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samedi 14 juillet 2018

Beaucoup d'annonces, un zeste d'autocritique par Gérard AKOUN



BEAUCOUP D’ANNONCES, UN ZESTE D’AUTOCRITIQUE

Par Gérard AKOUN
Judaïques FM


Lundi dernier, Emmanuel Macron a prononcé devant les parlementaires réunis en Congrès à Versailles, un discours d’une heure et demie pour faire le bilan de sa première année de présidence. Comme  vous devez vous en douter, ce discours  s’adressait en priorité au peuple français qu’il fallait convaincre de la justesse du choix qu’il avait fait l’an dernier en l’élisant à la présidence de la République.




Il y avait eu un fléchissement sérieux dans les sondages d’opinion, tant envers sa personne qu’envers sa politique. Un chef d’Etat ne gouverne pas l’œil fixé sur les sondages mais convaincre seulement 26% des français ne suffit pas. Il devait essayer de casser son image de «président des riches» que lui avait accolé la gauche et celle «de président des villes» que lui avait accolé la droite. Il s’y est donc employé avec plus ou moins de bonheur en rompant avec sa posture jupitérienne. J’ai noté, venant de sa part, un certain nombre de phrases surprenantes : «Je suis devant vous humble et résolu (…) il y a une chose que tout président de la République sait ;il sait qu’il ne peut pas tout, il sait qu’il ne réussira pas tout et je vous le confirme je sais que je ne peux pas tout, je sais que je ne réussis pas tout ».
Il va tenter de se débarrasser de cette étiquette de Président des riches bien ancrée dans l’esprit de beaucoup et je pense qu’il n’a pas réussi à être convaincant. Il a déclaré : «une politique pour les entreprises, ce n’est pas une politique pour les riches, c’est une politique pour toute la nation, pour l’emploi, une politique pour les services publics». Tout dépend de l’utilisation qui en est faite, si l’entreprise distribue prioritairement et largement des dividendes à ses actionnaires, que reste-t-il pour la nation ? Emmanuel Macron a ajouté : «Il en est de même pour la suppression de l’ISF ou pour la mise en place « d’une flat tax » sur le capital, c’est pour faire revenir dans notre pays les étrangers qui  l’avaient quitté. L’Etat doit assumer ces choix». Les riches français n’auront plus besoin d’émigrer, Ils ne quitteront plus  notre beau pays.  Mais cet ISF qu’ils ne paieront plus, ils ne l’investiront pas dans l’économie réelle, ils l’optimiseront fiscalement. Nous ne vivons pas dans un monde où chaque citoyen serait soucieux du bien public et dans lequel la solidarité et la fraternité ne resteraient pas des mots vides de sens. 
Emmanuel Macron assume sa politique de l’offre : «Si on veut partager le gâteau, la première condition est qu’il y ait un gâteau». Grace aux réformes de cette première année, celle qui suit sera consacrée à «construire l’Etat providence du XXIe siècle, un Etat providence couvrant davantage, protégeant mieux, s’appuyant aussi sur les mêmes droits et les mêmes devoirs pour tous» il a ajouté : il faut passer d’une solidarité statutaire à une solidarité plus juste, plus universelle.   Ce n’est pas très clair mais, nous a-t-il assuré, la stratégie de lutte contre la pauvreté sera présentée en septembre et mise en œuvre en 2019. Cette stratégie ne se contentera «pas de proposer une politique de redistribution classique mais une politique d’investissement et d’accompagnement social. Il n’y aurait plus d’automaticité des aides mais une responsabilisation des allocataires».
Il y a, chez Emmanuel Macron et l’équipe resserrée qui travaille à ses côtés, l’idée bien arrêtée que les pauvres, les chômeurs, les victimes des aléas de la vie sont en partie responsables de leur sort et qu’ils se complaisent dans la position d’assistés.  C’est en contradiction avec le bon diagnostic qu’il porte  quand il affirme «selon l’endroit où vous êtes nés, la famille dans laquelle vous avez grandi, l’école que vous avez fréquentée, votre sort est le plus souvent scellé ». Il dit justement « le cœur même d’une politique sociale n’est pas d’aider les gens à vivre mieux la condition dans laquelle ils sont nés et destinés à rester mais d’en sortir».
Et d’égrener un certain nombre de mesures pour un accompagnement réel vers l’activité, le travail, l’effectivité des droits fondamentaux. Il a tort quand il ne veut pas revaloriser le revenu de solidarité active le RSA ou l’étendre aux jeunes de 18 à 25 ans. Une ou deux générations ne bénéficieront pas des réformes mises en œuvre dans l’éducation, dans la formation ; elles auront besoin que la société les aide, y compris financièrement, à progresser à moins de considérer que ce sont des générations sacrifiées.
Bien d’autres thématiques ont été abordées dans le cadre de ce discours, comme l’organisation de l’islam en France mais sont restées le plus souvent à l’état d’annonces. Le chef de l’Etat a décidé, c’est nouveau, de faire participer les partenaires sociaux, les corps intermédiaires à ses réformes. Ils seront certainement consultés mais jusqu’à quel point pourront-ils peser sur les décisions ?  Rendez-vous au mois de septembre pour le savoir.

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