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mardi 12 juin 2018

La Terre promise aux Juifs par Alain PIERRET



LA TERRE PROMISE AUX JUIFS : UNE SUPERCHERIE ?

Par Alain PIERRET
Ancien ambassadeur de France




Dans une lettre publiée le 31 mai par La Croix dans son Courrier des lecteurs, «revendiquer une terre parce que Dieu l’aurait attribuée pour l’éternité à un peuple, c’est une pure supercherie. C’est transformer la divinité en agent immobilier, de surcroît adepte du brigandage». Et son auteur d’ajouter : «[…] La terre promise aux spiritualistes […] ne souffre aucune exclusive».




Jérusalem chrétien
Ce sabir péremptoire m’a laissé pantois. Une fois encore, je constate que les Arabo-musulmans auraient davantage de droits sur Jérusalem et l’ensemble de la Palestine que les Juifs, voire les fidèles du Christ. C’est du moins ainsi que j’interprète une autre sentence : «Rendons à César ce qui lui appartient». César serait-il donc à Ramallah, voire à Gaza ?

On ne doit pas confondre la définition de lieu saint avec celle de capitale, d’un lien spirituel avec un siège de souveraineté territoriale. Les Saoudiens n’ont pas choisi La Mecque où naquit Mahomet ou Médine qui le vit achever son parcours terrestre, mais une autre agglomération, Riyad. Alors que Jérusalem a été capitale d’un État juif pendant onze siècles, jamais les Arabes, qui l’occupèrent longuement, n’envisagèrent de lui donner ce statut.

S’agissant de la montée de Jésus à Jérusalem, l’auteur assure que « les textes bibliques en la matière sont symboliques» et affirme que «c’est de la Jérusalem céleste qu’il s’agit». Il rejoint ainsi ce que représente pour les Musulmans la montée de Mahomet au paradis sur sa jument.

Israël, réitère-t-on régulièrement d’autre part, viole le droit international. La lutte armée n’entre apparemment pas dans ce cadre. Les pays arabes ont déclaré trois guerres à l’État juif pour l’éradiquer : dès sa création en 1948 ; en 1967 suite au blocus égyptien, acte de guerre ; enfin en 1973. Résultat, leur défaite a permis à Israël de grignoter Jérusalem, puis de l’annexer. Ils ne la lâcheront pas. Avant même la décision du président américain, la résolution de l’Unesco d’octobre 2016 ignorant le Mont du temple et le Mur des lamentations n’a pu que les conforter dans leur détermination.
Tombeau Patriarches Hébron


Dans leur exigence légitime de vouloir établir un État indépendant et souverain sur les territoires que les pays voisins ont pu leur sauvegarder, les Palestiniens d’aujourd’hui doivent abandonner l’idée d’établir leur propre capitale à Jérusalem. Avec ses 200.000 habitants, la grande ville d’Hébron, qui possède aussi son lieu saint avec le tombeau des Patriarches (Abraham-Ibrahim), pourrait lui être substituée. L’accès aux lieux saints (Jérusalem, Hébron, Nazareth, Bethléem, Naplouse,…) devrait être garanti aux croyants monothéistes.

De son côté, si elle veut que puisse enfin se créer un État palestinien dans des frontières sûres et reconnues comme elle le réclame depuis un demi-siècle, la France devra à son tour se résoudre à abroger ses documents officiels fixant à Tel Aviv la capitale d’Israël. Ce n’est pas dans cette métropole que nos dirigeants rencontrent leurs homologues israéliens, mais toujours à Jérusalem et ce, avec leur ambassadeur qui n’y a pas sa place. Il est vrai, à l’inverse, que le consul général de Jérusalem gère les biens français du village d’Abu Gosh situé en territoire israélien incontesté.
Abou Gosh


Plus la communauté internationale s’obstine dans son déni, plus elle compromet la reconnaissance d’un État palestinien dès lors que, réellement condamnable et proscrite, la colonisation continuera de s’étendre, ce qui, de surcroît, fut-ce sur le seul plan démographique, n’est pas dans l’intérêt d’Israël.

4 commentaires:

janine a dit…

Le chien aboie et la caravane passe

Michelle Mazel a dit…

Hélas, une voix qui crie dans le désert...alors qu'il n'y a pas plus sourds que ceux qui ne veulent pas entendre.

邓大平 עמנואל דובשק Emmanuel Doubchak a dit…

Seuls des salauds dont l'Eglise détient autant de biens immobiliers en Israël peuvent se permettre d'insulter les Juifs comme cela. Si vous saviez seulement la quantité incroyable de terrains que possède l'église en tant que propriétaire foncier rien que dans une ville comme Nazareth, vous pourriez mesurer l'immense hypocrisie de ce petit homme, ce minuscule antisémite.

L'Eglise en donneur de leçon, c'est comme Daesh qui donnerait des cours d'altruisme.

Marianne ARNAUD a dit…

Espérer régler le différend israélo-palestinien en se référant à la Bible est une idée plus que troublante et même carrément dérangeante. Seuls ceux qui ignorent tout du texte biblique pourraient être convaincus par ce dont Louis Sala-Molins écrit : "Cette farce historique étant la plus haute des vérités de foi et le fondement de toutes les autres est devenue vérité historique tout court dans les mondes régis par la croyance aux récits bibliques."
Ainsi c'est dans son Liminaire pour Iehoshoua (Livre de Josué), dans sa traduction de la Bible que André Chouraqui écrit : "L'ensemble du livre est sous-tendu par une idée-force : l'accomplissement dans les faits de la promesse faite aux pères fondateurs. O y trouve de nombreuses paraphrases, et même des citations, de la Genèse et du Deutéronome, qui affirment de façon péremptoire l'appartenance du pays de Canaan au peuple d'Israël. Malgré les nombreux îlots de résistance des autochtones (la terre qui reste, dit le texte en 13,2, et ces nations qui restaient en 23,4), l'accent est mis sur les villes grandes et bonnes qui sont tombées sans coup férir, sur les maisons regorgeant de biens dont les conquérants ont "hérité", sur les puits abondants qu'ils ont pu utiliser sans avoir pris la peine de les creuser, sur les vignes et les oliveraies qu'ils ont exploitées sans les avoir plantées, sur les victoires épiques et le butin impressionnant. L'ivresse de la victoire est sensible à chaque page..."