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jeudi 16 juillet 2015

UN BON COMPROMIS OU UNE ERREUR HISTORIQUE Par Gérard AKOUN



UN BON  COMPROMIS OU UNE ERREUR HISTORIQUE

Par Gérard AKOUN 
Judaïques FM


Barack Obama s’est félicité de l’accord trouvé entre les 5+1 et l’Iran, il a déclaré : «cet accord nous donne une chance d’aller dans une nouvelle direction, nous devons la saisir, cet accord peut produire des changements réels et significatifs dans la  région». Mais il a aussi précisé, à l’intention de ceux qui mettent en avant sa naïveté et surtout sa volonté d’obtenir un résultat à tout prix: «cet accord n’est pas fondé sur la confiance, il est fondé sur les vérifications, les inspecteurs auront un accès, 24 heures sur 24 aux installations nucléaires iraniennes clés».


Il n’a pas rassuré, pour autant, les pays du Golfe, l’Arabie Saoudite et surtout  Israël. Benyamin Netanyahou a qualifié « l’accord sur le programme nucléaire iranien  d’erreur grave aux conséquences  d’ampleur historique». Pour lui il n’y a aucun doute, l’Iran sort renforcé de cette négociation, en particulier sur le plan économique, avec la levée des sanctions. Téhéran  va pouvoir récupérer des centaines de milliers de dollars, qui étaient sous séquestre, dont il disposera «pour continuer à agresser et terroriser la région et le monde». Quant aux garanties sur les limitations qui lui sont imposées sur son programme nucléaire militaire, elles ne seront pas respectées et, au mieux, l’Iran attendra que s’écoulent les dix années prévues dans l’accord pour relancer son programme militaire. 
Benyamin Netanyahou ne se pose pas la question de savoir ce qu’il fallait faire avec l’Iran à partir du moment où l’option militaire avait été rejetée par les Américains et qu’Israël était incapable de la mettre en œuvre sans le soutien logistique et politique des États-Unis. La communauté internationale avait pu constater que depuis dix ans, malgré des sanctions internationales de plus en plus contraignantes, l’Iran n’a cessé d’accroître ses capacités nucléaires. Le délai de «break out», le temps nécessaire pour que l’Iran accumule suffisamment d’uranium enrichi pour fabriquer une bombe s’était réduit à deux ou trois mois. L’économie iranienne  s’écroulait mais le programme nucléaire continuait à se développer.

Les Iraniens, certes, considèrent comme leur droit inaliénable, l’utilisation de l’énergie nucléaire mais les mollahs ne pouvaient continuer à faire vibrer la fibre nationaliste pour faire accepter, surtout à la jeunesse, les  privations et les  frustrations. Il était difficile de persévérer sur cette voie. L’heure du compromis avait sonné malgré  l’aversion du Guide Suprême  pour l’Amérique. De même que Khomeiny avait arrêté la guerre avec l’Irak de Saddam,  quoiqu’il lui en coûtât, son successeur Ali Khamenei, en permettant à Rohani d’être élu, s’était  engagé dans la voie de la négociation  avec « le Grand Satan».

Benyamin Netanyahou en alertant, en permanence l’opinion internationale, les 5+1, sur l’enrichissement de l’uranium, sur l’augmentation du nombre de centrifugeuses, sur leur modernisation, sur les finasseries, les tromperies des Iraniens, sur leur double jeu, a obligé les négociateurs occidentaux à se montrer plus méfiants, et par la même,  plus exigeants sur les contrôles  et les limitations du programme nucléaire iranien. Mais il n’a pas mesuré à leurs justes valeurs les évolutions en cours dans la région avec en particulier l’irruption inattendue de Daesh. Il s’est imaginé qu’il pouvait s’opposer de front à Obama et obliger l’administration démocrate à modifier sa politique moyen-orientale. De plus il s’est immiscé dans la politique intérieure américaine.

Lors des élections présidentielles, il a appelé à voter Mitt Romney et Obama a été réélu. Les relations entre les deux dirigeants ne se sont pas améliorées comme vous pouvez vous en douter et Israël s’est trouvé coupé de son meilleur allié. Il n’a donc pu intervenir, indirectement bien sur,  dans la négociation avec l’Iran.  J’ajouterai, qu’à son corps défendant, il est devenu un allié objectif des partisans de la négociation avec les États-Unis au sein de la République Islamique.  Il leur apportait un argument de poids : Un accord contre lequel Israël s’opposait  ne pouvait qu’être bon pour l’Iran !!  Israël doit maintenant renouer les liens avec les États-Unis car Israël a besoin des États-Unis. Benyamin Netanyahou n’est peut être pas le mieux placé pour y parvenir, dans la mesure où il veut essayer de faire bloquer l’accord de Lausanne par le Congrès. Mais Barack Obama a déjà dit qu’il utiliserait son droit de veto.
Comment définir un bon compromis : c’est celui où chacun des participants, à l’issue de difficiles négociations, sait qu’il n’a pas gagné, mais peut s’imaginer qu’il a gagné un peu plus que l’autre. Il faut souhaiter qu’il en soit ainsi. 


3 commentaires:

Robert DUPRAT a dit…

Le monde donne une leçon aux politiques corrompus arrogantes d'Israël,, hélas ils écœurent même nous Goy prêt à mourir pour Israël

Avraham NATAF a dit…

Il s'agissait d'une négociation entre l'Iran et les USA, les autres pays étaient des figurants pour avaliser et applaudir. Les iraniens ont tout gagné et la victoire d'Obama c'est sur Natanyaou.

Nadine VERED a dit…

Ce n'est pas un bon compromis.Le retournement d'alliance que fait Obama, laissant tomber les allies des USA : Israël, Jordanie, Egypte, Arabie Saoudite, pour les frères musulmans dans un premier temps, puis pour l'Iran des mollah dans un deuxième temps, est de tres mauvaise augure.Les retournements de situation , les changements d'alliance, tout ca fait penser a des preliminaires de guerre