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vendredi 3 avril 2015

SÉCURITÉ ET VIE PRIVÉE Par Jean SMIA



SÉCURITÉ ET VIE PRIVÉE

Le billet d'humeur de Jean SMIA

                        

          Aussi extraordinaires qu'imprévisibles, les circonstances du crash de l'A320 posent d'autres questions sur la sécurité publique et pas seulement celle de ne jamais laisser une personne toute seule dans une cabine de pilotage d'avion. Cela remet en question le degré d'intrusion autorisé dans la vie privée de ceux à qui on doit confier la responsabilité de vies humaines. Il est donc question, en plus des pilotes, des conducteurs de trains, des chauffeurs de bus ou d'autocars, des soignants, et tous ces métiers qui ont un pouvoir de vie ou de mort sur leurs passagers ou leurs patients.


                      En effet, lorsqu'une de ces catégories professionnelles se retrouve avec des décalages psychiatriques, naissants ou acquis, il n'y a rien d'autorisé qui permette de décider une obligation de médications, et encore moins d'autorité pour des contrôles de suivi de soins, et aucune mesure coercitive applicable à ceux qui seraient récalcitrants à la médication.
Romain Dupuy

                        On se souviendra de ce Romain Dupuy qui, sevré de médications, avait égorgé des infirmières à Pau. Rien ne pouvait, administrativement et juridiquement, être mis en place pour contrôler la prise régulière des médications et aucune autorité ne pouvait l'y obliger.
                        Dans le cas de ce co-pilote, son médecin traitant avait diagnostiqué un motif de délivrer un arrêt de travail. Mais il n'avait en aucun cas l'obligation d'informer la compagnie qui l'emploie de ses conclusions. Pourtant, ce médecin savait qu'il était co-pilote, avait constaté que ce patient ne prenait probablement plus les médicaments qui lui permettaient de maîtriser ses phobies ; mais ce médecin se serait mis en faute professionnelle s'il avait informé l'employeur que cette personne n'était pas en état d'assumer ses responsabilités professionnelles.
                        C'est le système qui veut que ce soit comme ça : le secret médical et le respect de la vie privée ne peuvent être dérogés. On retrouvera cette même sorte de failles de sécurité à propos de tous les métiers énumérés ci-avant. Cependant, en regard de la levée du secret médical, il y aurait à prendre en compte le nombre des guérisons par le fait que, certains du respect absolu du secret médical, les patients se sont ouverts à leur médecin et ont fait confiance au traitement. Et sans cette certitude de secret combien de malades dangereux n'auraient jamais consulté ?

               Ce sont des statistiques que l'on ne pourra jamais consulter : car il n'y a pas de compte-rendu des guérisons. En prévention d'actes à venir dangereux, nos administrations (justice, police, médecine) n'ont ni autorisation ni possibilité d'agir. Car cela remettrait en question le droit à la vie privée, le secret médical avec, de surcroît, aucun juge des libertés qui n'aurait de motifs légaux pour faire interner quelqu'un qui n'a commis d'autre délit que celui d’être soupçonné d’être, temporairement, asservi à ses phobies.

                    Aujourd'hui, en France, dans le domaine des problèmes psychiatriques, la règle veut qu'il faille «attendre qu'il y ait du sang pour réagir en conséquence». Modifier cette règle est très délicat car c'est la porte ouverte à tous les abus, à des internements injustifiés, à l'affichage de la vie privée et à la dérogation au secret médical. Un remède, qui, à mon sens, serait pire que le mal.

1 commentaire:

Thomas TEYSSIER a dit…

Après l'émotion, vient le temps de la raison