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vendredi 5 décembre 2014

LES KNESSET ONT LA VIE COURTE Par Gérard AKOUN



LES KNESSET ONT LA VIE COURTE

Par Gérard AKOUN
Judaïques FM


Les Israéliens doivent, normalement, renouveler  leur parlement, la Knesset, tous les quatre ans mais il est rare que la Knesset arrive à son terme. Celle dont Benyamin Netanyahou vient de provoquer la dissolution, n’aura pas duré deux ans. Les dernières élections ont eu lieu en janvier 2013, elles avaient permis l’entrée à la Knesset de nouveaux députés, dont beaucoup étaient issus de la société civile et dont c’était le premier mandat. Benyamin Netanyahou avait pris la tête d’une coalition, largement majoritaire, qui comprenait  68 députés sur 120, dont 43 situés à la droite et à l’extrême droite de l’échiquier politique et 25 au centre.


Coalition sans religieux


Cette coalition avait pu être constituée  sans la participation de partis religieux orthodoxes, une première en Israël. On pouvait penser qu’en leur absence, ce nouveau gouvernement aurait les coudées franches, pour s’atteler aux réformes sociétales, économiques  et politiques que les forces vives du pays attendaient.
Certaines réformes ont vu le jour, comme celle du service militaire pour les jeunes religieux, mais cette alliance de circonstance dictée par le système électoral, la  proportionnelle intégrale, ne pouvait résister au choc des ambitions personnelles et des divergences politiques. Yair Lapid et Naftali Bennett, que tout sépare idéologiquement, ont pensé que Benyamin Netanyahou était suffisamment affaibli, après la séparation entre Israël  Beteinou et le Likoud, pour que sa succession soit à l’ordre du jour. Yair Lapid avec 19 députés contre 18 pour le Likoud, devenait le premier parti de la coalition, mais n’ayant pas réussi à s’affirmer au sein du gouvernement comme le  représentant, qu’il se voulait,  des classes moyennes, il ne représentait pas pour Benyamin Netanyahou un véritable concurrent.

Naftali Bennett, par contre, a tenté de doubler le premier ministre sur sa droite, de le repousser au centre, en s’appuyant sur les habitants ultranationalistes des implantations. Benyamin Netanyahou a repris la main en durcissant son discours sur le plan sécuritaire et identitaire. Il a présenté au vote le projet de loi consistant à définir Israël comme un État juif et non plus comme l’affirmait la définition initiale «un État juif et démocratique» consacrant ainsi l’inégalité des droits entre les  Juifs et les Arabes et les autres minorités habitant Israël.

Putschistes


Tsipi Livni comme Yair Lapid ne pouvaient accepter cette définition antidémocratique de l’État d’Israël, la rupture de la coalition voulue par Benyamin Netanyahou était inévitable. Le premier ministre a traité  Tsipi Livni et Yair Lapid de «putschistes» et les a limogés de leurs postes pour provoquer des élections anticipées. Dans les milieux bien informés, nul n’ignore que Benyamin Netanyahou a, déjà, jeté les bases d’une nouvelle coalition avec Naftali Bennett et les partis religieux orthodoxes.
Des élections vont donc avoir lieu, très probablement, dans la deuxième quinzaine de mars. Si le vote avait lieu aujourd’hui, le Likoud et la droite extrême  remporteraient les élections sans coup férir. Leur affaiblissement ou même leur défaite dépendront des alliances au sein de l’opposition et des thèmes de campagne qu’elle développera pour obtenir le soutien de tous ceux, en particulier les jeunes, qui se réfugient dans l’abstention. Se prononcera-t-elle pour la séparation, contre l’État binational ? Chiffrera-t-elle le coût des dépenses consacrées aux implantations, ces sommes gaspillées en pure perte alors qu’elles pourraient être utiles, pour diminuer la pauvreté, pour aider les jeunes à s’installer, pour diminuer des inégalités criantes ?

Tous les partis feront campagne sur le thème de la sécurité, nécessaire, bien sûr, qui ne dépend pas seulement d’Israël, mais il faudrait aussi prendre en compte le fait qu’un certain nombre d’Israéliens ne supportent  plus de vivre encore et encore dans un stress permanent et choisissent, plus ou moins discrètement, de trouver la sécurité ailleurs.


1 commentaire:

Marianne ARNAUD a dit…

Quelles que soient les raisons qui poussent Benjamin Netanyahou à provoquer une dissolution de la Knesset, cela restera à son honneur, je crois, de revenir devant le peuple israélien, après ce véritable traumatisme - que j'aurais bien du mal à qualifier de "torpeur" - qu'a été la guerre de Gaza.