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vendredi 12 septembre 2014

RÉFLEXIONS SUR LA VIOLENCE ET LA BARBARIE D’UN MONDE FOU



RÉFLEXIONS SUR LA VIOLENCE ET LA BARBARIE D’UN MONDE FOU
Par Jacques BENILLOUCHE
copyright © Temps et Contretemps 
        

          Le monde, le Moyen-Orient en particulier, est devenu fou de violence et de barbarie et il devient légitime de se demander si la genèse et la responsabilité ne doivent pas être attribuées aux États-Unis qui ont envahi l’Irak pour provoquer la chute de Saddam Hussein. Barak Obama est responsable de la maladresse d’une stratégie erronée dans l’installation du nouveau pouvoir. En écartant tous les cadres de l’armée et de la police et la plupart des fonctionnaires irakiens, certes mouillés dans l’ancien régime par servilité plus que par conviction, il a non seulement créé un monde de frustrés mais il a participé à la mise en place d’un chaos qui s’est propagé à travers la région. 
     L’Irak a été l’exemple d’une intervention mal préparée politiquement où la force était censée régler les problèmes consécutifs à une dictature sanglante. Le pays a été désorganisé et les structures administratives éclatées. Un désordre a succédé à un autre désordre et l’on a cherché à guérir la violence par une autre violence. La frustration d’un peuple déçu a entrainé une nouvelle violence poussée au paroxysme.


Réveil du sentiment national

            En éliminant Saddam Hussein, les Américains ont réveillé le sentiment national des Chiites qui avaient souffert de l’oppression des baasistes prompts à exercer des exactions insupportables. En accaparant les rênes du pouvoir, les victimes chiites d’hier se sont vengées des Sunnites, coupables de complicité avec le dictateur. Tous ceux qui avaient été écartés de la gouvernance, anciens soldats, généraux, policiers et fonctionnaires, ont créé des bataillons d’insoumis qui ont gonflé les rangs des djihadistes. Ces hommes aigris ont réinvesti l’Irak et la Syrie et le cycle d’une répression sanguinaire a fait des dizaines de milliers de morts. Face à ce déferlement de violence, notre conflit israélo-palestinien devient paradoxalement une parenthèse avec un nombre de morts réduit mais avec la même dose de haine et de violence, constituants les ingrédients naturels d’une guerre de religion.
         Si l’inaction des gouvernements et leur impossibilité à trouver des solutions viables aux problèmes récurrents et aux espoirs expliquent des troubles, rien ne peut justifier les atrocités et la barbarie que les médias relaient aux premières pages des médias. L’agressé devient agresseur et la violence répond à la violence. Le cycle infernal s’organise avec la même constante barbare : les Chiites se vengent des Sunnites qui ont soutenu les dictatures puis à nouveau les djihadistes sunnites rééditent les exploits d’horreur de ceux qui les ont martyrisés. 

        Certains iront jusqu’à justifier ces violences par celles qu’ils ont subies de la part des Américains qui ont mené ce qu’ils considèrent comme une Croisade contre les Musulmans. Conscient de ce sentiment latent chez les Musulmans, Obama a d'ailleurs tenu à s’adresser en 2009 à eux depuis la tribune du Caire avec l’impression de battre sa coulpe. Ce sentiment de Croisade a aussi justifié la violence faite aux Chrétiens d’Irak, de Syrie et même d’Égypte car la haine et la peur engendrent automatiquement une volonté d’anéantissement de l’autre, par souci de défense identitaire.

Absence d’État


            Mais cette violence extrême est liée à l’absence d’un État fort, ou à l’absence d’État tout court, capable de canaliser les frustrations. Quand la loi de la jungle prédomine alors les groupes les plus forts et les plus violents s’imposent pour survivre, souvent en s’appuyant sur l’idéologie du moment, nationaliste, religieuse ou tribale. Les exemples ne manquent pas dans l’histoire avec les Arméniens en Turquie, les Nazis en Allemagne, les Yougoslaves en Europe, les Hutus au Rwanda et les Khmers rouges au Cambodge.  

            Il demeure difficile de mettre fin au cercle vicieux de la violence. Freud avait proposé sa solution dans une lettre à Einstein, intitulée pourquoi la guerre ? Il aborda le thème de la pulsion de mort et les énergies destructrices de la façon dont nous devons rediriger l'homme dans l'action sociale positive. Freud appella pour une «dictature de la raison». Le père de la psychanalyse avait proposé la mise en place d'une force internationale capable d’intervenir d'une manière  équilibrée pour arrêter la violence sur un plan mondial. Il estimait alors qu’un pouvoir extérieur coercitif pouvait s’avérer plus fort que celui des protagonistes. Il avait ainsi anticipé la stratégie qui aurait dû être appliquée en Syrie. Si les États-Unis avaient frappé le régime de Bachar el-Assad au début de sa révolution, on aurait pu faire l’économie de centaines de  milliers de morts mais surtout de l'émergence de l'État islamique.


Hésitations américaines

L’archevêque de Cantorbéry

Dans ce contexte, les dirigeants politiques et les chefs religieux ont exhorté la communauté internationale à intensifier sa réponse à la persécution religieuse au Moyen-Orient. Les Églises du Moyen-Orient ont condamné l'inaction mondiale, en insistant sur la crise croissante en Irak et la Syrie. Le Patriarche Cardinal Rai a déclaré: «Beaucoup trop longtemps, le monde a résisté là à regarder ces atrocités sans lever le petit doigt alors que le gouvernement local s'est avéré être tout à fait incapable de sauver la vie de ses citoyens». L’archevêque de Cantorbéry a averti que le Moyen-Orient est le «berceau du christianisme, et abrite des communautés chrétiennes autochtones, qui ont été un élément indispensable de son histoire. La région est en danger désespérée de perdre une partie irremplaçable de son identité, le patrimoine et la culture».

C’est dans ce contexte que, dans son dernier discours, Obama hésite et persiste à menacer les djihadistes au lieu d’agir sans préavis : «Si vous menacez l'Amérique, vous n'aurez aucun refuge sûr». Il ne fait qu’affirmer la faiblesse des États-Unis face au nouveau fléau. La violence et la barbarie ont encore de beaux jours devant eux.


3 commentaires:

Avraham NATAF a dit…

Cruauté pour affaiblir aussi les musulmans, dans les pays occidentaux, qui trouvent des avantages comme le pain quotidien, les avantages sociaux, l’éducation et la promotion impossible à recevoir dans leurs pays

Kahazara a dit…

Merci pour cet aperçu
Je me demande juste si au debut de la partie "reveil d'un sentiment..." le mot "baasiste" est-il celui qui vous vouliez utiliser? Je peux me tromper, il me semble qu'il est approprié à la Syrie et vous parlez alors de l'Irak, je pense que vous vouliez dire sunnite, mais svp si je me trompe, je vous serai reconnaissante de me corriger en réponse. Merci bien
Et bonne continuation, pour mon plus grand bénéfice :)

Jacques BENILLOUCHE a dit…

Le parti Baas a aussi existé en Irak. Il est arrivé au pouvoir en Irak en 1963 et chassé la même année, puis de 1968 à 2003.