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samedi 20 décembre 2014

L’ONU MASQUE LES DISSENSIONS PALESTINIENNES



L’ONU MASQUE LES DISSENSIONS PALESTINIENNES

Par Jacques BENILLOUCHE
copyright © Temps et Contretemps

ONU Conseil sécurité

        Les dirigeants palestiniens ont tenu parole. Sans se laisser fléchir par la menace d'un veto américain, ils ont déposé un projet de résolution réclamant la fin, d'ici à deux ans en 2017, de la présence israélienne en Cisjordanie et à Jérusalem-Est. Ce recours à l’ONU,  un voile de fumée à des fins intérieures, masque les dissensions internes palestiniennes qui s’affichent au grand jour et les luttes de pouvoir entre factions rivales. Et pourtant nombreux parmi les Palestiniens estiment que la priorité reste la relance de la lutte nationale et la mise en place d’une véritable unité palestinienne.



Scepticisme généralisé



La situation actuelle conforte le scepticisme généralisé qui avait accueilli la signature d’un «accord de réconciliation» entre factions palestiniennes qui attendaient peu de changements tangibles sur le terrain. Le Fatah et le Hamas n’ont toujours pas remisé leurs rancunes aux poubelles de l’Histoire. La commémoration de la mort de Yasser Arafat, le 11 novembre à la Mouquata à Ramallah fut une manifestation purement Fatah puisque l’enceinte n’était remplie que de drapeaux jaunes. Les drapeaux du Hamas ont brillé par leur absence. Il en est ainsi de toutes les manifestations qui auraient dû pourtant rapprocher les clans comme les cérémonies de la fête de l’Aïd Al-Adha. Même les manifestations politiques sont boudées par l’une ou l’autre des parties pour éviter de se compromettre ensemble.
Emeutes Qalandiya

Les troubles de la mosquée Al-Aqsa avaient conduit des dirigeants du camp de réfugiés de Qalandiya à appeler à une manifestation populaire au check-point de cette ville, avec un certain succès puisque des centaines de Palestiniens, au-delà des clivages politiques, avaient participé à l’événement. Pour ne pas être en reste, l’OLP avait décidé de lancer deux jours plus tard un appel pour «un jour de colère» au même endroit. Les journalistes alertés par l’OLP avaient été alors plus nombreux que les manifestations eux-mêmes.
Mouquata

Une semaine plus tard, le Hamas avait réussi à mobiliser près de 200 manifestants à Ramallah par solidarité. Des jeunes partisans du Fatah se sont alors déployés dans les rues de Ramallah pour empêcher leurs adversaires politiques d’atteindre la Mouquata. Ce fut un fiasco à la fois pour le Fatah et le Hamas en Cisjordanie qui n’arrivent plus à mobiliser leurs factions. En revanche, on voit apparaître des groupuscules d’activistes qui agissent de manière autonome en dehors des  partis politiques existants. Les djihadistes ont ainsi un boulevard devant eux parce que les Palestiniens n’arrivent plus à afficher une identité nationale commune créant ainsi une dichotomie au sein du peuple palestinien.

Accords d’Oslo

Les accords d’Oslo avaient permis au Fatah et au Hamas d’être conjointement aux commandes dans le cadre du Conseil législatif palestinien. Mais ces accords avaient été à l’origine d’une lutte d’influence entre les Palestiniens de l’intérieur et ceux en exil. D’ailleurs certains dirigeants palestiniens se plaignent qu’on n’aborde que le problème d’un État palestinien et non pas celui d’un peuple palestinien englobant les réfugiés de 1948. Aucun dirigeant charismatique n’est capable de surmonter les divisions internes pour rassembler dans l’intérêt du peuple palestinien. Les différentes représentations inventées n’ont jamais réussi à fédérer car elles n’ont agi que pour maintenir le pouvoir d’une élite.
Manifestation à Gaza

Mais voici que l’on se remet à parler de Mohamed Dahlan, expulsé de Gaza, qui a remisé ses inimitiés avec le Hamas pour se lier à lui dans un combat contre l’Autorité palestinienne. Des milliers de ses soutiens ont manifesté le 18 décembre 2014 à Gaza contre Mahmoud Abbas. Connaissant la main de fer avec laquelle le Hamas gère la ville, on se doute bien que cette manifestation avait reçu l’aval des hauts dirigeants islamistes. La politique ne souffre d’aucun sentiment puisque les ennemis d’hier peuvent être les amis d’aujourd’hui, dans un objectif commun.
Les manifestants ont brandi des portraits d'Abbas portant les inscriptions «trahison, corruption, tyrannie» devant le Conseil législatif (parlement de Gaza). Ils protestaient contre le renvoi par l’Autorité d’une centaine de membres des forces de sécurité suspectés de sympathie envers Mohamed Dahlan. Majed Abou Shamaleh, parlementaire palestinien membre du Fatah et proche de Dahlan a estimé que «le temps est venu de mettre fin à l'injustice infligée à la bande de Gaza et à nos frères dont les salaires ont été coupés». La rupture est ainsi consommée. 
Adnan Damiri

Le porte-parole des services de sécurité de l'Autorité palestinienne, Adnan Damiri, s’est justifié en expliquant que l'Autorité palestinienne avait été obligée de «renvoyer ceux qui ont violé les règles de la discipline militaire parmi les membres des forces de sécurité». Dans la foulée il a annoncé que Mohamed Dahlan était convoqué à Ramallah devant un tribunal pour y répondre de corruption.
Ces dissensions s’expliquent par le fait que malgré l’accord de réconciliation et la formation d’un pseudo gouvernement d’union, le Hamas continue à contrôler la bande de Gaza. Pour délégitimer Mahmoud Abbas et éventuellement pour l’éliminer politiquement, une alliance s’impose donc entre le Hamas et Mohamed Dahlan qui peut encore compter sur beaucoup d’amis en Cisjordanie et même sur sa milice financée par la CIA.
Les gesticulations à l’Onu viennent à point nommé pour jeter un voile de fumée sur les déchirements au sein du peuple palestinien qui, contrairement à ce que pensent les Européens, est encore loin de cicatriser ses propres plaies pour présenter un front commun.


1 commentaire:

Hamdellah ABRAZ a dit…

Dans un but de salubrité internationale, il faut peut -être aller dans le sens de la libération des Palestiniens des griffes des deux factions Hamas et Fatah pour retrouver la paix dans cette région du Monde.