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vendredi 19 septembre 2014

NETANYAHOU VEUT ÊTRE SEUL À BORD



NETANYAHOU VEUT ÊTRE SEUL À BORD
Par Jacques BENILLOUCHE
copyright © Temps et Contretemps 
           
Guideon Saar

Cela devient une triste habitude pour l’entourage du premier ministre qui pourrait presque devenir le fossoyeur du Likoud. Dès qu’une étoile montante se profile à l’horizon, il fait en sorte de lui savonner la planche pour ternir ses ambitions. Les meilleurs du Likoud se sont dirigés vers d’autres horizons, affaiblissant ainsi un parti qui, selon les chiffres, n’est plus le premier parti d’Israël puisqu’il vient de perdre un siège au profit d’Israël Beiteinou. Yesh Atid de Yaïr Lapid reprend la tête avec 19 députés.



Sacrifier les meilleurs

Moshé Kahlon

            Les alertes n’ont pourtant pas manqué pour mettre en garde Netanyahou contre une droitisation excessive du parti. Moshé Kahlon avait quitté le parti, en pleine gloire, parce qu’il ne voulait pas être associé à une politique qu’il jugeait antisociale. Le premier ministre ne peut supporter qu’on lui fasse de l’ombre et supporte encore moins la contradiction. Il préfère laisser partir les meilleurs, Benny Begin, Dan Meridor et Michael Eitan plutôt que d’essayer de composer avec eux. 
        Son directeur de cabinet Naftali Bennett avait préféré reprendre la tête d'un parti moribond, le parti national religieux, pour le remettre au-devant de la scène politique, avec succès, tant il avait été bloqué dans son ascension par son mentor. Ceux qui partent ont toujours les faveurs des militants qui les placent souvent en tête. Kahlon et Saar avaient été placés en première position aux élections primaires du parti. Netanyahou n’arrive plus à garder autour de lui les pépites d’un parti qui régresse d’année en année.

            La démission surprise du ministre de l’intérieur,  Guideon Saar, entérine la rupture des deux plus hauts personnages politiques du moment. L’homme, qui était son alter ego et son confident, n’a pas résisté à l’appel du large. Il a avoué avoir eu envie de le faire avant mais, dans l’intérêt de son parti, il avait préféré temporiser après le départ tonitruant de Moshé Kahlon. Cette idée le traversait depuis longtemps. Les circonstances du moment, l’élection présidentielle et la guerre de Gaza, l’ont convaincu de surseoir à sa décision. Par ailleurs, il avait été profondément vexé d’avoir été mis à l’écart du saint des saints, le cabinet de sécurité, où sont débattues les questions essentielles du pays. Son concurrent Guilad Erdan avait été choisi à sa place.

Reconquête


            Il est certain que ce départ de la vie politique est temporaire car se profile à l’horizon de nouvelles élections anticipées. Cette décision préfigure une stratégie de reconquête d’un espace en friche à gauche. Le parti travailliste est atone, inexistant, malgré l’arrivée décevante à la tête d’Yitzhak Herzog, peu charismatique et mauvais orateur, qui enfonce son parti au bas des sondages. Il n’est pas impossible que les deux transfuges de l’aile gauche du Likoud, Saar et Kahlon, se trouvent des points communs pour se présenter ensemble devant des électeurs qui aspirent à un peu plus de mesures sociales non seulement pour les classes défavorisées mais aussi pour les classes moyennes.
Saar a rejoint dans son discours les suggestions de Kahlon : «nous devons élever la bannière sociale ... il ne faut pas blesser les classes les plus faibles ... nous ne devons pas voler les brebis du pauvre homme ... »  Ces préoccupations étaient certes aussi dans le projet électoral du centriste Yaïr Lapid mais ce dernier a été phagocyté en acceptant un poste ministériel où il a eu les bras liés pour envisager toute possibilité de réformes.

Guilad Erdan

            Le Likoud risque par ailleurs d’être décapité avec le départ d’une autre étoile montante, son numéro 3, Gilad Erdan, qui ambitionne de devenir ambassadeur à l’ONU. L’horizon s’éclaircit pour le jeune Naftali Bennett, leader du parti sioniste religieux, qui se sent pousser des ailes et qui songe à devenir calife à la place du calife.
Guideon Saar et sa femme Geoula

            Dans sa nouvelle retraite, Guideon Saar va pouvoir organiser son retour politique avec l’aide de sa compagne, la journaliste vedette Geoula, de la première chaîne nationale de télévision. Mère de trois enfants d’un premier mariage et de David né en 2013 de son union avec Guidéon Saar, elle a décidé de s’impliquer totalement en l’accompagnant lors des sorties politiques où ils donnaient l’impression d’un jeune couple uni et convainquant. Elle lui sera d’une grande utilité car elle domine les techniques médiatiques qui font ou défont aujourd’hui les hommes politiques.


          Le premier sondage est tombé après la démission de Guideon Saar. Entre parenthèses le nombre de mandats dans la Knesset actuelle :
Likoud : 27 mandats (21), 
HaBayit Hayehudi de Naftali Bennett : 19 mandats (12), Travaillistes : 15 mandats (15),
Yesh Atid de Yaïr Lapid : 12 mandats (19), 
Israël Beiteinou d’Avigdor Lieberman : 9 mandats (10
Meretz : 9 mandats (6).

Lire l'article sur Moshé Kahlon n cliquant sur le lien :




1 commentaire:

AMMONRUSQ a dit…

La politique quel que soit le lieu n'est jamais facile et simple !