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samedi 24 novembre 2018

La leçon faite aux Nippons par Jean SMIA



LA LEÇON FAITE AUX NIPPONS

Le billet d'humeur de Jean SMIA


L’un des point d’honneur majeur des Japonais est de ne pas perdre la face. Or, pour un chef d’entreprise japonais, licencier constitue un des pires constats d’échec. Lorsque la situation de Nissan nécessitait impérativement des milliers de licenciements, aucun de leurs «grands patrons» n’a eu le courage d’assumer cette décision et, comme en Tunisie, à l’époque où la mère de famille juive demandait à sa voisine musulmane ou maltaise de lui allumer le four pour que les enfants mangent chaud la shabbat à midi, les Japonais ont demandé à Carlos Ghosn de se charger de la besogne.



Et des licenciements, il s’en est donné à cœur joie, par milliers. Et non seulement l’entreprise s’est redressée, mais par ce traitement de choc le groupe est devenu le leader mondial de l’automobile et monsieur Ghosn s’est vu honoré du titre de «The cost killer» par ses pairs.
Les années ont passé et il se trouve qu’une des branches du groupe Nissan-Mitsubishi-Renault, ( Renault pour ne pas le nommer) a des résultats qui pénalisent l’ensemble du groupe. Forts de la leçon reçue quelques années auparavant : se débarrasser d’un « cost » est, à présent au Japon, perçu non seulement comme un impératif, mais comme un exploit. D’autant plus que, ce « cost » étant étranger au Japon, il y a peu de probabilité que s’en détacher soit considéré comme une perte de face.
Ainsi, un peu comme si la mère juive accuserait sa voisine de lui avoir volé la boîte d’allumette pour ne plus qu’elle vienne, ils accusent Ghosn de malversations pour détacher Renault du groupe. C’est pourquoi on a vu Bruno Le Maire monter si vite au créneau et la nomination dans l’urgence de Thierry Bolloré comme nouveau PDG, nomination qui a pris moins de temps que pour choisir un ministre de l’intérieur, c’est vous dire l’urgence !!!
C’est donc bien de l’éviction de Renault du groupe dont il est question, surtout lorsque que l’on sait décrypter le sens des messages diplomatiques échangés entre les ministres respectifs : «l’important soutien des gouvernements français et japonais à l’alliance entre Renault et Nissan». Il est vrai que des licenciements chez Renault, surtout dans la période actuelle, ne seraient pas très bénéfiques pour l’image de notre Président.
Quant au sort et au traitement du prisonnier Carlos Ghosn, personne ne s’en soucie, pourtant ce traitement me paraît bien pire que celui des prisonniers palestiniens en Israël et à l’encontre duquel l’O.N.U trouve tant à redire.

1 commentaire:

Marianne ARNAUD a dit…

Vous lisant, je me suis souvenu d'une autre petite leçon qui disait : les Nippons arrivent à pied par la Chine ! N'est-ce pas plus amusant que votre histoire de "mère juive" et de ses allumettes ?
Trève de plaisanterie. A qui fera-t-on croire que Carlos Ghosn, se soit converti à la fraude fiscale et à l'abus de bien sociaux, au bout de vingt ans de carrière à la tête du groupe Nissan-Mitsubishi-Renault ? Personne n'ignore que tous les capitaines d'industrie, géants du Web ou de la finance, ne payent que les taxes et impôts qu'ils veulent bien payer c'est-à-dire pas grand chose, pour ne pas dire rien. Mais au moment où les Japonais ont décidé qu'il est temps pour eux de reprendre les rênes du groupe, ils se souviennent fort opportunément de tout ce qu'ils ont toléré jusqu'ici, et décident que c'est devenu intolérable. Point final !