le bien-être des relations arabo-françaises et de l’équilibre de la balance commerciale française. Mais on ne peut pas vendre son âme au diable par intérêt matériel. La ministre Rama Yade avait déclaré en 2007, à propos de la visite du dictateur libyen Kadhafi, que la France n’était «pas un paillasson sur lequel un dirigeant, terroriste ou non, peut venir s’essuyer les pieds du sang de ses forfaits». Elle a payé le prix fort pour cette déclaration courageuse mais, au moins, elle peut se prévaloir d’une attitude digne. Le courage n’est pas une qualité en vogue au Quai d’Orsay.

3 commentaires:

Gérard AMSELLEM des Bastides a dit…

Je pensais naïvement que la politique extérieure était du domaine exclusif du président de la république tout comme les armées.

David a dit…

Pitoyable Quai d'Orsay égal à lui même !

Emmanuel DOUBCHAK a dit…

Ce n'est certainement pas le seul domaine où le bds informatif est en marche, j'ai vu une émission consacrée à l'eau où pas un seul mot n'a été dit sur la place d'Israël dans le monde dans le domaine de la réutilisation des eaux usées et la désalinisation ! Dans une émission sur Arte, en outre, on retraçait le vécu de tous les enfants des populations civiles pendant la première guerre mondiale, au cours de laquelle des massacres de Juifs ont eu lieu dans la région slave, pas un seul enfant juif n'est représenté dans cette superproduction. Nous serons toujours des Martiens aux yeux de ceux pour lesquels nous ne devons être mentionnés que dans une niche particulière!