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lundi 8 décembre 2014

PAS DE SOLIDARITÉ ARABE POUR LES RÉFUGIÉS



PAS DE SOLIDARITÉ ARABE POUR LES RÉFUGIÉS

Par Jacques BENILLOUCHE
copyright © Temps et Contretemps

         
         
Réfugiés syriens

          L’Histoire est un éternel recommencement, au moins pour tout ce qui concerne le comportement des pays arabes. Ils savent hausser le ton avec Israël, qui est censé «martyriser» ses populations arabes, mais ne font preuve d’aucune solidarité avec leurs «frères» arabes dès qu’il s’agit de partager un peu de leur richesse, ou tout au moins un peu de leur pain. À l’heure où les Palestiniens et les Syriens cherchent à fuir la Syrie pour se réfugier en Jordanie, aucun pays arabe n’a fait le geste pour accueillir chez lui quelques «frères arabes».  Et pourtant, ni l’espace et ni l’argent ne leur manquent pour intégrer quelques centaines de réfugiés à la recherche d’un lieu sécurisé.


Abcès de fixation


Réfugiés de 1948

À la suite du conflit israélo-arabe de 1947, le monde entier s’était polarisé sur le cas des Palestiniens ayant fui leurs maisons pour se réfugier à Gaza, en Jordanie, en Syrie ou au Liban. On s’aperçoit aujourd’hui que leur nombre était négligeable par rapport aux masses de réfugiés et que leur cas aurait pu être facilement résolu avec une bonne volonté arabe. C'était sans compter sur la volonté de créer un abcès de fixation dans la région. Mais dans le même temps on avait occulté l’histoire de plus d’un million de Juifs contraints de quitter la patrie qui les avait hébergés pendant plusieurs siècles. Les medias ont effectivement passé sous silence les Juifs qui ont été brutalement chassés ainsi que ceux qui ont choisi l’exil parce que la vie qui leur était proposée ne leur garantissait ni sécurité totale et ni avenir dénué de discrimination.   
Le Yémen, qui a connu un pogrom en 1947 durant lequel 82 Juifs avaient été assassinés, abritait une population de 55.000 Juifs ramenée aujourd’hui à peine à 200. Les Juifs d’Algérie sont passés de 140.000 à 100, ceux d’Iran de 100.000 à 25.000, ceux du Liban de 30.000 à 30, ceux du Maroc de 500.000 à 7.000 et enfin ceux de Tunisie de 105.000 à 1.200. L’Irak avait fomenté en 1941 un pogrom à Bagdad où 180 Juifs périrent. À la création de l’État d’Israël, elle avait poussé la presque totalité de la population juive, évaluée à 150.000, à rejoindre la Terre promise en quelques semaines.
Réfugiés juifs égyptiens de 1957

L’Égypte s’était vengée de la Campagne de Suez en 1956 en se débarrassant de tous ses 80.000 Juifs. Seule une centaine a échappé à leur vindicte. Contrairement aux autres pays, la population juive était relativement aisée et l’objectif de les spolier a été atteint par la force. 25.000 d’entre eux ont été contraints de quitter en catastrophe le pays en emportant avec eux une seule valise d’effets personnels mais après avoir signé une donation forcée de tous leurs biens aux autorités du pays.
La Libye, qui avait assassiné 145 juifs en 1945, ne comporte plus aucun des 30.000 Juifs faisant partie de sa population. Enfin, la Syrie avait profité des événements liés à la création de l’État d’Israël pour raser plus de 200 habitations occupées par des Juifs à Alep afin de se délester de toute la population juive qui comptait 30.000 âmes.

Un million de réfugiés juifs

Près d’un million de Juifs, dont la grande majorité a quitté les pays arabes pour rejoindre l’État d’Israël, ont bénéficié de l’élan de solidarité internationale de la part de la Diaspora juive. Ils ont été accueillis, malgré les difficultés inhérentes aux besoins immenses d’une réinsertion dans leur nouveau pays. On ne compte plus les ingénieurs, les officiers et les dirigeants issus de ces pays arabes qui, arrivés dénudés, parfois incultes, toujours pauvres, font partie actuellement de l’élite israélienne car ils ont ciblé l’avenir plutôt que de vivre le passé.
Immigrés juifs

Israël a reçu des centaines de milliers de Juifs, presque autant que sa population d’alors, à l’époque où le pays manquait de tout, où les restrictions étaient monnaie courante, et où l’urgence imposait aux nouveaux venus de se contenter d’une tente et d’un réchaud à gaz pour assurer leur subsistance. Mais ne manquait pas le cœur de tous ceux qui ont tenu à ce que leurs frères ne soient plus soumis au bon vouloir de ceux qui les hébergeaient. C’est ce grand cœur qui a manqué et qui manque aujourd’hui aux pays arabes.
Général Eizenkot

Il est nécessaire de rappeler aux pays arabes qu’ils se sont séparés de plus d’un million de Juifs, en récupérant souvent leurs biens, mais en ne déboursant aucun dollar. Tous ces Juifs ont été parfaitement intégrés en Israël, certes au prix de larmes, de sacrifices, de volonté et de solidarité. Le symbole de la réussite de ces Juifs des pays arabes vient de s’exprimer par la nomination du nouveau chef d’État-major de Tsahal, originaire du Maroc.

700.000 réfugiés palestiniens

Les Arabes qui, entre juin 1946 et mai 1948, ont quitté leur région à la suite de la guerre de Palestine de 1948 comptaient 700.000 réfugiés qui ont fui vers Gaza, le Liban et la Jordanie. Aucun d’eux n’a bénéficié d’un statut de résident privilégié ou de la nationalité de son pays d’accueil. Ils ont été parqués parce qu’il fallait maintenir un abcès de fixation. Et pourtant ils auraient pu être répartis par simple solidarité dans différents pays arabes, souvent dépeuplés, au moins pour compenser les populations juives qui les avaient quittés.
L’Arabie saoudite  compte à peine aujourd’hui 30 millions d’habitants avec une superficie de plus de deux millions de kilomètres carrés et des richesses pétrolifères illimitées Elle est quatre fois plus grande que la France avec ses 552 000 km² et sa population de 66 millions d’habitants. L’Arabie aurait pu absorber la moitié des réfugiés de 1947 sans subir de conséquences dramatiques.

La Libye était un pays dépeuplé qui avait cherché à augmenter sa population en fusionnant avec la Tunisie par un projet mort-né. Trois fois plus grand que la France avec 1,800 millions de km² et une population actuelle de 6 millions d’habitants, ce pays aurait pu compenser son vide démographique en recevant l’autre moitié des réfugiés palestiniens qui auraient pu lui apporter une expérience acquise auprès des Juifs et des Anglais.
Des dizaines d’années plus tard, les pétrodollars des Princes et des Émirs n’ont pas permis de faire sortir de la misère tous les palestiniens qui vivent encore dans des camps, sous des tentes, et dont on refuse l’intégration. Tous ces pays féodaux ont des espaces dix fois plus grands que la France mais ils n’ont rien fait pour aider leurs frères exilés dont la seule existence consistait à figurer au palmarès de la cruauté de l’État juif. Mais c’était sans compter sur l’inhumanité des dirigeants arabes qui privilégient le souvenir des défaites et la nécessité d’une revanche sur les Juifs plutôt que de s’ouvrir sur l’avenir en faisant preuve de solidarité.

L’histoire bégaye
Réfugiés à la frontière turque

Mais l’histoire bégaye. À l’heure où les palestiniens cherchent à fuir la Syrie pour se réfugier en Jordanie, aucun pays arabe n’a fait le geste pour accueillir chez lui quelques «frères arabes».  Et pourtant, ni l’espace et ni l’argent ne leur manquent pour intégrer quelques dizaines de palestiniens à la recherche d’un lieu sécurisé. Avec la Syrie, le problème des réfugiés se réactualise car on ne leur a pas permis de s’intégrer alors qu’ils avaient les moyens intellectuels pour réussir. La Jordanie leur ferme ses portes.
Les pays les plus riches ont accueilli sur leur sol que 1,7% des réfugiés syriens. Sur les millions de personnes déracinées par le conflit en Syrie, les pays riches n’ont pris en charge qu’un nombre «pitoyable» de réfugiés, faisant supporter le fardeau aux pays voisins sous-équipés, selon Amnesty International. Environ 3,8 millions de réfugiés en provenance de Syrie sont hébergés dans les cinq principaux pays de la région : la Turquie, le Liban, la Jordanie, l’Irak et l’Égypte. Les pays du Golfe, la Russie et la Chine, toujours prêts à condamner Israël pour leurs comportement vis-à-vis des Palestiniens, n’ont même offert une place de réinstallation.
Bien sûr aucune promesse de réinstallation dans les pays du Golfe n’a été lancée alors que les liens linguistiques et religieux auraient dû être un argument de poids pour recevoir les réfugiés arabes. L’absence de volonté de partager le fardeau des réfugiés entre plusieurs pays arabes ou musulmans est flagrante. Au mieux les potentats arabes soulagent leur conscience en envoyant de l’argent pour aider sélectivement quelques réfugiés, ceux qu’ils pourraient ensuite utiliser pour leurs conquêtes idéologiques. Les réfugiés syriens sont évalués à 7 millions, très loin des 700.000 de Palestine, et par leur nombre ils risquent de subir le même sort de ceux qui ont été considérés comme un point de fixation pour critiquer Israël.   
Réfugiés au Liban

L’Union européenne a dégagé cette semaine 180 millions d’Euros pour aider le Liban et la Jordanie à faire face à l’afflux massif de réfugiés en provenance de Syrie. La population du Liban a augmenté de près de 25% depuis le début de la guerre en Syrie en 2011. Avec plus de 1,5 millions de réfugiés syriens abrités dans un pays qui compte une population de 4 millions, on trouve la plus forte concentration par habitant de réfugiés dans le monde. Mais on vient d’apprendre que l'ONU suspend son aide alimentaire à 1,7 million de réfugiés syriens qui doivent lutter pour survivre à l'hiver. Le programme alimentaire mondial (PAM) suspend son aide car il n’a plus les moyens de distribuer des bons alimentaires à ces réfugiés qui sont près de 2 millions à dépendre de ces bons pour se nourrir.
Depuis que le conflit syrien a éclaté en 2011, l’Union Européenne a fourni environ 1,5 milliard d’euros tandis que les 28 États membres ont fourni séparément environ 1,4 milliards d’euros. Les monarchies pétrolières sont aux abonnés absents alors qu’ils restent insensibles au fait que les réfugiés syriens sont confrontés à des tensions croissantes auprès des communautés d’accueil qui souffrent elles-aussi de ressources locales déjà rares. Au XXIème siècle, le manque de nourriture est en train de causer encore plus de tensions, d’instabilité et d’insécurité dans les pays d’accueil voisins. Mais cela n’a pas l’air d’empêcher de dormir les Émirs arabes qui passent leur temps à racheter les fleurons de l’hôtellerie et de l’industrie française sans porter un simple regard sur leurs frères arabes misérables.


1 commentaire:

Bernard KAYES a dit…

Celà fait partie du plan de la Ligue Arabe de laisser les palestiniens être la vitrine victimaire de la "spoliation Israélienne" aux yeux du Monde.
Le bien être palestinien n'a pas sa place dans ce dessein !