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jeudi 7 août 2014

LA LÈPRE DJIHADISTE ATTEINT LE LIBAN



LA LÈPRE DJIHADISTE ATTEINT LE LIBAN
Par Jacques BENILLOUCHE
copyright © Temps et Contretemps

Takfiris

Les takfiris sont des extrémistes islamistes adeptes d'une idéologie violente. Le terme takfiri signifie littéralement excommunication. Les takfiris considèrent les musulmans ne partageant pas leur point de vue comme étant des apostats, donc des cibles légitimes pour leurs attaques. Leur idéologie, créée en 1971, exige l'élimination de tous les non-musulmans ainsi que de la majorité des musulmans. Elle s'appuie essentiellement sur la violence pour imposer leur vision de la charia. Contrairement aux autres mouvances de l'islam, ils autorisent et encouragent même les actes contraires à l'islam, dans l'intérêt de la lutte, comme tuer des innocents, violer et détruire des tombeaux.



Investir les pays faibles

Le groupe takfiriste est aujourd’hui une affiliation de l’EIIL (État islamique en Irak et au Levant) qui participe à des combats qui font rage contre les rebelles djihadistes d’Al-Nosra. Le chef d'Al-Qaïda, Aymane al-Zawahiri, avait sommé en févier l'EIIL à limiter son action sur le sol irakien, l'appelant à se retirer de Syrie et désignant Al-Nosra comme étant sa filiale officielle en Syrie. En novembre 2013, Ayman al-Zaouahiri annonce finalement que le Front Al-Nosra est bien la seule branche d'Al-Qaïda en Syrie. Cette reconnaissance aboutira au déclenchement du conflit entre groupes islamistes en Syrie: l'EIIL refuse de voir ses troupes engagées en Syrie rejoindre les rangs d'Al-Nosra et du Front Islamique.
Armée libanaise

Mais les takfiristes, qui s’attaquent toujours aux pays faibles, ont décidé d’investir le Liban et de violents combats avec l’armée libanaise ont eu lieu dans la région de Ersal, à la frontière avec la Syrie.  Seize militaires libanais, dont deux officiers, ont été tués ainsi qu’au moins une cinquantaine d'hommes armés et plusieurs civils. L’armée a été contrainte d’arrêter le chef islamiste Imad Ahmad Jomaa, syrien qui a sa propre brigade, Liwa' fajr al-Islam et quia fait récemment allégeance à l'ÉIIL. 
Imad Ahmad Jomaa

Selon le commandant en chef de l'armée, le général Jean Kahwagi : «L’incursion terroriste des islamistes n'est ni fortuite ni spontanée, mais préméditée et depuis longtemps, semble-t-il, dans l'attente du bon timing».
Général Jean Kahwagi

L’école technique d’Ersal, proche de la caserne 83, a été la cible des djihadistes qui ont empêché les habitants à quitter la localité en liquidant ceux qui avaient refusé d’obtempérer. Des familles entières ont été assassinées. Les témoins racontent l’intensité des combats entre l'armée et les djihadistes de l'EIIL et du Front al-Nosra qui se sont emparés du village frontalier d’Ersal. Le ballet des ambulances de la Défense civile et de la Croix-Rouge libanaise (CRL) est pratiquement incessant. La population civile est tétanisée. Les dernières familles à avoir voulu quitter le village ont été massacrées. Les djihadistes veulent empêcher les habitants de quitter le village à tout prix afin de les utiliser comme des boucliers humains. À peine 10% de la population a pu s’exiler vers la plaine de Bekaa.
La faute à Israël


Des milliers de réfugiés syriens avaient trouvé refuge à Ersal, depuis l'éclatement du conflit syrien en mars 2011.  La mauvaise foi du gouvernement libanais est à nouveau de mise puisque le ministre des affaires étrangères, Gebran Bassil, incrimine Israël dans ces attaques : «Nous sommes coincés entre Israël et Daech, ils se font face en théorie et se retrouvent dans la pratique et le Liban coupera un tel lien. Le combat à Gaza est le même qu'à Mossoul et Ersal. Tuer au nom de la religion n'est en aucun cas justifié.»
Les dirigeants libanais ne sont pas unanimes à condamner ces attaques contre l’armée car certains y trouvent un intérêt dans la consolidation implicite du Hezbollah libanais. En effet, Ersal est le lieu de passage le plus approprié pour accéder aux localités chiites environnantes. L'intervention du général Jean Kahwagi, qui ne se manifeste pratiquement jamais publiquement, illustre la gravité de la situation. Il a exigé un contrôle plus strict sur les camps de réfugiés syriens répandus sur l’ensemble du territoire libanais et qui comportent de nombreux soutiens aux forces islamistes. La ville compte 35.000 habitants mais regroupe 120.000 réfugiés avec un potentiel de 30 000 combattants.
Réfugiés à Ersal

            Selon le commandant en chef de l’armée, les soldats ont dû affronter «quelque 7.000 islamistes bien entraînés, armés jusqu'aux dents et prêts à tout». Le Liban se trouve impliqué dans un conflit avec des moyens militaires limités. Toutes ces nébuleuses djihadistes tentent par tous les moyens de prendre le contrôle de la frontière avec la Syrie pour pouvoir accéder aux localités chiites environnantes, car l'objectif ultime est la bataille sunno-chiite et la reddition par le sang, exigée du Hezbollah qui se contente pour l’instant d'une simple dénonciation verbale. Il veut éviter de tomber dans le piège vers lequel les djihadistes cherchent à l'entraîner et sa contribution militaire n’était pas envisagée par l’armée. Dans le village, plusieurs dirigeants souhaiteraient que le Hezbollah aide l'armée à trancher la lutte plus rapidement car ils ont des moyens impressionnants mais ils veulent éviter que le conflit ne se transforme en conflit confessionnel. Les hommes de la milice sont pourtant nombreux à parader dans le village, en tenue militaire, à quelques pas des combats mais ils se bornent à observer.

Souveraineté du Liban
Armée libanaise

Le commandement de l'armée insiste sur l’objectif de son combat : la protection de la souveraineté libanaise et le refus de voir la guerre syrienne transposée au Liban. Mais l’armée ne dispose pas de moyens militaires et de combattants aguerris. Les milices djihadistes, avec leurs mercenaires étrangers, ont pratiquement pris possession du village d’Ersal laissant l’armée contrôler ses abords.
Le Liban, qui se trouve en communauté d’intérêt avec Israël, refuse cependant toute alliance avec l’État Juif, pourtant son allié naturel, alors que sa population chrétienne est forcée d’émigrer vers des terres plus pacifiques. Il aurait ainsi pu rejoindre l’alliance de fait qui s’est constituée entre la Jordanie, l’Arabie saoudite et l’Égypte qui ont compris qu’ils avaient dorénavant à mener un combat contre l’ennemi commun, le djihadisme international. Ils voient s’approcher le terrorisme à leur frontière et ne comptent que sur Israël pour freiner une expansion qui met en danger leur pays.
Le réveil risque d’être difficile à moins que le gouvernement libanais ne préfère confier son avenir entre des mains sanguinaires. Encore faut-il que l’on comprenne les finalités de ces luttes intestines entre mouvances islamiques qui pour l’instant se retrouvent dans la violence, le meurtre et la terreur. Pour les djihadistes, l’objectif de l’offensive à Ersal est de s’implanter au Liban avec la volonté de se rapprocher des frontières israéliennes.



4 commentaires:

Albert GUENOUN a dit…

Le mot lèpre est un peu faible vu ce qui est décrit dans l'article c'est plutôt la terreur don't il faut parler !!! c'est très inquiétant

Marianne ARNAUD a dit…

Cher monsieur Benillouche,

J'ai peur que votre article n'arrive trop tôt. Pour l'instant la communauté internationale est obnubilée par la situation à Gaza.
Notre ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, n'a-t-il pas hier encore, sonné le clairon sur "le carnage de Gaza" ?

Alors patience, chaque chose en son temps !

Très cordialement.

GHERAB Abdellah a dit…

Mais pour attaquer le mal à ses racines il devient de toute nécessite d'apostropher qui équipent dotent ces hordes de tout bord ,et ces pays sont connus c'est l’Arabie saoudite ,le Koweït le Qatar

Charles COHEN a dit…

Comme à leur habitude les arabes nous montrent leur niveau d'éducation, de politesse et d'honneur, à l'image de l'islam cette secte qui prône l'amour et la tolérance mais qui en réalité tue des centaines de milliers d'hommes de femmes et d'enfants chaque année dans le monde.