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vendredi 29 juin 2018

En Iran le ver est dans le fruit, la population manifeste


EN IRAN, LE VER EST DANS LE FRUIT LA POPULATION MANIFESTE
Par Jacques BENILLOUCHE
Copyright ©  Temps et Contretemps
            
Le Bazar manifeste

          Les Iraniens commencent à se rendre compte qu’ils sont les dindons de la farce dans le bras de fer entre Donald Trump et Hassan Rohani. Malgré les dangers qui les guettent et les représailles des Gardiens de la révolution, ils osent affronter la police à Téhéran parce que la politique ne les intéresse plus mais plutôt ce qu’il y a dans leurs assiettes. 
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          De nombreuses vidéos et photos montrent des manifestants mettant le feu aux bennes à ordures. Il semble que les Iraniens anticipent déjà les conséquences des sanctions avant qu’elles ne soient totalement appliquées. Les Iraniens sont descendus dans les rues de Téhéran pour protester contre la détérioration de l'économie du pays et la chute brutale de la monnaie nationale.

Le procureur général de Téhéran, Abbas Jafari-Dolatabadi, a annoncé que «plusieurs manifestants avaient été arrêtés pour des émeutes dans l'ancien grand bazar de la capitale iranienne et qu’ils ne seront pas libérés avant d'être jugés». Des vidéos privées montrent des manifestants face à la police dans les rues de la Capitale. Près du bâtiment du Parlement, la police a dû faire usage de gaz lacrymogènes. Les forces anti-émeute ont brisé les vitrines des magasins fermés et matraqué les motos stationnées. Les stations de métro près du bazar ont été fermées à la suite des manifestations.

Les émeutes se sont étendues à d’autres villes en grève Arak, Chiraz, Tabriz et Kermânchâh. S’il était normal en cette occasion que les manifestants scandent des slogans anti-gouvernementaux dans divers centres commerciaux de la capitale, il était étonnant de les entendre crier «mort à la Palestine» pour signifier qu’ils se désolidarisent de leur cause et qu'il était temps que le régime cesse de s’ingérer dans les affaires régionales et de gaspiller leur argent.

Le président Hassan Rohani est intervenu dans un discours diffusé en direct sur la télévision d'État pour rassurer les citoyens sur la capacité de son gouvernement de gérer la pression économique imposée par les Américains : «Nous nous battons contre les Etats-Unis, ils veulent faire une guerre économique. Ils ne peuvent pas vaincre notre nation, nos ennemis ne sont pas capables de nous forcer à genoux».  Les Iraniens craignent les conséquences économiques de la sortie des Etats-Unis de l’accord nucléaire de 2015.  Les Etats-Unis ont averti les pays du monde entier qu’ils devaient arrêter d'acheter du pétrole iranien avant le 4 novembre sous peine de faire face à une nouvelle série de sanctions économiques américaines.
Mais Rohani use de la méthode Coué pour rassurer la population : «Même dans le pire des cas, je promets que les besoins fondamentaux des Iraniens seront satisfaits. Nous avons assez de sucre, de blé et d'huile de cuisson. Nous avons assez de devises étrangères pour injecter sur le marché». Il persiste à affirmer que les revenus du gouvernement n’ont pas été affectés et que la chute du rial était le résultat d'une «propagande des médias étrangers». 
Ali Larijani

Les Conservateurs en profitent pour critiquer la politique du gouvernement à l’instar du chef du Parlement, Ali Larijani : «Le gouvernement n'a pas fait assez pour faire face aux problèmes économiques». Il a d’ailleurs organisé une session à huis clos avec les députés pour discuter des fluctuations du marché des changes et des manifestations.

La valeur du rial iranien a enregistré une baisse historique et a dévissé littéralement face au dollar américain. En décembre 2015, le taux d'échange était de 30.096 rials pour un dollar. Or il s’est déprécié de 80 % depuis 2015. En mars 2018 il était de 70.000 rials pour un dollar. Aujourd’hui un dollar vaut 90.000 rials soit le double du taux gouvernemental de 42.000 rials. Les Iraniens voient ainsi fondre leurs économies au point que les commerçants préfèrent conserver leurs marchandises plutôt que de les vendre.
A fin décembre 2017, des manifestations économiques similaires avaient tourmenté l'Iran dans plus de 75 villes et villages, faisant au moins 25 morts et près de 5.000 arrestations. Mais les autorités iraniennes ne semblent pas vouloir plier. La Maison blanche exige que l'Iran cesse complètement l'enrichissement d'uranium. Par ailleurs le Secrétaire d’État Mike Pompeo a déclaré que l'Iran devait «cesser de soutenir les groupes armés au Moyen-Orient, le Hezbollah, le Hamas et les Talibans et que Téhéran arrête de protéger les chefs de guerre d'Al-Qaïda».
Mike Pompeo

Israël estime que le retour aux sanctions économiques dures permettra d'assouplir la position de Téhéran qui sera contraint de faire des concessions. Jérusalem compte sur un scénario de troubles intérieurs en Iran conduisant à un changement de régime. Ce scénario pourrait régler selon eux tous les problèmes du Moyen-Orient. Mais les Iraniens ont la peau dure.

1 commentaire:

denis sabrié a dit…

Merci pour ces informations sur l'Iran, faut pas compter sur la presse Française pour nous informer, donc, merci Mr Jacques..et en ce qui concerne l'Iran, y a plus qu'à attendre...les Américains font très bien leur "job"...