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vendredi 23 janvier 2015

DE LA DÉRISION ET DE LA HAINE Par André NAHUM



DE LA DÉRISION ET DE LA HAINE

La chronique de André NAHUM



Je vous parle de ma bonne ville de Sarcelles, devenue un camp militaire avec des soldats qui  dorment dans les synagogues et qui se relaient jour et nuit dans la gare et devant les lieux de culte et les bâtiments juifs menacés.  Cela fait bizarre, cela rappelle la guerre, mais c’est rassurant et les gens se demandent avec inquiétude : Jusqu’à quand vont-ils rester et que se passera-t-il après leur départ? Oui, toute la question est là : Allons-nous vivre en permanence sous protection militaire ?



Laïcité et islam


Ce que nous apprenons à la radio et voyons à la télé ne pousse pas à l’euphorie. Le hiatus entre la laïcité française et l’islam intégriste est trop profond, la haine du Juif est trop forte. Le dernier numéro de Charlie Hebdo que l’on s’est arraché en France a  représenté le prophète avec un message de pardon, mais n’avait rien d’insultant ni de blasphématoire et pourtant, dans de nombreux pays, les manifestations anti-françaises ont été violentes et souvent meurtrières.
Il faut croire, comme l’a dit Djamel Debbouze, dimanche soir sur TF1 que les Européens et particulièrement les Français ne se rendent pas compte que la culture des Musulmans leur rend insupportable tout ce qui peut apparaître  de près ou de loin comme  une atteinte à Allah et à son prophète. Personnellement, étant né tunisien, je le sais. Faut-il  pour cela  interdire aux artistes, aux écrivains, aux dessinateurs, aux caricaturistes de produire toute œuvre qui pourrait être considérée comme blasphématoire ? Faut-il, dans un pays où la gouaille, la dérision, de Rabelais à Coluche font partie intégrante de l’identité et de la culture, interdire une caricature, une blague, mettant en cause, Moise, Jésus ou Mohamed?
Certains le souhaitent et demandent en invoquant la loi Gayssot, que l’on  interdise et punisse le blasphème. D’autres, s’irritent de ce que l’on interdise un spectacle de Dieudonné quand il s’attaque violemment aux Juifs et que l’on permette ce qu’ils considèrent comme un acte d’islamophobie et parlent de deux poids, deux mesures. Mais les deux choses n’ont rien à voir. L’antisémitisme de Dieudonné et de son ami Soral est un appel à la haine, alors que des dessins ou des caricatures, même s’ils  peuvent choquer ou paraître inopportuns, sont un appel à la dérision. Nous sommes donc en présence de deux positions difficilement conciliables mais nous sommes en France et la Loi est française.

Réactions tunisiennes


Pour passer à une note plus optimiste je voudrais  relever  les réactions tunisiennes après les terribles journées que nous  avons vécues. En effet, le président Beji Caïd Essebsi s’est rendu à l’ambassade de France à Tunis pour affirmer sa solidarité avec notre pays. Le journal Le Temps a fait le récit des attentats en titrant: «La Tunisie en deuil» en référence aux trois victimes juives d’origine tunisiennes. Des partis politiques,  dont Ennahda ont présenté leurs condoléances, et dans l’hebdomadaire Attarik Al Jadid, son directeur, Samir Taieb,  également président du parti Al Massar, démocratique et social, au soir de l’attentat de Charlie Hebdo, envoya ses condoléances à la direction du journal et publia un long article dans lequel il écrit  notamment : «ému et choqué, ce soir je pleure, doublement consterné par le drame qui a frappé Charlie Hebdo. D’abord, en tant que citoyen du monde, menacé dans sa liberté, menacé dans sa vie, ensuite, en tant que militant politique pour la démocratie».


Samedi soir, près de deux cents personnes se sont  rassemblées devant la grande synagogue de Tunis à l’initiative de l’Association de défense des minorités, pour rendre hommage à Yoav Hattab, citoyen  tunisien, assassiné à l’Hyper Cacher. Enfin dimanche, encore à Tunis, à l’hôtel Africa, un  hommage a été rendu à toutes les victimes. Bref, en république tunisienne, un petit rayon  soleil  dans un ciel  loin d’être  serein.

4 commentaires:

Parole VOLEE a dit…

Je lis dans votre article un passage susceptible de controverse pour connaisseurs. Vous écrivez : (La page de couverture de CH) a représenté le prophète avec un message de pardon, mais n’avait rien d’insultant ni de blasphématoire et pourtant, dans de nombreux pays, les manifestations anti-françaises ont été violentes et souvent meurtrières." Et pourtant si! Cette couverture est des plus insultantes au regard de la culture disons "islamique"pour rester politiquement correct . Un musulman, sachez -le, et encore moins le Prophète ne s'excuse ou demande "pardon"-injure supreme-.Un musulman qui demande pardon à un non musulman fait montre d'une faiblesse incompatible avec son fonctionnement cultuel et culturel avec des athées, des chrétiens ou des juifs -n'en parlons pas. Vous l'ignoriez? Alors un exemple véridique en témoignage personnel pour illustration. Des amis proches ont mis au point une méthode de lecture du français qu'ils ont présenté au ministère de l'Education Nationale..qui s'est montré réticent. Non pas en raison de la qualité de la méthode, mais dans certains aspects de son contenu au potentiel dangereux. La méthode de lecture étant destinée aux enfants des écoles de "banlieue", les auteurs de ladite méthode ont fait en sorte de "multiculturaliser" les prénoms des enfants qui passent allègrement de "Christianne" à "Fofana"; de "Fofana" à "Mohamed". Dans ce contexte, se trouvait une phrase apparemment insignifiante ;"Mohamed tire les cheveux de sa camarade Christianne, Christianne pleure, Mohamed s'excuse auprés de Christianne". Anodin, normal, banal,logique, éducatif? -Pas du tout. Les instituteurs ont expliqué qu'il était délicat de laisser lire ce passage à caractère" dangereux de nature a enerver ses elves musulmans"(sic).En effet : '1)Un musulman ne s'excuse pas devant une femme- 2) Un musulman ne s'excuse pas devant un non musulman. La méthode était à réaménager... mais voilà qui en dit long sur une incompréhension réelle des valeurs des uns et des autres. Trop de journalistes ne réalisent pas le fossé culturel et induisent leurs lecteurs en erreur dans une phraséologie apparemment logique, humaniste et emplie de compassion, de générosité et de bon sens versant dans un pardon stupide à la Charlie Hebdo... Mais le résultat dans la vie pratique se situe aux antipodes de la bonne volonté à imposer naturellement à ceux qui s'en moquent. A bon entendeur... PS : Un grave attentat a eu lieu ce matin dans un autobus à Tel-Aviv; Je défie d'expliquer la notion de "pardon" à cet assassin mu par une sous culture de haine religieuse. Ce serait l'encourager allègrement à mépriser encore plus fort les "habitués compassionnels" perçu comme des faibles.

jhanon a dit…

Je connais bien la Tunisie pour m’y rendre une ou deux fois par an. Certes c’est un pays Musulman ou quelques uns nous en veulent. Mais ou la grande majorité vivent avec nous comme de véritables frères calmement avec courtoisie et hospitalité et ne sont aucunement vaindicatif. C’est un pays stable,travailleur et hospitalier. Ou le respect de l’autre est réellement sacré

jhanon a dit…

Je connais bien la Tunisie pour m’y rendre une ou deux fois par an. Certes c’est un pays Musulman ou quelques uns nous en veulent. Mais ou la grande majorité vivent avec nous comme de véritables frères calmement avec courtoisie et hospitalité et ne sont aucunement vaindicatif. C’est un pays stable,travailleur et hospitalier. Ou le respect de l’autre est réellement sacré

Bernard ALLOUCHE a dit…

Le nouveau drame des caricatures révèle une situation bien nouvelle.
Les manifestations dans les pays arabes ont été plus tardives que lors des premières caricatures. Elles ont été mieux contrôlées et bien orchestrées par leurs Chefs.
La situation de la Tunisie a été menée de main de maître par les dirigeants. Hommages, journaux dictés par le pouvoir et velléités de certains de ces sauvages verrouillées afin de paraître au yeux de l'occident rentrer dans une nouvelle ère de démocratie. Le mouvement Ennahda venant compléter ce concert d'hypocrisie. Triste rayon de soleil !!
Et en réponse à Jhanon : Messieurs les tunisiens l'amour de votre pays vous aveugle et ne vous a jamais quitté, maintenant que la "démocratie" est revenue il serait temps de retourner sur votre terre natale. Les "démocrates" vous attendent les bras ouverts.
Bernard Allouche