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vendredi 10 octobre 2014

TURQUIE : GRANDE GUEULE ET PETITS BRAS Par Jean SMIA



TURQUIE : GRANDE GUEULE ET PETITS BRAS

Le billet d'humeur de Jean SMIA


Des tanks turcs près de Mursitpinar, près de Kobane

Les militaires, pour qualifier une attitude hardie et courageuse, emploient l'adjectif «couillu». Cependant, par opposition, «jouer petit bras» est moins trivial.
La récente proposition turque de créer une «zone tampon» à sa frontière avec la Syrie, zone dans laquelle la coalition ne bombarderait pas au prétexte que les réfugiés seraient alors à l'abri, est symptomatique de la lâcheté de la stratégie islamiste de combattre. Qu'il s'agisse du Hezbollah, du Hamas, de Daesh ou des Turcs, qu'il s'agisse de Sunnites ou de Chiites ou de Frères musulmans, le concept militaire reste identique : mettre les plus vulnérables en paravent face à leur ennemi et se réfugier derrière eux.


Protéger la veuve et l'orphelin

Réfugiés kurdes à la frontière turque

Enfants, femmes, vieillards, impotents, réfugiés sont, pour eux, un bouclier parfait. Notre vieux concept occidental de «protéger la veuve et l'orphelin» n'a pas cours chez ces gens-là. Ainsi, plus il y aura de victimes innocentes, plus les palabres sur la victimisation, images à l'appui, influeront sur l'opinion. D'autre part, si cette apathie de tous les gouvernants de pays musulmans pour relever le défi de Daesh contraste avec leurs fanfaronnades verbeuses lors de parades militaires, c'est que chacune de leurs armées est mobilisée pour maintenir les pouvoirs en place. Et s'ils envoyaient des troupes vers ce front, non seulement ils connaissent, par avance, la proportion de défections, mais en plus ils sont certains de ne plus se maintenir en place.
Etat-Major turc

Tout le monde se souvient des «procès» inventés (pas intentés) par Erdogan pour «musulmaniser» l'État-major de son armée qui, selon la constitution turque, était la garante de la laïcité du gouvernement. Maintenant, le succès d'Erdogan dans l'élimination des forces laïques de son État-major se retourne contre lui : les convictions des gens qu'il a mis en place dans l'État-major de son armée font qu'ils ne considèrent pas le Daesh comme un ennemi de la nation Turque. Les ennemis de la nation turque, pour cet État-major, sont les minorités turques. Des dizaines de morts par manifestation, en Turquie : il n'y a que l'armée pour obtenir des scores pareils.

Grâce à Erdogan, le Daesh est, déjà, dans l'État-major de l'Otan.

1 commentaire:

Parole VOLEE a dit…

J'aime bien la formule finale ;"
Grâce à Erdogan, le Daesh est, déjà, dans l'État-major de l'Otan."