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mardi 17 juin 2014

JEUNES OTAGES : UNE OPPORTUNITÉ POUR ÉRADIQUER LE HAMAS



JEUNES OTAGES : UNE OPPORTUNITÉ POUR ÉRADIQUER LE HAMAS

Par Jacques BENILLOUCHE

copyright © Temps et Contretemps



Soldats en action en Cisjordanie

Benjamin Netanyahou est formel : la responsabilité du rapt des trois jeunes israéliens est imputée au Hamas et à ses cellules dormantes en Cisjordanie. Tsahal a décidé d’imposer un couvre-feu à Hébron et de bloquer toutes les issues pour interdire les sorties du territoire, et en particulier celles des trois jeunes israéliens kidnappés. Toutes les routes du sud de la Cisjordanie sont sous contrôle total. L’hypothèse la plus probable reste que les ravisseurs, malgré une nuit de liberté totale jeudi, n’ont pas évacué leurs otages en dehors du périmètre de Hébron.


Des véritables professionnels 



L’armée détient des informations puisées à bonne source qui la confortent dans cette hypothèse optimiste. Les sources militaires estiment que les ravisseurs et les trois jeunes garçons sont planqués dans une cache secrète dont ils ignorent encore la localisation.  Les villages de Halhoul au nord d’Hébron, de Yata au sud d’Hébron et le camp de réfugiés d’Al-Fawar sont passés au peigne fin. 
Blocage des routes

Les ravisseurs sont des professionnels car ils ont préparé leur fuite et maintiennent un silence total en évitant les communications téléphoniques classiques facilement détectables. Ils utilisent certainement un vieux moyen de communication rudimentaire de ligne téléphonique point à point, constituée d’une ligne enfouie sous terre, accessible aux deux extrémités par les utilisateurs, échappant ainsi à la détection électronique. Naftali Frenkel, 16 ans, Gilad Shaar, 16 ans, et Eyal Yifrach, 19 ans seraient encore en vie. Le ministre de la Défense a en effet souligné: «Notre hypothèse de travail est que les garçons disparus sont vivants».

 Tsahal et le gouvernement israélien sont convaincus qu’il s’agirait de l’œuvre du Hamas bien qu’on distingue mal l’intérêt de l’organisation à agir aussi vite au lendemain de la constitution du nouveau gouvernement. Sauf à y voir une certaine volonté suicidaire à provoquer Israël et à imposer des représailles à une population palestinienne lassée de la guerre et qui n’aspire plus qu’à une vie paisible. D'ailleurs, Gaza est frappée par l’aviation israélienne tandis que les points de passage d'Israël avec Gaza et d'Egypte à la frontière de Rafah sont bloqués.
Contrôle maison par maison

De nombreuses cellules dormantes du Hamas sont installées en Cisjordanie donnant la certitude qu’une cellule a rejoint les djihadistes suite à son opposition à l’accord de réconciliation Fatah-Hamas. Elle aurait alors décidé d’agir avec ou sans le consentement de la direction centrale de Gaza. Il est vrai qu'aucun consensus n’existait entre les dirigeants du Hamas quant à l’opportunité de s’aligner sur la politique de Mahmoud Abbas. Nombreux sont ceux qui estimaient que le combat devait continuer. D’ailleurs la station de radio locale palestinienne d'Hébron  a révélé que trois clans palestiniens locaux, Al Jamal, Abu Zaina et Abu Aysha seraient à la tête de cellules opérationnelle.
Tsahal a d’ailleurs effectivement identifié les chefs qui les dirigent dont Salah Arur, responsable du Hamas à Istanbul et Ibrahim Hamad, ancien commandant militaire du Hamas en Cisjordanie, ordonnateur des attaques suicides au cours de l'Intifada Al-Aqsa,  qui purge une peine à vie dans une prison israélienne de haute sécurité et qui continue à inspirer les combattants à l’extérieur.
Le chef de la police Danino

Il faut cependant regretter que certains médias israéliens aient choisi cet instant pour lancer la polémique sur la police alors que les otages ne sont pas libérés. La police a été critiquée pour n’avoir pas pris au sérieux l’appel à la ligne d’urgence de la police de Kiryat Arba à Hébron de l’un des adolescents jeudi à 22h35 alors qu’il précisait : «nous avons été enlevés». La police a cru à une plaisanterie et n’a pas immédiatement prévenu l’armée. L’enquête a donc pris huit heures de retard. D’autre part le chef de la police, Yohanan Danino,  qui se trouvait en mission à New-York, a été accusé de ne pas être rentré aussitôt pour participer à l’enquête sur le rapt. Ces questions ne devraient être soulevées qu'une fois les jeunes libérés.

                        Une action d’envergure


Tsahal a fait appel à quelques classes de réservistes soit dans un but d'intoxication soit pour profiter de l’incident pour tenter d’éradiquer les forces du Hamas qui continuent à menacer Israël.  En effet à la suite de l’accord avec le Fatah, de nombreux membres du Hamas se sont rapprochés du djihad islamique, la milice soutenue à fond par l’Iran qui continue à le financer et à l’armer au point que sa puissance de feu rivalise avec celle du Hamas. A présent, le djihad a étendu son action à toute la Cisjordanie après avoir rassemblé autour de lui tous les mécontentements.  
Dôme de fer

C’est pourquoi en prévision d’une action de grande ampleur, l’armée a déployé plusieurs batteries Dôme de fer à Ashdod, Beersheba, Rehovot et Ashkelon pour l’interception des éventuels missiles lancés depuis Gaza.  Israël peut compter sur une coopération avec l’Égypte qui a fermé son passage frontalier de Rafah et qui a massé d’importantes forces militaires au Sinaï et à la frontière avec Gaza. L’Égypte voudrait empêcher le Hamas de se joindre aux milices d’Al-Qaeda au Sinaï qui pourraient utiliser la péninsule pour lancer des attaques à la fois contre le régime égyptien et contre les villes frontalières d’Israël. Elle ne s’opposerait pas à affaiblir les Frères musulmans réfugiés à Gaza qui songent toujours à reprendre le pouvoir en Égypte.
L'Egypte à Rafah

En effet la confrontation pourrait s’étendre à Gaza car le Hamas constitue toujours un danger majeur dès lors où il a refusé de mettre son arsenal militaire, plusieurs milliers de missiles, sous le contrôle du nouveau gouvernement palestinien. Le chef d’État-Major a d’ailleurs fait une certaine allusion en déclarant : «En développant tous nos efforts pour sauver les trois garçons, nous gardons un œil attentif sur le nord et le sud.». Il a clairement laissé entendre qu’un front pourrait s’ouvrir avec le Hezbollah au Liban et au Golan ainsi qu’avec le Hamas à Gaza.  Les nombreuses réunions entre hauts officiers de l’État-Major montrent l’ampleur que risque de prendre l’action militaire généralisée. Mais rien ne pourrait s’effectuer sans un accord tacite de l’Arabie Saoudite et des Émirats du Golfe qui détiennent encore les clefs de la région.
Les frappes de 2012 sur Gaza

En revanche, une certitude qui démontre l’inconséquence du Hamas à relancer les hostilités ; il n’est plus question d’envisager d’élargir de prisonniers palestiniens. De ce point de vue, le gouvernement a rejoint les exigences des nationalistes israéliens qui ont toujours estimé qu’il y avait un grand danger à remettre sur le «marché» des dizaines d’experts en terrorisme. Netanyahou pourrait ainsi chercher à terminer le travail inachevé en 2012 lorsque 300 roquettes et mortiers ont été tirés contre Israël et qui ont entraîné des raids israéliens sur la bande de Gaza faisant 15 Palestiniens tués et plusieurs dizaines de blessés, majoritairement des militants. Une trêve acceptée par Israël avait mis fin aux hostilités. Il est difficile de comprendre la stratégie suivie par un Hamas en pleine recomposition. 
Devant ce risque d'extension des combats et quatre jours après le rapt, le président Abbas a daigné renoncer à son silence en publiant un communiqué "condamnant l'enlèvement des trois adolescents". C'était son service minimum.


2 commentaires:

Parole VOLEE a dit…

A mon avis pour eliminer le Hamas de judee-Samarie, mais sutout pas à Gaza de peur de transférer de facto sous la pression internationale à Abou Mahzen qui est politiquement bcp plus dangereux que le Hamas. Israel se verrait sans doute sous haute pression contraint de créer un etat palestinien et la situation serait bien pire, placant Israel encore plus dans l'etau Americano-européen.

Emmanuel DOUBCHAK a dit…

Par contre, ce n'est pas une mauvaise idée de mettre en tôle et pour un bon bout de temps le maximum de gens de ces mouvances terroristes pour leur montrer que le crime ne paie pas, et que nous ne sommes pas Assad, ni AlQa'eda, ni le Hamas lui-même et surtout pour nous le montrer à nous même en faisant preuve d'intelligence stratégique et d'une approche plus humaine.