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lundi 4 mars 2019

L'issue politique est incertaine en Israël



L’ISSUE POLITIQUE EST INCERTAINE EN ISRAËL

Par Jacques BENILLOUCHE
Copyright ©  Temps et Contretemps
            

          On ne peut pas dire que la décision du Procureur de l'Etat, Avichai Mandelblit, ait beaucoup influencé la vie politique en Israël. Il n’y a eu pas de rupture brutale ni d’effondrement dans le vote pour le Likoud. Le seul frémissement à la rigueur pourrait être la perte de majorité de la coalition actuelle qui passe de 61 députés à 59, mais deux voix peuvent se rattraper. Cela a cependant une incidence fondamentale sur la constitution d’un nouveau gouvernement car si Benny Gantz arrive en tête, il pourrait décider de former un gouvernement minoritaire tandis que l’opposition n’aura pas les voix suffisantes pour faire voter une motion de censure. Les partis arabes ne mêleront jamais leurs voix à ceux de la droite.  


Sur les casseroles: Corruption, détournement, pot de vin, incitation à la haine, etc…
Sur le tableau: Mandelblit (le procureur de l’état) est d’extrême gauche!

          La liste bleu et blanc est loin de susciter un raz de marée qui confirmerait sa victoire décisive. L'écart de sièges n'est pas significatif compte tenu des marges d'erreur des sondages. C’est pourquoi se développe depuis quelques temps la notion de «vote utile» pour pousser les électeurs à bouder les petites listes afin de favoriser leur champion à la première place. C’est ainsi que Moshé Feiglin de Zehut, Orly Levy-Abecassis de Gesher, Avigdor Lieberman de Israël Beitenou  et même Moshé Kahlon de Koulanou risquent de faire les frais en ne dépassant pas le seuil de 3,25% des voix. On se dirige en fait vers une bipolarisation de deux blocs, la droite et l’extrême-droite contre le centre allié à la gauche. Ce que les législateurs n'ont pas voulu faire en modifiant le système électoral, les électeurs vont le décider. Il reste plus d’un mois aux listes pour convaincre.
            On ne voit pas encore les programmes politiques et le combat devient un combat de personnes et non idéologique. Dans cette bataille, Benjamin Netanyahou a des réserves de voix à droite et chez les religieux qui lui permettent d’espérer tandis que Gantz ne peut pas trop compter sur les Travaillistes en pleine phase de décomposition car une bonne partie de leurs électeurs lorgnent à l’heure actuelle au Centre.  Ils paient ainsi l’erreur de casting  qui a placé Avi Gabbay à leur tête.
            Depuis sa mise en accusation, les partenaires de Netanyahou font bloc derrière lui mais jusqu’à une certaine limite. Si le premier ministre arrive à inverser les sondages alors il n’aura aucun mal à constituer une majorité pour un nouveau mandat. S’il arrive en seconde position, tous ceux qui piaffent d’impatience dans son parti ne lui pardonneront pas l’échec et ce sera la curée car le moral des militants à l’heure actuelle est très bas. Certains espèrent même se replacer dans la nouvelle coalition minoritaire.
Guideon Saar

            Benny Gantz commencera son mandat avec une coalition minoritaire et l'indulgence des partis arabes, le temps d’aiguiser les appétits ministériels de ceux qui ne peuvent attendre quatre ans sur les rangs de l’opposition. La loi ne permet pas la scission au sein d’un groupe sauf si un tiers des députés, 8 à 10, quittaient en bloc le Likoud pour une nouvelle entité à l’image de ce qu’avait fait Ariel Sharon avec Kadima.  Gantz pourrait faire appel à un groupe de frondeurs menés par Gideon Saar qui ont décidé, en leur for intérieur, d’en finir définitivement avec le «père».
Netanyahou a senti le danger alors qu’il n’avait jamais tenu compte des députés de son groupe. Il a décidé de les rencontrer pour les motiver dans une phase actuelle déprimante et pour convenir d’une stratégie de campagne à quatre semaines de l’échéance. Jusqu’alors ils étaient condamnés à suivre le mouvement du leader sans broncher.
            Certains de ses partenaires sont formels. Les Orthodoxes religieux et l'extrême-droite sont prêts à le suivre sans rechigner. De lui dépend le remplissage des caisses des écoles talmudiques. D’autres sont plus circonspects. Avigdor Lieberman, en difficulté, n’est plus aussi affirmatif. Il pouvait retirer son soutien à un premier ministre inculpé qui lui a fait d’ailleurs des misères en lui enlevant le ministère de la défense. Mais il s’est ravisé au vu de ses sondages : «Netanyahou a le même droit à la présomption d'innocence que tout autre citoyen du pays». Reculade stratégique pour remonter dans les sondages. Marche arrière certes mais il ne s’interdit pas de rejoindre les généraux, le cas échéant.


Netanyahou et les kahanistes

Moshé Kahlon, qui était ferme il y a quelques semaines en affirmant qu’il ne se joindrait pas à un dirigeant inculpé, reprend son raisonnement parce que les sondages lui sont défavorables au point que sa liste est pratiquement éliminée. Mais pour ne pas insulter l’avenir, son message est ambiguë car il n’a pas critiqué une seule fois Benny Gantz.
Pour l’instant la situation est totalement incertaine et rien n’est joué d’autant plus que ceux qui ont rejoint Gantz sont inquiets de l’absence de programme politique clair, en particulier sur les problèmes sécuritaires et économiques du pays. Il ne peut pas uniquement surfer sur la vague des sondages. Il faut s'appeler Macron pour ne rien dire de son programme et pour attendre le deuxième tour pour donner quelques brides de propositions.  
C’est pourquoi rien n’est acquis et déçus sont ceux qui ont attendu en vain le coup de tonnerre de l’inculpation pour croire à l'effondrement du Likoud.  La liste Bleu et Blanc ne peut pas uniquement compter sur Avichai Mandelblit pour gagner les élections.          

1 commentaire:

Unknown a dit…

Bonne analyse de la situation a ce jour
Je n'ai pas bien compris le commentaire sur Macron d'autant que rien ne permet de comparer ni les formations ni les leaders et de plus
Macron avait parfaitement developpé son programme