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vendredi 24 avril 2015

LES RAVAGES DE LA DÉCOLONISATION Par Jean SMIA



LES RAVAGES DE LA DÉCOLONISATION

Le billet d'humeur de Jean SMIA


Lycée Carnot de Tunis

Qu'elle que soit l'idéologie à laquelle on se réfère, personne ne peut contester que la démocratie n'est pas la structure sociale naturelle d'un groupe d''humains. Parallèlement on constate que tous les drames et conflits qui se jouent actuellement en Orient, au Moyen-Orient et en Afrique prennent leurs sources de la décolonisation. 


Ben Ali-Trabelsi

Qu'il s'agisse du Vietnam, de l'Irak ou de la Libye, tous ceux qui sont allés y faire des guerres imaginaient naïvement qu'il suffisait d’éliminer le tyran en place pour que le peuple «libéré» se trouve un chef démocratiquement élu, une assemblée, une constitution et une structure administrative qui permette à sa population de vivre décemment et de progresser.
Or, pour accéder à la démocratie et comprendre en quoi cela consiste, il est indispensable qu'une grande partie du peuple ait un niveau d'instruction minimum. Car, c'est à la lumière de l'instruction que l'on va vers la démocratie et pas l'inverse. Quand il n'y a pas de lumières, il y a de l'obscurité et quand il y a de l'obscurité, on tombe dans l'obscurantisme. Sans instruction, tous ces combattants n'ont pas d'autres options que d'aller singer ce qu'on leur raconte de leurs ancestrales coutumes.
L'exemple de la Tunisie est symptomatique de mon propos car, sans l'instruction imposée aux femmes et leur droit de vote accordé par Bourguiba, ce pays serait aujourd'hui dirigé par des barbus et leur charia. Or, pour l'avoir personnellement vécu, voici comment s'est passé, scolairement, ma période «coloniale». Les écoles, collèges et lycées y étaient légions. Sans compter les Pères-blancs, les Maristes et autres. Le statut d'enseignant était respecté et, en majorité, ils considéraient leur métier comme un sacerdoce. Dans ma classe du lycée, il y avait environ 30% de musulmans, dont la majorité faisait partie de la classe bourgeoise, plus ou moins proche de l'environnement beylical, et dont les parents avaient un bon niveau d'instruction.

C'est ce noyau de gens cultivés, qui, à dater de l'indépendance, a dirigé le pays. Et ce noyau n'a cessé de grossir après l'indépendance. S'il a grossi, c'est parce que ses dirigeants ont préservé l'effort vers l'enseignement et la culture de la jeunesse qui avaient été initiés par la colonisation. La période «Ben Ali-Trabelsi» n'est qu'une parenthèse dans l'histoire de l'avancée culturelle de ce pays. Or, sans ces enseignants de la période «d'occupation» accompagnés de toute la structure administrative «coloniale» de l'enseignement obligatoire, la Tunisie serait aujourd'hui dans le même état que le Yémen.
Il ne s'agit pas de faire l'apologie de toute la colonisation; il ne s'agit que de remettre en perspective l'indéniable d'un bien apporté et de souligner qu'il faut tout faire pour que perdure ce bien en ces temps inquiétants. C'est cette lumière qu'il ne faut pas laisser éteindre.


Tous les migrants noyés sont nés dans des pays où la lumière s'est éteinte.        

3 commentaires:

Marianne ARNAUD a dit…

J'ai bien peur que vous n'ayez entamé un combat contre des moulins à vent !

Il me semble qu'en 2005, un certain Hamlaoui Mekechera, ministre des anciens combattants durant le quinquennat de Jacques Chirac, s'était cru autorisé à présenter un projet de loi stipulant dans son article 1 :
"La Nation exprime sa reconnaissance aux femmes et aux hommes qui ont participé à l'oeuvre accomplie par la France dans les anciens départements français d'Algérie, au Maroc, en Tunisie et en Indochine ainsi que dans les territoires placés antérieurement sous la souveraineté de la France."
La loi fut adoptée et promulguée en février 2005 et c'est également ce mois-là qu'elle fut dénoncée, bien que 64 % des Français interrogés par sondage se soient déclarés favorables à la loi, alors que 29 % s'y disaient opposés.

Finalement, le Premier ministre, Dominique de Villepin trouva le moyen de faire abroger l'aniléa 2 de l'article 4 qui stipulait :
"Les programmes scolaires reconnaissent en particulier LE RÔLE POSITIF de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord et accordent à l'histoire et aux sacrifices des combattants de l'armée française issus de ces territoires la place éminente à laquelle ils ont droit."

C'en était trop pour notre belle conscience BHL, qui était monté au créneau : "On nous avait fait le coup des aspects positifs de Vichy... Voilà qu'on nous refait le coup du rôle positif, voire de l'oeuvre humaniste, de la présence française en Afrique... "

Et le voilà qui fustige "l'idée coloniale", "une idée perverse dans son principe" soutenue par l'"enthousiasme repu de beaufs qui se lâchent."

Allez donc lutter là contre, et expliquer que sans la colonisation il n'y aurait pas eu de ministre s'appelant Hamlaoui Mekechera, ou Christiane Taubira ou Najat Valaud-Belkacem, ce sera peine perdue !

Cordialement.

Véronique ALLOUCHE a dit…

La colonisation malgré son apport culturel, a-t-elle affranchi le peuple tunisien pour autant?
Lui a-t-elle donné une autonomie suffisante pour accéder aux libertés qui sont en vigueur dans nos pays occidentaux?
Il ne suffit pas de savoir lire et écrire pour qu'un peuple soit adulte.
Tous les bienfaits de la colonisation n'ont jamais apporté la liberté de pensée aux peuples, pas plus en Tunisie qu'en Algérie ou ailleurs.
Cordialement
Véronique Allouche

jean Smia a dit…

@Veronique Allouche
Madame,
vous écrivez:
«Il ne suffit pas de savoir lire et écrire pour qu'un peuple soit adulte.»
Effectivement: l'un ne dépend pas de l'autre, cependant, j'affirme, moi, qu'il est préférable qu'un enfant apprenne à lire et écrire plutôt de le laisser devenir un adulte analphabète.
Quant à son chemin, une fois adulte, dans son choix de vie: c'est son problème.
Il s'agit d'humains à qui on apprend à réfléchir par soi-même et pas d'animaux de cirque que l'on éduque à la baguette.
Cordialement.