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vendredi 3 avril 2015

IRAN : NE PAS PERDRE LA FACE Par Gérard AKOUN



IRAN : NE PAS PERDRE LA FACE

Par Gérard AKOUN



La date butoir tant attendue du 31 mars devait  être l’aboutissement de plusieurs mois, que dis je, de plusieurs années de négociations entre l’Iran et le groupe mandaté par le Conseil de Sécurité de l’ONU, les 5+ 1, les États-Unis, la Grande Bretagne, la France, la Chine, la Russie, plus l’Allemagne. Il n’en fut rien, aucun accord sur le contrôle du nucléaire iranien n’a pu être signé. Les discussions ont été ajournées, pour être reprises le mercredi 1er avril au petit matin, sans que l’on puisse savoir si des avancées importantes ont pu, quand même, avoir lieu, tant les propos tenus par les participants des deux camps en présence sont contradictoires.


Nous progressons

Les Iraniens et les Russes, soutenus par les Chinois, ont tenu des propos optimistes que je résume ainsi : «Nous progressons». Les Américains, les Français, les Anglais et les Allemands ont été plus nuancés dans leurs déclarations, sans pour autant parler de rupture : «on continue de négocier» et pas seulement sur des points de détails, semble-t-il !
Site de Fordo

Face aux Iraniens, soutenus activement par les Russes, les Occidentaux sont divisés sur la durée de l’application de l’accord qui porte essentiellement sur le contrôle du potentiel nucléaire de l’Iran, sur ses moyens de recherche et développement, sur  la libre inspection de tous les sites y compris celui souterrain  de Fordo, sur son engagement à ne pas se doter de la bombe atomique et sur  le calendrier de levée des sanctions économiques. Les Français, suivis maintenant par les Allemands, ne font pas confiance aux Iraniens pour respecter tous leurs engagements.

En 2013, déjà, Laurent Fabius avait refusé de soutenir une proposition américaine qu’il ne trouvait pas assez «exigeante» vis-à-vis des Iraniens. À la veille des négociations qui se tiennent à Lausanne, il souhaitait «un accord robuste» et mardi avec les Allemands il avait menacé de quitter la table des négociations. La France s’avère dans cette négociation plus sourcilleuse que les Américains et comprend mieux  les craintes d’Israël et des pays sunnites. C’est sans doute parce que nous sommes moins éloignés, que les États-Unis,  de l’Iran et de l’arc chiite qui s’est formé au Moyen Orient, sous sa direction.

Signer à tout prix

Barak Obama a besoin de signer, certains disent «à tout prix  pour ne pas perdre la face», un accord  avec l’Iran pour soigner son image, pour laisser une trace de sa présidence dans l’Histoire. Cela  me semble exagéré. Disons plus tôt que les intérêts des Américains et de leurs alliés divergent : Barak Obama  veut se dégager du Moyen-Orient et de ces guerres que Bush lui a laissées en héritage. Il considère que  l’ennemi principal dans la région n’est pas le régime des mollahs mais l’État islamique, qu’Américains et Iraniens combattent de concert. Entre les monarchies sunnites et Daesh, les relations sont ambiguës.
Roi Salman

L’Arabie Saoudite, en particulier, a enfanté ce monstre qui, maintenant, leur fait peur. Elles ne peuvent le combattre, réellement, dans la mesure où  son affaiblissement renforcerait l’Iran et les chiites. Mais elles savent que  Daesh, qui les traite d’impies, les chassera, dès qu’il en aura la possibilité, pour s’adjoindre leurs territoires et leurs richesses. A tort ou à raison Obama considère que la République Islamique constitue un élément stable dans la région à condition qu’elle évolue, qu’elle se démocratise à la faveur des résultats de cet accord qui lui permettrait d’améliorer sa situation économique.  Il espère qu’il en sera ainsi.
 Mais sa motivation principale est de se dégager du Moyen-Orient  car les intérêts stratégiques des États-Unis ne sont plus les mêmes. Ils  se sont déplacés de l’Atlantique au Pacifique. C’est là que se jouera le leadership des États-Unis sur l’économie mondiale contre le géant chinois.

Situation économique catastrophique


Les  Iraniens ne peuvent laisser passer cette occasion de retrouver une place dans la communauté internationale. La situation économique dans laquelle ils se trouvent est catastrophique. Le Guide  suprême de la Révolution, le Président de la République se sont engagés publiquement dans la voie de la négociation, eux non plus ne peuvent perdre la face, ils font traîner les négociations pour prouver  à leurs opposants, à leur peuple, au monde chiite qu’ils peuvent tenir la dragée haute à l’Amérique et à ses alliés, qu’ils peuvent arracher des concessions aux 5+1. 
L’Iran a impérativement besoin de pouvoir exporter son pétrole, et que soient levés les interdits bancaires. Il est possible qu’elle accepte de se maintenir en dessous du seuil nucléaire, dans la mesure où elle est devenue en quelques mois, une puissance incontournable dans la région en structurant les communautés chiites sous son aile. Ce n’est qu’une hypothèse, les négociations continuent.
Hag Sameah le Pessah


1 commentaire:

Véronique ALLOUCHE a dit…

Ce qui prouve que la politique sécuritaire de Netanyahou envers l'Iran n'était pas forcément électoraliste, mais surtout réaliste contrairement à ce qu'on a pu lire dans les différents articles de ce blog.
Cordialement
Véronique Allouche