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mardi 24 juillet 2018

Vendredi noir à Gaza



VENDREDI NOIR À GAZA

Par Jacques BENILLOUCHE
Copyright ©  Temps et Contretemps

          
         
Snipers à Gaza avec fusil de précision iranien
          Vendredi noir à Gaza. Un soldat de Tsahal, le sergent Aviv Levy, a été tué près de Kissufim par des tirs de snipers de la bande de Gaza vendredi après-midi, 20 juillet 2018. Les mises en garde de l’armée israélienne, du ministre de la défense et des responsables politiques n’ont servi à rien puisque les armes, des deux côtés, ont parlé. Il ne s’agit plus de ballons enflammés mais de tirs d’armes automatiques de la part des Gazaouis. Un engin explosif a été lancé sur les forces de Tsahal près du passage de Karni. La provocation est évidente et elle a été suivie automatiquement par une riposte des forces de l’ordre, qui ont lancé, le soir du 20 juillet 2018, une attaque massive. 


Sergent Aviv Levy tué à Gaza
      
          Pour l’instant, en représailles, quatre morts palestiniens sont à dénombrer ce qui a poussé les services israéliens de sécurité à se réunir au siège de l’Ha Kyria de Tel Aviv. Deux Palestiniens ont été tués dans une frappe à l'est de Khan Younes dans le sud de Gaza. Un troisième homme a été tué par des tirs israéliens à l'est de Rafah. L'aile militaire du Hamas a précisé qu’il s’agissait de trois de ses combattants, Shaban Abou Khatar, Mahomet Abou Farhana et Mahmoud Qushta. L’aviation et les chars israéliens avaient ciblé «huit postes militaires» appartenant au Hamas. Un quatrième homme, Mohammed Badwan, a ensuite été abattu lors de manifestations le long de la frontière. Le bilan est lourd pour des manifestations, prétendues pacifiques, qui ont éclaté le 30 mars et qui ont fait au moins 149 tués parmi les palestiniens. 

          L’armée a été contrainte de réagir fermement face aux graves échanges de tir. Il avait été question d’un cessez-le-feu négocié sous l’égide de l’Égypte qui avait exigé la fin des lancements de ballons enflammés. Mais le Hamas souffle le chaud pour ne pas se laisser déborder par le Djihad islamique, payé par l’Iran pour généraliser le désordre au sud d’Israël. La surenchère du Hamas est suicidaire et ne s’explique pas : «la participation massive à la campagne Marche de retour et la levée du siège de Gaza, ainsi que la persistance du peuple palestinien malgré les attaques, la terreur et l'escalade de l'occupation, prouvent que le peuple palestinien n'est pas brisé et qu’il insiste sur ses droits et sur la levée du siège, peu importe le nombre de morts». 




          La situation est jugée grave puisque le Premier ministre Benjamin Netanyahou, le ministre de la défense Avigdor Lieberman et le chef d'État-major Gadi Eizenkot, ont convoqué vendredi soir à Tel-Aviv les hauts responsables de la défense et les dirigeants politiques pour évaluer la situation. La dernière mesure envisagée reste une «campagne militaire à grande échelle et douloureuse avec l’entrée des troupes terrestres à Gaza». Les Israéliens de la frontière ont reçu l’ordre de se calfeutrer dans les abris. 

          La politique du Hamas est incompréhensive au moment où les Américains tentent d’atténuer le sort des populations civiles en proposant des aides internationales pour résoudre la paralysie économique à Gaza en échange de l’engagement du Hamas de renoncer à la terreur. Mais au lieu de composer, le Hamas a lancé, il y a quelques jours, une grenade sur un commandant de Tsahal en le blessant modérément puis en lançant des explosifs près du quartier Saja’iyya au nord de Gaza et au passage de Karni près du kibboutz Nahal Oz. Le changement de tactique du Hamas qui a décidé de militariser les manifestations est délibéré. 
Soldats israéliens en position à Gaza



          Cette escalade a été parfaitement planifiée progressivement. Le 14 juillet 2018, le Hamas et le Djihad islamique palestinien ont lancé près de 200 roquettes et obus de mortier sur Israël. Ils ont indiqué clairement que le cessez-le-feu n’incluait pas le terrorisme incendiaire. Face à l’aggravation de la situation, des escadrons de lanceurs de cerfs-volants et de ballons ont été attaqués à plusieurs reprises par Tsahal et parallèlement, pour dissuader une aggravation de la situation, le terminal de Kerem Shalom a été partiellement bloqué sauf pour la nourriture et les médicaments. Cela n’a pas dissuadé le Hamas d’accroître la violence avec ses cerfs-volants. 
          Le 17 juillet 2018, un ballon avec un engin explosif a été trouvé sur le terrain d’une école dans le Néguev occidental. Aucun élève n’était présent et l’engin a été neutralisé. Le même jour, un ballon incendiaire a atterri dans un jardin d’enfants dans cette même partie pendant que les enfants étaient dans la cour. Ils ont été emmenés dans la classe et le ballon a été neutralisé. Par réaction face à l’entêtement du Hamas, l’Égypte a annoncé à nouveau la fermeture du terminal de Rafah sous prétexte d’un «problème technique avec le système informatique du terminal». 
          Pour l’instant la panique s’est emparée des forces du Hamas qui ont évacué les commandements et les postes de l'armée, dans l’attente d’une attaque généralisée. Mais Israël ne souffle pas uniquement le chaud. Le ministre de la Défense a suggéré la possibilité d'assouplir les restrictions économiques sur Gaza en échange d'un «arrêt total de la terreur et des provocations à la frontière». Le Hamas avait déjà rejeté vendredi une idée similaire soulevée dans une tribune publiée par les assistants du président américain Donald Trump. Gaza subit en conséquence les coups de Tsahal qui a bombardé 15 cibles au quartier général du bataillon du Hamas al-Zaytun. Le quartier général a été détruit, tandis que les dépôts d'armes, les installations d'entraînement, les postes d'observation, la salle de situation du bataillon, le bureau du commandant du bataillon et d'autres infrastructures ont été touchés. 

          Le Hamas, contrairement aux prévisions optimistes, a choisi le suicide politique et militaire.

Mise à jour du samedi 21 juillet 2018

Le Hamas et Israël ont décidé d'un cessez-le-feu tôt ce samedi 21 juillet après une escalade de violences qui a coûté la vie à quatre Palestiniens et un soldat israélien, a annoncé un porte-parole du mouvement islamiste.
Fawzi Barhoum a déclaré : «Grâce aux efforts de la communauté internationale et de l'ONU, nous sommes parvenus à un accord pour revenir à l'état de calme qui précédait entre l'occupation israélienne et les factions palestiniennes». Il s'agit du second accord de cessez-le-feu conclu entre les parties en une semaine, dans un contexte de craintes croissantes d'une nouvelle guerre.
Le retour au calme annoncé par le Hamas à Gaza semble se confirmer. Les responsables israéliens n'ont pas fait de commentaires sur le cessez-le-feu annoncé par le Hamas plus tôt dans la matinée. 

1 commentaire:

Marianne ARNAUD a dit…

Cher monsieur Benillouche,

Votre article sur Netanyahou et la loi adoptée par la Knessett entérinant Israël comme "l'État-Nation du peuple Juif" et établissant l'hébreu comme seule langue officielle, n'a pas été commenté par vos lecteurs israéliens. Pourtant je me suis demandé si les soixante-deux députés qui ont voté cette loi, se souvenaient que lors de la mort d'Abraham, il avait été enseveli par ses deux fils, ensemble : Isaac, le fils de son épouse Sara, et Ismaël, le fils d'Agar, la domestique égyptienne de Sara ?
Aujourd'hui je me demande quelle serait la position des 1,8 million d'Arabes israéliens si devait éclater une "campagne militaire à grande échelle" ?

Très cordialement.