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mercredi 24 décembre 2014

KOL-ISRAËL : LE QATAR RENOUE AVEC L’EGYPTE



KOL-ISRAËL : LE QATAR RENOUE AVEC L’EGYPTE

Jacques BENILLOUCHE
Au micro de
Marc TOBIAS


Face au danger représenté par Daesh, le Qatar est rentré dans le rang saoudien. Après plus d’un an de rivalités avec l’Arabie saoudite et les États du Golfe, suite aux révolutions arabes, le Qatar semble avoir mis de l’eau dans son vin, ou plutôt dans son eau de fleur d’oranger. L’Arabie saoudite est sortie gagnante du bras de fer avec son concurrent, après avoir pris la tête d’une croisade contre Daesh. Il faut bien souligner que les Américains sont les instigateurs de ces nouvelles retrouvailles.
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Les Saoudiens avaient exigé du Qatar qu’il cesse de s’ingérer dans les affaires intérieures des pays frères et qu’il appuie la politique prônée par l’ensemble des pays arabes. Le Qatar avait en effet soutenu, à coup de millions de dollars, la révolution égyptienne qui avait vu les Frères musulmans arriver au pouvoir ainsi que, par idéologie, le Hamas à Gaza.
Cette stratégie du Qatar purement personnelle n’avait pas eu l’aval de l’ensemble du monde arabe et avait entraîné l’isolement du Qatar mis à l’index par l’Arabie, le Koweït, le Bahreïn, les Émirats arabes et Oman. Leurs ambassadeurs à Doha avaient été rappelés dans leurs pays respectifs. Le Qatar avait même été écarté du CCG (Conseil de coopération du Golfe), l’organisation de défense régionale regroupant six pétromonarchies arabes et musulmanes du golfe Persique.
Ainsi l’Arabie saoudite n’avait pas apprécié son refus de reconnaître le pouvoir en Égypte d’al-Sissi, et considérait cela comme un casus belli. Mais c’est pratiquement du passé puisque le président égyptien Al-Sissi a rencontré un haut émissaire qatari le 20 décembre au Caire dans le cadre de la réconciliation.

Réintégration

            La réintégration du Qatar au sein des pays du Golfe rejoint deux stratégies des Américains. Ils ont fait pression pour que les pays arabes soient unis dans le même combat pour l’ennemi commun Daesh et donc ils avaient intérêt à ce que les liens soient renoués avec le Caire et Riyad car un front commun est indispensable pour l’éradication des djihadistes et pour la résolution des questions syrienne et palestinienne. En fait les Américains tentent de s’opposer à Daesh grâce à une réconciliation du monde arabe, uni à nouveau sous l’égide de l’Arabie, avec l’ambition de trouver un terrain d’entente avec la Syrie.
Mais les Américains poursuivaient un autre objectif. Les pays arabes s'inquiétaient du rapprochement enclenché entre l’Iran et le Qatar avec pour conséquence le soutien aux rebelles syriens islamistes qui combattaient les opposants soutenus par l’Arabie. En recréant le front uni des pays arabes du Golfe, il s’agissait de remettre sur le tapis la menace arabe contre l’Iran qui a toujours été la bête noire des pays arabes sunnites et du Qatar en particulier.
La question du nucléaire iranien pourrait rebondir en permettant de trouver un terrain d’entente face à un front uni arabe. Cette crainte de hordes djihadistes qui envahissent les terres vassales de l’Iran pourrait ramener à de meilleures intentions les mollahs sur le problème du nucléaire iranien. Daesh est en train de recomposer le monde arabe et de forcer l’Iran à négocier sérieusement avec les Occidentaux. C’est en tout cas la stratégie espérée des Américains qui n’ont connu, jusqu’à présent, que des échecs au Moyen-Orient.

Hamas

Par ailleurs les bonnes relations entre le Qatar et Israël pourraient favoriser un accord avec le Hamas et l’ensemble des clans palestiniens. Le Qatar a le paradoxe d’être le seul État du Golfe à entretenir des relations diplomatiques avec Israël tout en ne faisant pas mystère de son soutien au Hamas. Il n’avait pas hésité à donner asile à son chef du bureau politique, Khaled Mechaal.
            En renouant avec le Qatar l’Égypte attend que Doha accepte de financer une économie égyptienne exsangue qui ploie sous les dettes. Le président Al-Sissi voudrait bien recevoir les milliards de dollars qui étaient déversés du temps du président Morsi.           
Les questions les plus importantes sont en suspens : le soutien aux rebelles en Syrie et les liens du Qatar avec le Hamas à Gaza. Al-Sissi aurait posé comme condition de la reprise des relations avec le Qatar que Khaled Mechaal, le chef du bureau politique du Hamas quitte Doha. Il aurait aussi demandé que l’aide financière au gouvernement du Hamas soit réorientée vers l’Autorité palestinienne pour la consolider en payant elle-même les salaires des fonctionnaires de Gaza et pour marquer sa prise du pouvoir effective  à Gaza.

L'éviction de l'ex-président Mohammed Morsi en Égypte a accéléré l'évolution des liens Iran-Hamas. Le chef de la «commission Palestine» au sein du parlement iranien, a précisé que l’Iran était prêt à armer tous les Palestiniens et pas seulement ceux de Gaza. Le Hamas a joué la carte de l'amélioration des relations entre le Qatar et l'Iran parce que c’est un facteur clé dans le réchauffement des liens entre le Hamas et Téhéran. Mais la reprise des relations entre l’Égypte et le Qatar remet en cause ce réchauffement et le Hamas est donc amené à faire profil bas.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Depuis que j'ai été nommé par le Quai pour suivre la situation au Moyen-Orient, je n'ai plus de problèmes pour trouver de quoi étoffer mes rapports quotidiens. Merci pour ce suivi que vous assurez bénévolement.