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dimanche 22 juin 2014

L’EMBRASEMENT Par Gérard AKOUN


L’EMBRASEMENT

Par Gérard AKOUN
Judaïques FM

          Sommes-nous en train d’assister à l’émergence d’un nouvel État au Proche-Orient sur les décombres de l’Irak de  Saddam Hussein: le Djihadistan ou encore le Sunnistan. En quelques mois, quelques semaines, les Djihadistes de l’Etat islamique en Irak et au Levant, alliés à des tribus sunnites, à des cadres en déshérence de l’armée irakienne, après sa dissolution par les américains, ont conquis un certain nombre de villes importantes du nord de l’Irak, comme Fallouja, Mossoul ou Tikrīt. Ils ont littéralement balayé les forces de la nouvelle armée irakienne, composées de chiites qui se sont enfuis, en abandonnant armes et bagages.



                Combattants sanguinaires

          Ces Djihadistes, sont encore plus extrémistes, plus fanatiques, plus  sanguinaires qu’El Quaida, dont ils refusent la tutelle et qu’ils combattent, tout autant que Bachar Al Assad en Syrie. Ils récusent sa politique, ils veulent instituer le Califat, tout de suite, à partir du vaste territoire qu’ils occupent depuis leur offensive et se livrer à une véritable guerre de conquête purificatrice. Elle est commencée, ils se trouvent déjà à moins d’une centaine de kilomètres de Bagdad. Ils  possèdent  un armement sophistiqué, de l’argent provenant de l’Arabie Saoudite et du Qatar, mais aussi  des rançons que leurs rapportent les prises d’otages et des braquages de banques, ce qui leur permet de payer leurs troupes. Dans les coffres de la banque centrale de Mossoul, par exemple, ils ont fait main basse sur  495 millions de dollars.

          Comment a-t-on pu en arriver là ?  On pouvait croire la situation relativement stabilisée, bien que les attentats suicides en Irak n’aient pas cessé sauf dans le Kurdistan irakien qui est la seule région pacifiée, mais sous autorité kurde. Des élections démocratiques ont eu lieu ont été gagnées par  la majorité chiite. En 2011 les Américains ont commencé l’évacuation de leurs troupes d’Irak, après avoir dépensé des dizaines de milliards pour former une nouvelle armée, dotée d’un  matériel ultramoderne. Le premier ministre élu et réélu, Nouri Al Maliki, un chiite, a gouverné sans laisser de place à la minorité sunnite, sans respecter ses droits, ce qui explique que beaucoup de ses membres ont pris fait et cause pour les Djihadistes, des sunnites comme eux. Tous les yeux étaient braqués sur la Syrie, sur l’Ukraine  et quasiment personne, dans les services de renseignements, particulièrement américains, n’a vu venir cette offensive. 
            
              Passivité de l’UE 

          Que faire maintenant ? Il faut absolument les arrêter dans leur guerre de conquête, d’autant qu’ils sont rejoints par de très nombreux combattants étrangers originaires d’Europe dont on a déjà pu mesurer la nuisance à leur retour dans leur pays. L’Union européenne ne bouge pas, alors que la guerre se rapproche de son territoire. Les États-Unis se refusent à envoyer à nouveau des troupes au sol en Irak. Ils sont prêts, par contre à fournir des avions, des blindés, des missiles et même des drones au gouvernement irakien. On assiste à un retournement spectaculaire sur le plan politique et militaire, les ennemis d’hier deviendraient presque les amis d’aujourd’hui.
          L’Iran a proposé d’aider les États-Unis dans leur soutien au président Maliki, comme vont le faire, sans le dire officiellement, Bachar al-Assad et le Hezbollah libanais, toujours qualifié d’organisation terroriste par les Américains. C’est vraiment une ironie de l’histoire. Les alliés traditionnels des États-Unis comme l’Arabie Saoudite, les pays du golfe, et notre ami le Qatar sont très inquiets de ce rapprochement des États-Unis et de l’Iran, qui risque de se faire à leurs dépens. Pour son aide l’Iran exigera certainement  des compensations. 
                                
                          Retournement 

          Ce retournement auquel on assiste dans les rapports États-Unis Iran n’est peut être pas dénué de conséquences  pour Israël. Les relations entre les Israéliens et les Américains se sont encore refroidies après l’échec des négociations avec les Palestiniens sous l’égide de John Kerry et Barack Obama n’est pas loin de considérer que Benyamin Netanyahou en est le principal responsable. Ne va-t-il pas assouplir sa politique vis-à-vis de l’Iran en accélérant, par exemple, la levée des sanctions économiques tout en restant ferme dans son refus de permettre à l’Iran de se doter de l’arme nucléaire ? La question reste posée.
          La dislocation de l’Irak et de la Syrie, les guerres fratricides qui s’y déroulent mettent Israël à l’abri d’une guerre conventionnelle. La guerre entre les sunnites et les chiites ne concerne pas, a priori, Israël mais l’éradication des Djihadistes de l’Etat Islamique en Irak et au Levant est une nécessité, aussi, pour Israël dans la mesure où ces extrémistes rejettent les frontières de 1916 et ont ajouté, à leur sigle, la Palestine. La création d’un État palestinien en paix avec Israël en devient plus urgente.
          Mes pensées vont bien sûr à ces trois adolescents kidnappés, dont on est sans nouvelles et à leurs familles en souhaitant leur retour à la maison.

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