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dimanche 31 août 2014

LES NÉBULEUSES ISLAMISTES



LES NÉBULEUSES ISLAMISTES

Par Jacques BENILLOUCHE

copyright © Temps et Contretemps

            

          Il est difficile de s’y retrouver dans toutes ces organisations islamistes qui se soutiennent parfois mais qui se combattent souvent. Le clivage chiite-sunnite mine leurs relations, démontrant que la religion de l’islam n’est pas un ciment capable de réunir au-delà des dogmes mais une source de conflits. L’homme est ainsi fait que les rivalités dépassent toujours l’idéologie qui n’est qu’un alibi pour justifier certaines méthodes coercitives, pour ne pas dire sanglantes.



Deux courants de l’islam

La scission des deux courants de l’islam remonte à la mort du prophète Mahomet, en 632, lorsque la question de son successeur le plus légitime a été posée. Ceux qui deviendront les Chiites désignèrent Ali, gendre et fils spirituel de Mahomet, au nom des liens du sang. Les futurs Sunnites lui préférèrent Abou Bakr, homme ordinaire, compagnon de route de Mahomet, au nom du retour aux traditions tribales. Une majorité de musulmans ont alors soutenu Abou Bakr, qui devint le premier calife. 
Les sunnites représentent aujourd’hui environ 85 % des musulmans du monde. Les seuls pays à majorité chiite sont l’Iran, l’Irak, l’Azerbaïdjan et Bahreïn, mais d’importantes minorités existent au Pakistan, en Inde, au Yémen, en Afghanistan, en Arabie saoudite et au Liban. Cependant des différences idéologiques existent entre les deux courants.
Coran

Les Chiites reconnaissent 12 imams, réputés infaillibles dans l’interprétation du Coran. Parmi ces 12 imams se trouvent les deux fils d’Ali. Pour les Chiites, le Coran est une œuvre humaine, alors que pour les Sunnites le Coran est une œuvre divine.
Hassen CHALGOUMI  Imam de Drancy

Pour les Sunnites l’imam fait office de guide entre le croyant et Allah pour la prière, nommé par ses adeptes et disposant d'un caractère divin. Au-delà du Coran, ils sont également fidèles à la «sunna», les faits et gestes de Mahomet, à travers laquelle ils tentent d'imiter le Prophète. Ils estiment que l'Histoire est prédéterminée, alors que les Chiites accordent plus d'importance à la liberté individuelle.
Les Chiites considèrent l’imam, descendant de la famille de Mahomet, comme un guide indispensable de la communauté, tirant directement son autorité de Dieu. C’est pourquoi leur clergé est très structuré et hiérarchisé. Alors que les Sunnites acceptent que l’autorité politique et religieuse soit fondue dans une même personne, comme au Maroc où le roi détient les deux pouvoirs, chez les Chiites le pouvoir politique doit compter avec le pouvoir distinct, des autorités religieuses ce qui est le cas en Iran avec les ayatollahs.
Ayatollah Ali Khamenei

Pendant longtemps les deux courants cohabitaient, sinon en paix mais dans l’ignorance, ou le mépris, l’un de l’autre. Mais depuis la révolution iranienne de 1979, les dirigeants chiites ont accusé les sunnites d’être vendus au «Grand Satan» américain et ont été à l’initiative d’un «croissant chiite», rassemblant l’Iran, le Liban, le Pakistan, l’Irak, la Syrie et une partie du Liban. La rupture est consommée et elle atteindra son paroxysme avec les différentes révolutions arabes qui ont engendré de multiples organisations concurrentes.
Il est difficile de se retrouver dans cette nébuleuse islamique d’organisations qui se réclament de l’une ou l’autre clan de l’islam.

Les Frères musulmans



L’association des Frères musulmans (al-Ikhwan al-muslimin), est l’organisation panislamiste sunnite la plus ancienne et la plus connue, fondée en 1928 par Hassan El-Banna, à Ismaïlia en Égypte. Elle avait au départ comme objectif la renaissance islamique et la lutte officiellement non-violente contre l’influence occidentale. Mais elle a dévié de sa stratégie initiale puisqu’elle est désormais officiellement considérée comme une organisation terroriste par le gouvernement égyptien, la Syrie, la Russie et l'Arabie saoudite. 
Elle a rapidement essaimé ses idées dans les pays à majorité musulmane du Moyen-Orient, au Soudan et en Afrique du Nord, et a établi des «têtes de pont» jusqu’en Europe. La lutte contre l’État d’Israël est au cœur du mouvement, et le théoricien du djihad armé, Sayyid Qutb, fut l’un de ses membres égyptiens les plus en vue.
Saïd Ramadan

En 1935, l’organisation entre en contact avec Amin al-Husseini, le grand mufti de Jérusalem, et participe à l’insurrection arabe de Palestine de 1936. En 1945, Saïd Ramadan crée une branche armée arabe qui a pour objectif de combattre le mouvement sioniste. Les Frères musulmans connaissent du succès et de nombreux militants participent à la Guerre israélo-arabe de 1948. Son financement provient essentiellement du Qatar et des pétromonarchies du Golfe. Les Frères musulmans se considèrent comme les porte-paroles de la communauté sunnite mondiale.

Le Hezbollah libanais



Le Hezbollah (Parti de Dieu), fondé en juin 1982, est un mouvement politique chiite libanais possédant une branche armée. Il fut créé en réaction à l'invasion israélienne du Liban en 1982, en s'appuyant sur un financement iranien. Parti politique officiel reconnu au Liban, le Hezbollah a été placé par la majorité de la communauté internationale sur la liste des organisations terroristes. Le 22 juillet 2013, l'Union européenne a aussi classé la branche militaire du Hezbollah sur cette liste tandis que  les six pays arabes du Golfe Persique ont inscrit le Hezbollah sur leur liste noire, ne faisant aucune distinction entre cette organisation et sa branche militaire. Ce mouvement, financé et armé par l’Iran, est le seul mouvement terroriste chiite d’envergure.

Le Hamas



Le Hamas (Mouvement de résistance islamique), est un mouvement islamiste sunnite constitué à Gaza d'une branche politique et d'une branche armée, les brigades Ezzedine Al-Qassam. Créé en 1987 par Sheikh Ahmed Yassin, Abdel Aziz al-Rantissi et Mohammed Taha, tous trois issus des Frères musulmans, sa charte affirme que «la terre de Palestine est une terre islamique». Il prône donc la destruction de l'État d'Israël et l'instauration d'un État islamique palestinien sur toute la terre de l'ancienne Palestine mandataire, incluant l’État d'Israël, la Cisjordanie et la bande de Gaza). Le Hamas se définit comme un mouvement trouvant ses principes dans le Coran et se battant au nom de l'islam. Le Hamas est sur la liste officielle des organisations terroristes du Canada, des États-Unis, du Japon et de l'Union européenne. En revanche, pour la Grande-Bretagne et l'Australie, seule la branche armée du Hamas est classée comme terroriste.

Al-Qaeda


Al-Qaeda (la Base) est un mouvement islamiste fondé par le cheikh Abdullah Yusuf Azzam et son élève Oussama ben Laden en 1987. D'inspiration sunnite fondamentaliste, il prend ses racines dans l'idéologie de Sayyid Qutb et celle de l'activiste kharidjite Abdel Salam Faraj. Il considère que les gouvernements occidentaux, les États-Unis en particulier, interfèrent dans les affaires intérieures des nations islamiques. Il a choisi de recourir  au terrorisme pour faire entendre ses revendications.
Ousama Ben Laden

Al-Qaïda a émergé de l'organisation Maktab al-Khadamāt, constituée pendant la première guerre d'Afghanistan par Azzam pour alimenter la résistance afghane contre les forces armées d'URSS. Le groupe est placé sur la liste officielle des organisations terroristes des États-Unis, du Canada, de l'Union européenne, du Royaume-Uni, de l'Australie, de la Russie, de l'Inde et de la Turquie. La plus retentissante opération menée par Al-Qaeda est celle conduite sur le sol américain le 11 septembre 2001. Viennent ensuite les attentats du 16 mai 2003 à Casablanca, les attentats du 11 mars 2004 à Madrid et ceux du 7 juillet 2005 à Londres.

Jama’a al-islamiya



Al-Gama'a al-Islamiyya est un mouvement sunnite égyptien islamiste. Il est considéré comme une organisation terroriste par les États-Unis et l'Union européenne. Le groupe avait pour objectif de renverser le gouvernement égyptien pour le remplacer par un État islamique. Cette organisation est dirigée par le cheikh Omar Abdel Rahman, actuellement emprisonné à vie aux États-Unis à la suite d'une condamnation.

L’État islamique

L’État islamique est une organisation armée djihadiste sunnite qui a proclamé le 29 juin 2014 le rétablissement du califat sur les territoires irakiens et syriens qu'elle contrôle. Sa création remonte à 2006, lorsqu'Al-Qaeda en Irak  a formé avec cinq autres groupes djihadistes le Conseil consultatif des Moudjahidines en Irak. Le 13 octobre 2006, le Conseil consultatif proclame l'État islamique d'Irak (EII), lequel se considère à partir de cette date comme le véritable État de l'Irak, puis également, à partir de 2013, de la Syrie. Initialement lié à Al-Qaeda, l'EII s'en est progressivement affranchi.
Le 9 avril 2013, l'EII devient l'État islamique en Irak et au Levant ou Daesh en arabe. Le 29 juin 2014, l'ÉIIL annonce le rétablissement du califat dans les territoires sous son contrôle et Abou Bakr al-Baghdadi al-Husseini al-Qurashi est proclamé calife sous le nom d'Ibrahim. L'EIIL prend officiellement le nom d'État islamique.
Al-Baghdadi


Enfin, si les djihadistes s'en prennent férocement à tous ceux qui ne partagent pas leur religion, les musulmans chiites et même les sunnites qui n'adhéreraient pas à leurs idées en sont aussi victimes. Marginalisés sous le régime de Saddam Hussein, bien que majoritaires en Irak, les Chiites sont aujourd'hui au pouvoir à Bagdad. En plus de la vieille animosité entre Sunnites et Chiites qui traverse tout le monde musulman, l’EIIL veut prendre sa revanche contre les Chiites en instaurant dans la région un califat qui n’accepte aucune hérésie, fût-elle cousine.

2 commentaires:

Marianne ARNAUD a dit…

Cher monsieur Benillouche,

Je n'ai que trois mots : oh, la, la !

André NAHUM a dit…

Si mme Arnaud a 3 mots, moi je n'en ai qu'un : catastrophe