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jeudi 4 décembre 2014

LES PALESTINIENS BRADENT TOUJOURS LEURS VICTOIRES DIPLOMATIQUES



LES PALESTINIENS BRADENT TOUJOURS LEURS VICTOIRES DIPLOMATIQUES

Par Jacques BENILLOUCHE
copyright © Temps et Contretemps



Le vote de reconnaissance de la Palestine par certains pays européens, et par la France en particulier, ne peut avoir qu’une incidence symbolique. Il n’est pas contraignant et il n’est accompagné d’aucun ultimatum politique ou économique. Cela permet de donner un os à ronger à tous ceux qui souhaitent aggraver leur sentiment de défiance vis-à-vis d’Israël. 
Et pourtant, il n’y a pas lieu de s’inquiéter tant les Palestiniens sont passés maîtres dans l'art de transformer leurs victoires en défaites décevantes. L’Histoire est pleine d’exemples qui attestent qu’ils n’ont jamais su exploiter politiquement ce qui était pourtant pour eux une avancée diplomatique importante. Il est fort probable que ces nouvelles résolutions iront rejoindre les précédentes dans le cimetière des bonnes intentions occidentales.



Victoire militaires

Dès que la dernière balle a été tirée le 26 août 2014 à Gaza, les dirigeants du Hamas sont sortis de leurs bunkers pour se glorifier d’une victoire qu’ils avaient  obtenue sur Tsahal. Il a fallu attendre les analyses à froid des experts pour se rendre compte de la supériorité des soldats israéliens dans les combats,  de l’inefficacité des centaines de roquettes envoyées sur Israël et de la puissance de l’artillerie et de l’aviation israéliennes.  
Inondations à Gaza

Mais le Hamas avait su transformer sa réelle défaite en victoire face à la «barbarie israélienne» au moyen de photos de cadavres d’enfants à l’hôpital Al-Shifa dont les sous-sols servaient d’abris aux dirigeants et de postes de commandement aux brigades Ezzedine Al-Qassam. Le monde découvre progressivement l’étendue des destructions dans la ville de Gaza, rendues plus évidentes avec les conséquences des inondations  dues aux pluies. Le ciment a été gaspillé pour la construction de tunnels, qui ont montré leurs limites stratégiques, au lieu de servir à bâtir des logements pour la population misérable de Gaza et d'égouts pour le recyclage de l'eau. Drôle de victoire  pour le Hamas, transformée en défaite cuisante !

Arafat à l’ONU


Les Palestiniens n’ont jamais exploité à bon escient leurs victoires diplomatiques qu’ils auraient pu mettre au profit de la constitution d’un véritable État palestinien. Yasser Arafat avait conquis le monde occidental à l’Assemblée générale de l’ONU, le 13 novembre 1974.  Les Occidentaux avaient implicitement obtenu sa reconnaissance comme chef suprême palestinien parce qu’ils espéraient de sa part un pragmatisme dans une négociation avec les Israéliens. Ils pensaient lui offrir une véritable paix des braves.
Au lieu de cela, il s’était senti pousser des ailes en exigeant encore plus, plus que les Occidentaux ne pouvaient ou ne voulaient lui offrir. Il voulait un État de Palestine qui engloberait Israël, pour effacer l’échec de la Guerre de Six-Jours et même celle de 1947 qui avaient vu les défaites arabes. Son discours, au lieu de choquer, avait été émaillé d’applaudissements sur tous les bancs de l’Assemblée qui bruissait encore des condamnations internationales répétitives contre Israël. 
Kurt Waldheim et Arafat

Il bénéficiait pourtant du charisme du secrétaire général de l’ONU, Kurt Waldheim, ancien soldat nazi, entièrement à la solde des pays arabes et des Algériens qui avaient bataillé pour obtenir l’invitation de Yasser Arafat. Les Occidentaux avaient réussi la métamorphose d’un chef de guérilla inconnu en homme politique qui avait connu son apothéose internationale à la tribune de New-York.

Résolutions de l’ONU

Arafat n’a rien fait de cette première victoire et il s’est enferré dans une haine encore plus intense d’Israël jusqu’à obtenir une autre résolution le 10 novembre 1975.  Il avait alors prononcé son discours avec un étui de pistolet à sa ceinture. L’Occident s’attendait à un langage de paix alors que le symbole du pistolet démontrait bien que la guerre était au bout de ce processus diplomatique.  Dans son élan victorieux, Arafat avait alors obtenu le vote d’une autre résolution 3237 qui offrait un statut d’observateur à l’OLP.

L’Assemblée générale, avec sa majorité systématique anti-israélienne, avait encore fait preuve d'irréalisme en adoptant la résolution inique 3379 par 72 voix contre 35 et 32 abstentions.  Elle avait approuvé  l’exigence d’Arafat de reconnaître «le sionisme comme une forme de racisme et de discrimination raciale». La Chine, l'Inde et l'Union soviétique et tant d’autres pays avaient applaudi à sa dialectique guerrière. Cette victoire d’Arafat intervenait au lendemain de la guerre du Kippour  de 1973 qui avait coûté cher à Israël en soldats tués et en dépenses militaires. Le pays avait reçu un choc psychologique aggravé par une situation économique déprimante et il s'est mal défendu à l'ONU dans un combat perdu d'avance.
Qu’en est-il resté de ce spectacle international déprimant pour Israël ? Les résolutions sont entrées dans les oubliettes de l’Histoire tandis que, dans le même temps, Israël était devenu plus fort qu’en 1974, que sa population juive a doublé et que son économie s’est élevée au rang des plus grandes. Or, les Palestiniens ont gaspillé ces victoires diplomatiques et l’argent qui parvenait à flot des pays arabes et des Occidentaux. Ils ont choisi l’option militaire plutôt que le dialogue. L’URSS leur a alors fourni des chars, de l’artillerie et de l’armement pour constituer une armée au Sud-Liban qui avait été à la base de l’explosion de la guerre civile du Liban.
Arafat Beyrouth 1982

Sa victoire à l’ONU s’est transformée en défaite pour le chef militaire contraint de se réfugier dans une cave de Beyrouth-Ouest en 1982 en mettant fin à ses velléités guerrières. Il persistait à ne pas croire à la paix mais à l’invasion, au moins de la partie nord d’Israël, après avoir envoyé des centaines de ses miliciens se former en URSS pour se préparer à la guerre des blindés, de l'artillerie et de la communication. Mais son investissement s’est trouvé compromis lorsqu’Israël est entré au Liban, le 6 juin 1982, pour neutraliser et même éradiquer  des troupes palestiniennes qui avaient cru à tort en leurs capacités militaires.

Intifada

Oslo Camp David 1993

La victoire d’Arafat de 1974 à l’ONU s’est transformée en exil en Tunisie, loin de son peuple et de ses troupes. Mais la leçon n’avait pas été encore assimilée. L’aura, que lui et l’Autorité palestinienne ont obtenue aux accords d’Oslo de 1993, s’est concrétisée à nouveau par un recours à la violence  en suscitant une Intifada qui fut un échec parce qu’il se croyait alors invincible.  
Les Palestiniens n’ont pas su coller aux négociations entre l’Égypte et Israël qui ont conduit aux accords de paix de 1979, toujours en vigueur et jamais remis en cause, même par les Frères musulmans. Le roi de Jordanie avait opté lui aussi pour la paix et avait annoncé qu’il renonçait à la Cisjordanie. Mais la rancune d’Arafat contre le roi Hussein et Anouar Al-Sadate était trop forte pour songer à des efforts de paix et à des concessions. Malgré la défaite cuisante de 1973, Arafat n’a pas voulu renoncer au combat contre Israël. Les Palestiniens ont ensuite réagi de la même manière lors du retrait total israélien de Gaza en septembre 2005 alors qu’ils auraient pu y construire les embryons d’un État palestinien.
Les victoires diplomatiques des années 1970 ont été stériles malgré les soutiens sans faille de l’ONU, de l’URSS et des pays arabes. Aujourd’hui les Palestiniens ont le soutien des pays arabes, des islamistes mondiaux et même d’une partie des pays occidentaux lassés par une guerre de 67 ans. Mais la situation d’aujourd’hui est encore plus propice aux échecs diplomatiques car le Coran et sa composante mystique et religieuse sont entrés dans le jeu politique en augmentant les promesses de victoire pour les vrais croyants et en voulant ignorer toutes les défaites musulmanes antérieures. 
Djihad à Gaza

Le conflit palestinien s’est mué en guerre de religion à laquelle il est difficile de s’opposer par des arguments politiques. Certains comme le djihad islamique et l’Iran, les bailleurs de fonds du terrorisme, veulent en découdre avec Israël et n’ont aucun intérêt à voir se profiler une quelconque paix. Comme Arafat, les dirigeants actuels sont prêts à sacrifier leur population au nom de l’islam en ne lui offrant comme perspective que la mort, la destruction et l’échec.

Les Palestiniens sont leurs propres fossoyeurs et ils transforment toujours leurs victoires en défaites. Le Fatah et le Hamas finissent toujours par se glorifier d’une victoire diplomatique mais ils sont incapables de trouver la bonne voie pour s’en servir avec efficacité. Alors, avec optimisme, il faut leur souhaiter une grande victoire avec le vote de reconnaissance d’un État palestinien par les Européens car l’on sait par expérience ce qu’il adviendra alors de cette nouvelle résolution qui sera vite oubliée. 

3 commentaires:

Marie-Gabrielle LAUNAY a dit…

Rester victime et assisté c'est un bon plan !!

AMMONRUSQ a dit…

C'est peut-être un bon plan mais il y en a marre car cette foutue europe jalouse de l'existence et de la réussite d'Israël,voudrait bien la voir disparaitre et nous avec les juifs de diaspora.

Il faut comprendre que le découpage de l'ancien pays d'Israël par les Anglais n'a pas été honnête,mais les juifs l'ont accepter et pourquoi pas les Arabes ?

Véronique ALLOUCHE a dit…

Bonjour,
impossible de répondre à ton article sur ton site, à un moment il reste bloqué.
Je pense pour ma part qu'Israël est de plus en plus relégué au banc des nations et qu'on est loin de la victoire politique remportée presque unanimement après la guerre des six jours.
Si les palestiniens transforment une victoire en défaite, ce dont je suis d'accord avec toi, les nations transforment la victoire d'Israël en défaite. Et c'est cela qui m'inquiète le plus pour l'avenir de ce pays.
Bien cordialement,