Après l’affichage du premier article, le chargement des articles suivants nécessite environ une minute d’attente.

ARTICLES LES PLUS LUS SUR LE SITE DEPUIS JUIN 2010 - LE BEST DU BEST OF - CLIQUER UNE IMAGE POUR LIRE OU ARRÊTER LE DEROULEMENT


 

samedi 30 juin 2018

Les migrants et nous par Gérard AKOUN


                                                            

LES MIGRANTS ET NOUS

Par Gérard AKOUN
Judaïques FM


En juin 1989 alors qu’il était Premier ministre, Michel Rocard déclarait devant l’Assemblée Nationale : «Il y a dans le monde trop de drames, de pauvreté, de famine pour que l’Europe et la France puissent accueillir tous ceux que la misère pousse vers elles» et d’ajouter «il faut résister à cette poussée constante». Près de trente années sont passées depuis que ces phrases ont été prononcées.



 Loin de s’améliorer, la situation n’a fait que s’aggraver ; ce sont des centaines de milliers de personnes qui quittent l’Afrique en particulier, et les zones de guerre, Syrie Irak, Afghanistan… pour demander l’asile politique ou pour essayer de trouver de meilleures conditions de vie. 2015 a été une année record. L’Allemagne a accueilli à elle seule plus d’un million de réfugiés en provenance du Moyen-Orient. De nombreux pays, membres de l’Union européenne ont salué sa générosité mais peu d’entre eux l’ont imitée. Au contraire, les frontières se sont cadenassées.
  Les conditions d’accueil se sont durcies, y compris, pour ceux qui jusqu’à présent, répondaient aux critères exigés pour bénéficier du droit d’asile Mais cela n’arrête pas ceux qui sont prêts à risquer leur vie pour en changer. La voie terrestre leur étant fermée pour rejoindre l’Europe, ils essaient de rejoindre l’Italie après avoir traversé la Libye. Ils utilisent les services de passeurs qui les dépouillent, les brutalisent, les réduisent en quasi esclavage. Ils les jettent ensuite à l’eau sur de frêles embarcations surchargées, incapables de parcourir la distance, elle est courte, qui sépare les côtes libyennes des côtes italiennes. Ces esquifs  seront submergés par les flots et leurs passagers noyés s’ils ne sont pas secourus. La mer Méditerranée est devenue le cimetière de milliers de migrants, hommes, femmes enfants.

Les Européens ferment leurs frontières ; ils veulent durcirent les mesures d’expulsion des migrants déboutés d’asile, ils veulent endiguer le flot de migrants d’autant que ceux-ci, économiques ou politiques, se heurtent à une hostilité croissante des populations qui se manifeste dans les élections de ces dernières années. On a pu ainsi observer une montée des partis populistes et d’extrême-droite en Allemagne, au Royaume Uni, en Suède, au Danemark…. En Autriche, en Italie ils sont au gouvernement, dans lequel ils n’occupent pas des strapontins. En Europe centrale le groupe de Visegrad, quatre pays de l’Union Européenne,   est farouchement opposé aux migrants et refuse, même, de recevoir les ayants droit à l’asile politique. La péninsule ibérique, quant à elle continue à défendre les valeurs sur lesquelles s’est fondée l’Union Européenne. Mais un vent mauvais souffle sur l’Europe.

Un Conseil Européen doit se tenir aujourd’hui et demain à Bruxelles, les vingt-huit chefs d’Etat et de gouvernement devront débattre de la politique migratoire et définir une position commune. Certes le nombre d’arrivants, en provenance de Libye a brutalement chuté depuis l’été dernier. Serait-ce dû au programme de soutien des Européens aux garde-côtes libyens, devenus plus opérationnels, ou comme le bruit court grâce aux sommes importantes que l’Italie a payé aux milices, pour que les passeurs se mettent en vacances. Tous démentent mais on peut comprendre que l’Italie, laissée seule pour gérer, conformément au règlement Dublin-3, les migrants qui débarquaient sur son sol ou qui y étaient déposés par les navires de secours ait trouvé une combinazione pour limiter leur arrivée. Selon ce règlement, le pays dans lequel la demande d’asile a été formulée est celui qui est chargé de son instruction et de la décision finale. Géographiquement ce pays ne pouvait être que l’Italie, à moins qu’elle n’interdise l’entrée de ses ports, ce qu’elle a fait en contrevenant au droit de la mer. Vous comprendrez aisément pourquoi la leçon de morale du Président Macron, qui renvoyait en Italie les migrants qui avaient pénétré en France, a été aussi mal reçue.

Les vingt-huit réunis à Bruxelles vont-ils se mettre d’accord pour créer des centres fermés pour les migrants déboutés du droit d’asile en attendant de les expulser le plus rapidement possible ? Où installer ces centres ? en Europe ou dans des pays africains qui bordent la Méditerranée ?  Les vingt-huit vont-ils revenir à la politique des quotas pour ceux qui sont autorisés à rester et qu’il faudra intégrer aussi le plus rapidement ? Un consensus sera difficile à trouver et à appliquer. 

J’ai commencé cette chronique en vous rappelant les propos tenus par Michel Rocard il y a presque trente ans. Il fallait déjà se protéger d’une immigration incontrôlée, qui provenait, à l’époque en grande partie, d’Afrique du Nord, trouver les moyens de la juguler. Depuis ces années-là, aucune solution n’a été trouvée, les Africains étaient 640 millions en 1990, ils étaient en 2016 1,2 milliard. Peut on s’imaginer qu’il suffira de camps de rétention, de grillages ou de murs, si hauts soient-ils, pour les empêcher de venir en Europe si leur niveau de vie ne s’améliore pas.  Peu de gens immigrent s’ils n’y sont pas obligés pour des raisons politiques ou économiques : chacun souhaite continuer à vivre dans son pays. Il faut que nous comprenions que nous devons aider l’Afrique à se développer pour modifier cette situation. Mais notre aide ne devra pas servir à grossir les comptes en banque de potentats locaux, comme cela a été le cas pendant longtemps, elle devra, réellement, servir au développement de l’Afrique  

2 commentaires:

Marianne ARNAUD a dit…

"L'Europe est dans un processus de décomposition sous nos yeux", nous a informé notre ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, la semaine dernière.
Or ce n'est ni la crise économique et sociale qui sévit dans certains pays européens, ni l'eventualité d'un séisme financier, ni même l'opposition toujours plus affirmée des peuples européens à cette Union européenne qui n'en a que le nom, qui aura mené à cette "décomposition". Il n'y aura suffi que de deux bateaux battant pavillon d'ONG aux financements glauques, obligés de faire des ronds dans l'eau pendant une semaine, avant de pouvoir débarquer leur cargaison de migrants, parce que les Italiens refusaient dorénavant, de servir de "serpillère" à l'UE plus longtemps.
Et voilà que la nouvelle lubie des dirigeants européens serait le développement de l'Afrique. Or cela fait 60 ans qu'on tente de faire progresser l'Afrique qui continue de régresser. En cause essentiellement, la démographie galopante.
Voici ce qu'en dit Bernard Lugan, historien africaniste : "Vu d'outre-Méditerranée, l'Europe continuera longtemps d'être considérée comme une terre à prendre. D'autant plus facilement qu'elle est peuplée de vieillards repus et épuisés, d'hommes s'interrogeant sur leur virilité, de femmes n'enfantant plus et dont les dirigeants sont soumis au diktat permanent de l'émotionnel."

Ingrid Israël-Anderhuber a dit…

A Marianne Arnaud : Ce n'est pas que "les femmes n'enfantent plus", c'est que les femmes n'enfantent que les enfants qu'elles peuvent élever (donc avec mesures contraceptives), compte tenu du fait qu'elles doivent gagner leur vie et celle de leur progéniture, et aussi du fait qu'elles savent que ce n'est pas l'Etat qui va prendre en charge leurs enfants, comme il le fait avec les enfants des migrants, ou issus de l'immigration qui bénéficient, quant à eux, de toutes les attentions des pouvoirs politiques et publics, et des humanitaires de tout bord, et de toutes les aides financières aux familles qui, culturellement, ou religieusement, ne veulent rien savoir des moyens de contraception tels le préservatif et la pilule, qui ne sont pourtant pas dangereux pour la santé...