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samedi 30 janvier 2016

Une femme de convictions par Gérard AKOUN



UNE FEMME DE CONVICTIONS

Par Gérard AKOUN
            

          La Garde des Sceaux Christiane Taubira, opposée à la réforme constitutionnelle de la déchéance de nationalité a remis hier sa démission à François Hollande. Cette décision avait été prise, semble t’il, avant le départ du président de la république en voyage officiel en Inde.  Elle a été rendue publique mercredi par un communiqué de l’Elysée : «Le président et la ministre  ont convenu de la nécessité de mettre fin à ses fonctions au moment où le débat sur la révision constitutionnelle s’ouvre à l’Assemblée nationale en commission des lois». Elle est remplacée à ce poste par le député socialiste du Finistère, Jean-Jacques Urvoas.




Jean-Jacques Urvoas
            Il eut été pour le moins difficile, pour ne pas dire humiliant, pour madame Taubira de défendre un texte auquel elle s’était opposée publiquement. Rappelons que lors de son voyage officiel en Algérie à la fin de l’année dernière, elle avait affirmé que la déchéance de la nationalité française pour des bi nationaux condamnés pour terrorisme et ayant purgé leur peine, n’était plus à l’ordre du jour de la révision constitutionnelle. Peut-être, a-t-elle mal interprété  une phrase ambigüe de François Hollande ou a-t-elle voulu lui forcer la main, ce qui n’aurait pas été étonnant, compte tenu de son caractère impétueux ? Quoi qu’il en soit, il ne lui était plus possible de rester au gouvernement. Il ne lui était plus possible  de continuer à louvoyer, de se classer politiquement parmi les frondeurs tout en se maintenant dans le gouvernement. Ne pas démissionner aurait laissé à penser qu’elle était capable de se déjuger  pour garder son maroquin.


            On retiendra de son action au ministère de la justice, l’adoption de la loi sur le mariage pour tous qu’elle porta à bout de bras mais elle ne réussit pas à se faire entendre du gouvernement quand il s’est agi de la procréation médicalement assistée (PMA). Elle proposa un certain nombre de mesures concernant l’accomplissement des peines de prison mais sa démission ne lui permit pas de faire adopter la grande réforme pénale sur laquelle elle œuvrait. Ces sujets de société très sensibles sur lesquels elle  travaillait, en firent la cible de prédilection de l’extrême droite et de la droite, dès qu’elle fut nommée à la justice, dès le début du quinquennat de François Hollande. On déversa sur elle, des tombereaux d’injures à connotation raciste, des caricatures la représentaient en guenon croquant une banane ; des enfants la dessinaient dans cette posture et distribuaient ces dessins, en particulier pendant les manifestations contre le mariage pour tous.
            Elle fut pour la droite et à fortiori pour l’extrême droite, parce que femme, noire et d’Outre-mer,  le symbole du laxisme, de la perte  des valeurs familiales qui fondent à leurs yeux l’identité française. Cette haine la poursuivit jusqu’à aujourd’hui ; ses adversaires en apprenant sa démission sablèrent le champagne ! A contrario, elle devint pour la gauche une icône intouchable, ce qui lui permit de se maintenir à son poste en dépit des relations orageuses qu’elle entretenait avec Manuel Valls. 

          Hier matin, elle avait expliqué sa démission en tweetant : «Parfois résister c’est rester, parfois résister c’est partir. Par fidélité à soi, à nous. Pour le dernier mot à l’éthique et au droit»,  mais hier soir le premier ministre a précisé devant la commission des lois de l’assemblée nationale : «Aucune référence à la bi nationalité ne figurera dans le texte constitutionnel, ni à priori dans la loi ordinaire». Madame Taubira s’est peut être sentie flouée  d’où une seconde déclaration hier soir, plus politique, moins consensuelle. Elle y déterrait la hache de guerre : «je quitte le gouvernement sur un désaccord politique majeur».


3 commentaires:

Marianne ARNAUD a dit…

Après Montebourg, Hamon, Duflot, voilà qu'une "icône de la gauche" quitte son ministère sur son petit vélo. Mais pas d'affolement : restent encore Belkacem, El Khomri, Pèlerin qui toutes trois pourraient, elles aussi, prétendre à être de parfaites "icônes". Demandez donc à Macron ce qu'il en pense, car on ne l'entend plus ces jours-ci !

Véronique ALLOUCHE a dit…

Entre autres utopies de cette dame, le souhait de la semaine de travail à 32 heures.....
Plus rien à faire dans ce gouvernement devenu enfin réaliste sur l'état de la France, tant sur son économie en berne que sur sa sécurité intérieure.
Qu'elle rejoigne Mélanchon, au plus près de ses idées farfelues!

Yaakov NEEMAN a dit…

Ce que j'aimerais savoir, c'est à quelle motivation a obéi le processus de décision qui a conduit à voir se succéder à la tête du ministère de la Justice (et sous deux présidences bien différentes) deux personnalités issues de la périphérie du rayonnement français : le Maroc (avec Rachida Dati) et la Guyane (avec cette dame qui veut nous faire croire qu'elle a retrouvé l'usage de la bicyclette). Si ces deux nominations sont à porter au crédit de la culture française, démontrant qu'elle a su s'exporter au-delà de ses frontières, je me demande ce que signifie l'absence, à ce poste prestigieux, d'individus issus du moule traditionnel hexagonal intérieur. Faut-il y voir un épiphénomène du déclin de l'Occident dans sa version francophone ? Ou alors s'agissait-il simplement de promouvoir une image métissée du pouvoir, non absente d'arrière-pensées électoralistes ? En tout cas, avec le successeur de Mme Taubira, le député socialiste du Finistère, Jean-Jacques Urvoas, c'est un recentrage qui est en cours.