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mardi 30 décembre 2014

JUDAÏQUES FM : RÉCHAUFFEMENT DU FRONT DE GAZA


JUDAÏQUES FM
RÉCHAUFFEMENT DU FRONT DE GAZA

Jacques BENILLOUCHE
au micro de
Olivier ISSEMBERT 

Face à Netiv Haasara

Le Hamas cultive le paradoxe car il adopte deux attitudes. Il ne veut pas s’avouer vaincu et il refuse de désarmer. Malgré la défaite et les destructions qu’il a subies en août 2014, il continue à consacrer son énergie et son argent à reconstruire ses moyens militaires quatre mois après l’opération «bordure de protection». Il s’agit presque d’une maladie sans aucune rémission. On pensait que le Hamas, qui a perdu le soutien de l’Égypte, avait assimilé le sens de la défaite et celui de l’intérêt de sa population. Il n’en est rien et les islamistes continuent à construire de nouvelles positions militaires et des postes de commandement avancés visibles à l’œil nu depuis la frontière avec Gaza.
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 Reconstructions militaires


Au nord de la bande, en face du mochav Netiv Haasara près du Kibboutz Yad Mordechai, on observe des collines artificielles et des rampes de lancement qui menacent les maisons du village. Dans les postes d’observation, les islamistes se relaient toute la journée pour surveiller la frontière et choisir l'instant propice à leur intervention. Les matériels lourds, qui construisent les fortifications et les postes militaires, sont visibles depuis le bord de la frontière. Les islamistes narguent Tsahal avec la volonté de montrer qu’ils n’ont pas peur en laissant flotter les drapeaux du Hamas au-dessus des bâtiments militaires.
 
Bédouins de Tsahal

            Les islamistes sont passés à l’action puisqu’un soldat de Tsahal a été grièvement blessé par des tirs de snipers. Le cycle était immédiatement enclenché, tirs suivis de représailles, les premières depuis l’opération de l’été. Ce soldat appartient au 585ème bataillon d'éclaireurs du désert, une unité essentiellement composée de volontaires issus de la communauté bédouine. La réaction rapide de Tsahal contre Khan Younès a entraîné la mort d’un commandant des brigades Ezzedine Al Kassem, le bras armé du Hamas. Le chef d’État-Major a estimé devoir réagir immédiatement pour stopper toute velléité de reproduire d’autres incidents.

Déception



Ce réchauffement du front sud est la conséquence de  la déception du Hamas qui a cru aux promesses de la reconstruction de Gaza. Il avait claironné avoir brisé le blocus et donc promis le bonheur aux habitants de Gaza. Or les marchandises non alimentaires ne peuvent pas circuler librement et l’Égypte a détruit les quelques tunnels de contrebande qui fonctionnaient encore. La réalité est différente de celle du scénario optimiste du Hamas.
Les donateurs internationaux avaient  promis 5,4 milliards de dollars pour reconstruire Gaza or, selon l’ONU, à peine 2% des sommes ont été transférées. La conférence du Caire a donc fait illusion. Le Qatar avait promis 1 milliard de dollars, l’Arabie 500 millions, les États-Unis et l’Union européenne 780 millions. La moitié de cette assistance financière devait servir à reconstruire les logements et les infrastructures et l’autre moitié à renflouer le budget palestinien. Les bailleurs de fonds, comme par le passé, n’ont pas respecté leurs engagements alors que Ismaël Haniyeh et Mahmoud Abbas poursuivent leur lutte pour le pouvoir à Gaza en ignorant totalement la réconciliation palestinienne.


Dans ces conditions la population de Gaza, qui ne voit rien venir, s’agite parce que les conditions de vie ne s’améliorent pas comme prévu. Malgré le mauvais temps, les tentes n’ont pas été remplacées par des logements en dur ou au moins par des caravanes. Cette situation est le symbole de l’effondrement d’une réconciliation illusoire.

Israël conciliant

Camions à travers les points de passage de Gaza

Dans cette affaire, Israël a été le plus conciliant en ne voulant pas aggraver la situation. Il a permis les transferts de fonds pour le paiement des salaires, il a assoupli les conditions de livraison des matériels de construction et autorisé l’exportation de cultures et de poissons. En effet, Israël ne tire aucun profit de l’aggravation de la situation de la population mais il est toujours accusé d’être responsable de la situation à Gaza alors que seuls les points de passage israéliens sont ouverts pour laisser passer des centaines de camions par jour. Et pendant ce temps les dirigeants de Gaza et de Cisjordanie se gavent de l’argent qui leur est offert.

Il n’est donc pas étonnant que le Hamas cherche d'abord à détourner l’attention de sa population sur la situation qu’elle subit. En télécommandant quelques tirs de roquettes, il tente ensuite d’alerter l’opinion internationale en la menaçant d’un suicide militaire si elle n’intervient pas pour débloquer les fonds. Le Hamas n’est pas prêt à supporter une autre guerre. Il n’a ni les moyens humains et ni militaires mais il peut lancer ses miliciens extrémistes à l’assaut d’Israël si c’était le seul moyen de se faire entendre.
D’ailleurs s’il a suscité l'incident,  le Hamas ne le revendique pas comme il a coutume de s’en glorifier. Il nie avoir placé un sniper qui a effectué l’attaque du 24 décembre contre les soldats de Tsahal. Des responsables de la sécurité à Gaza affirment que le Hamas a donné l’ordre à ses troupes de se redéployer le long de la frontière avec Gaza afin d’éviter l’infiltration de jeunes gazaouis en Israël.  Ce phénomène est devenu quasi quotidien depuis la fin de l’opération «Bordure de protection». Des indiscrétions font même état de l’intervention d’un intermédiaire auprès d'Israël pour «faire comprendre que le tireur n’était pas l’un des leurs et qu’ils avaient ouvert une enquête». 
Cependant Israël ne veut prendre aucun risque. Tsahal a décidé de déployer deux batteries anti-missiles «Dôme de fer» vers le sud en cas de nouveaux tirs de roquettes sur Israël, l’une près de Nétivot et l'autre près de Beer-Shev’a. Le Hamas de son côté veut faire comprendre que la balle est dans le camp des donateurs. 

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