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mercredi 27 mars 2019

Européennes, du bon usage du RN par Maxime TANDONNET



EUROPÉENNES, DU «BON» USAGE DU RN (EX-FN)

Par Maxime TANDONNET



«Faire un score supérieur à celui du Rassemblement national aux élections européennes» : tel est l’objectif premier que se fixe Nathalie Loiseau, qui doit être désignée mardi à la tête de la liste La République en marche-Mouvement démocrate (LaRem-MoDem) pour le scrutin du 26 mai. Mme Loiseau a donc fixé à sa liste, comme première mission, de «battre le RN» aux élections européennes.


Nathalie Loiseau

Elle pointe ainsi une vérité permanente de la vie politique française depuis au moins 30 ans : le RN (ex-FN), comme ultime bouée de sauvetage d’un système politique en cours d’anéantissement.  Se donner comme objectif suprême de battre le RN/FN, même avec (peu importe) un score dérisoire pour un parti présidentiel de 23% (soit 10%) de l’électorat, une abstention record de 60%, permet en effet d’esquiver ou de faire passer au second rang les graves sujets de l’heure, ceux qui font mal : un chômage record de 5 millions de personnes, qui s’aggrave au regard des performances de nos voisins, la pauvreté galopante (8 millions de pauvres), la crise migratoire européenne, les massacres du terrorisme islamiste  en Europe, la situation algérienne, la dette publique de 100% du PIB, le matraquage fiscal record dans le monde occidental, l’absence cruciale, radicale, de toute réforme sérieuse depuis des années dans notre pays, la désintégration politique du continent européen, le naufrage de la politique française dans le grand-guignol narcissique, l’effondrement du niveau scolaire et intellectuel.
Edith Cresson

 Voilà donc à quoi sert le RN/FN. Mais cela n’a rien de nouveau! Quand le parti socialiste même rebaptisé LREM est en plein désarroi, depuis des décennies, il invoque le RN/FN comme épouvantail pour faire oublier les problèmes. Priorité absolue, «faire bloc contre le FN» proclamait déjà Mme Edith Cresson en mai 1992, à la veille d’élections régionales désastreuses. «Il ne reste donc qu’à agiter l’épouvantail Le Pen» commentait à ce sujet Elisabeth Schemla (*). Presque 30 ans plus tard, la politique française en est toujours à agiter l’épouvantail le Pen, cet extraordinaire pilier du régime. Et pendant ce temps, pendant cet effrayant surplace français, le monde bouge et se transforme.  LREM ou RN/FN, comme le monde médiatique et le matraquage sondagier nous somment de choisir?  Seule réponse possible : la bêtise, elle ne passera pas par moi.

(*) Edith Cresson, une femme piégée, Flammarion 1993

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