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vendredi 22 janvier 2016

Israël - Iran (Suite) par Gérard AKOUN



ISRAËL - IRAN (SUITE)

Par Gérard AKOUN
Judaïques FM

            

          L’AIEA  déclaré que l’Iran avait rempli ses engagements liés à l’accord signé sur le nucléaire avec les grandes puissances, les Cinq + un, en juillet dernier. Toutes  les clauses ayant été respectées, les sanctions économiques et financières multilatérales et nationales ont été levées, ont annoncé, à Vienne, dans une déclaration commune les chefs de la diplomatie de l’Union européenne et iranienne. 


         L’accord garantit le caractère civil du nucléaire iranien et doit empêcher d’Iran de fabriquer une bombe atomique avant 10 ou 15 ans, au moins, dans la mesure où il sera soumis à des contrôles réguliers de l’AIEA. Cela signifie, aussi, que la levée des sanctions va permettre à l’Iran de récupérer au moins une  centaine de milliards de dollars bloqués  à l’étranger depuis de nombreuses années et de commercer librement.



            Si les Iraniens se réjouissent, il n’en va pas de même pour leurs voisins,  saoudiens et israéliens, qui voient d’un mauvais œil, leur ennemi  se renforcer, et sur le plan diplomatique, et sur le plan économique. L’Arabie Saoudite et l’Iran qui représentent respectivement les sunnites et les chiites veulent, l’un comme l’autre, devenir la puissance dominante dans la région. Le conflit politique se double d’un conflit religieux au sein de l’islam qui remonte à des siècles, sunnites contre chiites mais aussi ethnique, Arabes contre  Perses. L’Iran tente de créer un arc chiite avec l’Irak, la Syrie, le Liban, par Hezbollah interposé, aux frontières de l’Arabie Saoudite en s’appuyant sur les minorités chiites, en nombre plus ou moins important, qui se trouvent dans les pays de la région.
            L’Arabie Saoudite s’efforce de créer une grande coalition sunnite pour contenir les appétits de l’Iran, elle se bat contre les chiites, directement ou indirectement, au Yémen, en Syrie où elle se trouve, confrontée également, à l’État islamique, sunnite lui aussi, mais qui voudrait bien faire main basse sur les champs pétrolifères de la dynastie  Saoud. Quant à Israël, ses  gouvernants considèrent que l’Iran est leur  principal ennemi dans la région : d’une part, parce que les dirigeants de la République Islamique, sont des fanatiques, qui ne cessent de répéter qu’ils veulent sa destruction et qu’ils arment, à Gaza, le Hamas et le djihad islamique, d’autre part parce qu’ils disposent d’un potentiel intellectuel, technologique et très bientôt financier qui le leurs permettrait. Ils n’ont absolument pas confiance dans les Iraniens, ce sont de trop fins diplomates, des menteurs, des tricheurs qui ne respecteront pas leurs engagements. Ils sont persuadés que la manne financière qui va se déverser en Iran ne sera pas utilisée pour moderniser le pays ou améliorer le sort de la population mais pour renforcer l’armement des réseaux terroristes qui constituent le bras armé des ayatollahs au pouvoir.
            Ce jugement est partagé, par la majorité des Israéliens et par le premier d’entre eux Benyamin Netanyahou qui a bataillé, tant et plus, pour convaincre les Européens, les Américains qu’il ne fallait pas négocier avec les Iraniens mais leur interdire, de manière définitive, l’utilisation du nucléaire. Les relations entre Israël et les États-Unis, il serait plus juste de dire entre Obama et Netanyahou, furent des plus tendues, en particulier quand le premier ministre s’impliquât dans la politique intérieure  américaine, au risque de provoquer  une brouille très grave avec les Américains. Ce ne fut qu’un baroud d’honneur. Le compromis fut signé, il rentre en application cette semaine.


            Mais Benyamin Netanyahou n’en démord  pas : Cet accord est dangereux pour Israël. Cela dit, que doit-on faire ? Rester sur ses gardes c’est évident, l’Iran n’a certainement pas renoncé à avoir un jour la bombe, analyser l’évolution des rapports de force en Iran et dans la région, l’est aussi, mais surtout ne pas rester figé, ne pas se fossiliser. Le chef d’État-major de Tsahal, Gadi Eizenkot, a déclaré à la conférence sur la Sécurité Nationale à Tel-Aviv : « l’accord sur le nucléaire signé entre les grandes puissances et l’Iran pose de nombreux problèmes mais aussi des opportunités » c’est bien plus intelligent de raisonner ainsi que de dire, comme certains ministres : «l’État islamique  est moins dangereux que l’Iran» alors que le soutien des Palestiniens à Daesh est un des plus élevé au monde.

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