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vendredi 12 septembre 2014

REALPOLITIK Par André NAHUM



REALPOLITIK

La chronique de André NAHUM



          

          Les choses ont tellement bougé au Moyen-Orient depuis ce fameux «printemps arabe» que l’on a peine à s’y retrouver. Il en est ainsi en ce qui concerne Israël à sa frontière avec la Syrie sur le Golan qui avait été la plus calme depuis la guerre de Kippour en 1973. Depuis quelques mois les combats que se livrent l’armée syrienne et les rebelles s’en rapprochent au point qu’ils se déroulent parfois à quelques dizaines de mètres du territoire israélien et il arrive que par accident, ou volontairement, des projectiles blessent ses militaires.



ASL

          Jusqu’à ce jour, l’État hébreu, qui n’a jamais voulu se mêler de ce conflit, a tout de même riposté en bombardant les positions de l’armée syrienne. Cela pouvait se comprendre lorsque les rebelles appartenaient à l’armée syrienne «libre» c’est-à-dire une formation démocrate et laïque avec laquelle il y aurait eu un espoir de s’entendre ; mais aujourd’hui on ne parle presque plus de cette armée qui est submergée par les djihadistes qui contrôlent cette frontière.
          Il s’agit là des miliciens de l’État islamique, c’est à dire le groupement terroriste, le plus féroce, le plus inhumain qu’ait connu la région depuis l’invasion mongole au 13ème siècle. Anti-occidentaux, anti-juifs forcenés, ces djihadistes décapitent, crucifient, violent, pratiquent des exécutions de masse, des conversions forcées, ne tolèrent aucune minorité d’aucune sorte et leur présence sur la frontière du Golan serait bien plus dangereuse pour Israël que le Hamas à Gaza.

          Alors, comme le suggère le Jerusalem post d’hier, l’État hébreu, s’il doit sortir un tant soit peu de sa neutralité, ne devrait-il pas plutôt s’en prendre aux islamistes qu’à l’armée de Bachar Al Assad ? Du point de vue de la morale, quelles qu’aient été les effroyables exactions qu’a commises cette armée, elle est encore en deçà de ce qu’ont fait, de ce que peuvent faire les djihadistes qui se sont révélés les pires ennemis de l’Humanité. Et en bombardant les positions de l’État islamique et en réunissant contre lui une coalition de 40 pays, les États-Unis n’aident-ils pas indirectement Bachar Al Assad ?
          Les bouleversements qui se produisent dans la région ne permettent-ils pas d’imaginer que le dictateur syrien, qui ne partage avec ses acolytes iraniens et Hezbollah ni la même identité religieuse ni la même idéologie, serait intéressé à s’éloigner d’eux et de leur position anti-israélienne, s’il peut trouver d’autres alliances ? 
          Et si c’était ça la realpolitik ?

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