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vendredi 8 juin 2018

Netanyahou-Macron : pointer les désaccords


NETANYAHOU-MACRON : POINTER LES DÉSACCORDS

Par Jacques BENILLOUCHE
Copyright © Temps et Contretemps

            

          Il n’y avait pas grand-chose à attendre de la rencontre entre Benjamin Netanyahou et Emmanuel Macron sinon pour pointer les désaccords sur l’Iran qui était au cœur des discussions. Le nucléaire iranien et les activités de nuisance de l’Iran au Moyen-Orient représentaient le gros morceau des entretiens bilatéraux.


Accord nucléaire 2015

            L’accord sur le nucléaire iranien n’a jamais été considéré par Macron comme «suffisant et pleinement satisfaisant» mais il a bon espoir de le compléter par des mesures contre les développements balistiques de l’Iran et contre ses activités régionales. Netanyahou était en position de force sur le sujet depuis que Donald Trump a décidé de rompre l’accord signé en 2015.  Le premier ministre est convaincu que l’islam sunnite de Daesh et l’islam chiite sont inspirés par les mêmes fondements radicaux : 
«La plus grande menace qui pèse aujourd'hui sur le monde, est à mon avis le fait que des armes nucléaires soient en possession d'un régime islamique tel que l'Iran. Les archives sur les activités nucléaires que nous avons récemment découvertes prouvent que l'Iran a menti au monde entier sur son programme nucléaire, et je crois qu'il est temps aujourd'hui d'exercer un maximum de pression contre l'Iran pour mettre un terme à son programme nucléaire».


            Pour le premier ministre israélien, l’accord de 2015 est fondé sur le mensonge de l’Iran sur ses capacités nucléaires. Téhéran en a profité pour exploiter les bénéfices économiques afin d’envahir le Moyen-Orient : «Ça a été un gigantesque distributeur de cash et ils ont pris cet argent pour essayer de conquérir le Moyen-Orient. C'est ce qu'ils ont fait au Yémen, en Syrie, au Liban et maintenant à Gaza. Si le but de l'accord était de rendre l'Iran plus modéré alors on a vu le résultat opposé : l'accord a donné de l'argent à l'Iran pour construire l'empire». Il a mis en évidence l’action des milices chiites financées soutenues et armées par l’Iran qui soutiennent le régime de Bachar el-Assad. Pour lui, la reconstruction de la Syrie passe par le départ définitif de l’Iran de la région.
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            Benjamin Netanyahou a été réaliste puisqu’il «n’a pas demandé à la France de se retirer de l'accord qui va se vider de sa substance lui-même». En ce qui concerne le problème palestinien, il estime qu’Israël 
«n'a fait que se défendre face à des émeutes violentes organisées par le Hamas. Ce qu'ils veulent, c'est pénétrer en Israël et capturer des civils ou des militaires juste de l'autre côté de la clôture frontalière. Et ce ne sont pas des civils qui font ça. Les choses ne sont pas ce qu'elles paraissent. Nous avons le droit de nous défendre et nous exerçons ce droit. Nous essayons de le faire sans qu'il y ait de morts, mais nous n'y parvenons pas, car le Hamas veut que ces personnes soient tuées».
            Emmanuel Macron a condamné les actions unilatérales comme celle du transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem mais il estime cependant que la reconnaissance de la Palestine n’est pas d’actualité : «Ce serait vu comme une réaction à un autre acte unilatéral, qui a mes yeux est une erreur, qui est l'acte américain consistant à faire de Jérusalem la capitale. L'expérience des dernières semaines a montré une chose : l'unilatéralisme irrespectueux des positions des autres crée la violence. Au moment qui sera le bon, la France œuvrera pour agir».


            Mais les milieux anti-israéliens ne désarment pas. À quelques pas du Grand-Palais, où a lieu la Saison culturelle France-Israël, des centaines de personnes ont manifesté contre le premier ministre israélien : «On trouve assez lamentable que notre président reçoive des gens qui ont du sang sur les mains. Ce n'est pas lui qui tué les Palestiniens, mais il a cautionné une action qui été engagée par son armée ». 
            Mais il semble bien que la rencontre entre les deux dirigeants entre dans le domaine de la gesticulation diplomatique sans lendemain. Emmanuel Macron veut prouver son leadership en Europe mais obtient peu de résultats tangibles. Il détermine sa politique étrangère en fonction des intérêts propres de la France, de manière libre et indépendante, en dehors de toute pression extérieure. 


          Mais si la France est une grande puissance régionale, elle ne représente qu’une puissance moyenne à l’échelle internationale. En revanche il ne fait aucun doute qu’elle est une grande puissance militaire, disposant de l’arme nucléaire, d’un arsenal militaire moderne à la pointe de la technologie. Elle est une puissance politique en tant que membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU, culturelle à travers son rayonnement, et enfin économique en tant que cinquième puissance en termes de PIB.
            Sa politique gaullienne prône la solution à deux États sur la base de négociations garantissant la sécurité et l'existence d'Israël mais en exigeant de rendre justice au peuple palestinien, sans pour autant reconnaître unilatéralement l’État palestinien. Macron veut positionner la France au premier rang des pays qui défendent le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.  Mais cette stratégie n’a connu aucun résultat tangible.
En rouge l'ambassadrice Aliza Bin-Noun

            Si Emmanuel Macron veut se rapprocher de la «start-up nation», il se sent gêné par l’incarnation d’extrême-droite du gouvernement Netanyahou poursuivant les constructions dans les implantations qui mènent à l’échec du processus de paix. Mais sa politique étrangère est perçue comme déséquilibrée au profit du seul monde arabe. Cette visite n’a pas fait avancer l’état des relations qui stagnent au niveau du minimum protocolaire.

            En revanche on doit se poser la question de la stratégie israélienne en France qui dénote certaines ratées. À l’occasion de la rencontre de Netanyahou avec le ministre Bruno le Maire, l’absence de l’ambassadrice Aliza Bin-Noun a été remarquée comme si elle voulait marquer sa mauvaise humeur par la présence d'un intrus. Mais elle semble avoir laissé sa place à un Français, Meyer Habib, député français à l’Assemblée nationale, installé aux côtés de la délégation israélienne, face aux représentants français. Comme faute de goût, on n’aurait pas pu faire mieux du côté israélien. 

          Cela pose avec acuité la question du rôle politique réel du député Habib, soulevé par ses collègues français, pour savoir s’il était élu de la République ou élu du Likoud. En s'opposant frontalement au ministre Bruno Le Maire et à l'ambassadrice Hélène Le Gal, il pose ouvertement la question de son appartenance à la nation française en tant que représentant élu à l'Assemblée nationale.


2 commentaires:

Marianne ARNAUD a dit…

Cher monsieur Benillouche,

Vue de ma fenêtre - qui, je vous l'accorde, est très étroite - cette tournée des popotes européennes de Netanyahou ne vise qu'à confirmer le soutien d'Israël à Trump qui fait bien des misères à nos industriels installés en Iran.
Mais sur le plan de la politique intérieure, il est toujours payant de montrer des images de notre président recevant un chef d'état étranger à grands coups de tapes dans le dos sur le perron de l'Élysée.

Très cordialement.

denis sabrié a dit…

Shalom,

je ne comprend pas la fin de cet article..Mr. le député Habib fait son travail de parlementaire, il le dit lui-même, il représente 150 000 Français vivant en Israel, donc à mes yeux il n'y a rien d'extraordinaire à cela...par contre le député Jean Glavani est particulièrement agressif envers son collègue, quand on regarde la vidéo, c'est flagrant..
ensuite le plan de table en incombe au Quai d'Orçay et ils se font un malin plaisir de faire de la provocation, ne nous faisons pas leurrer...