ARTICLES LES PLUS LUS SUR LE SITE DEPUIS JUIN 2010 - LE BEST DU BEST OFF - CLIQUER UNE IMAGE POUR LIRE OU ARRÊTER LE DEROULEMENT


ARTICLES LES PLUS LUS SUR LE SITE - Cliquer l'image pour lire ou arrêter le déroulement

 

mercredi 26 juin 2013

LE TORCHON BRÛLE ENTRE LE HAMAS ET LE DJIHAD



LE TORCHON BRÛLE ENTRE LE HAMAS ET LE DJIHAD

Par Jacques BENILLOUCHE
copyright © Temps et Contretemps


Israël a subi dans la nuit du 24 juin 2013 des tirs de roquettes, qui ont touché le sud du pays, pour des motifs liés à une mésentente interne aux palestiniens de Gaza. Il est en quelque sorte une victime collatérale du bras de fer entre le Hamas et le Djihad islamique. Mais paradoxalement, les tirs sont directement liés au conflit qui déchire la Syrie. 
En effet, chacune de ces deux organisations  est liée à un clan dans la guerre civile syrienne. Le Hamas apporte son soutien aux rebelles syriens sunnites ce qui a entrainé une réaction d’expulsion des militants du Hamas de Syrie.  Le Djihad islamique en revanche, d’inspiration chiite, financé et armé par l’Iran, soutient le régime de Bachar Al-Assad à l’instar d’ailleurs du Hezbollah.





Arrêt des livraisons d’armes



Les djihadistes à Gaza

Le Hamas a payé cher son refus de soutenir le régime syrien puisqu’il a été privé d’armement et de financement par les iraniens. Il a donc été contraint à produire ses propres armes, de manière un peu rudimentaire et à faire appel au Qatar pour compenser ses besoins financiers. Mais le flot de livraisons ne s’est jamais tari pour le Djihad islamique qui devient le seul destinataire des armes et des missiles iraniens, créant ainsi un déséquilibre entre les deux organisations. En échange, les iraniens exigent que le Djihad provoque des actions de diversion contre Israël pour détourner l’attention de l’opinion internationale de la Syrie afin de baisser la pression sur le régime de Bachar Al-Assad. 
Al-Maqdisi

Pour déstabiliser la bande de Gaza, l’Iran arme et finance les Bédouins du Sinaï, affiliés aux groupes salafistes, pour les pousser à agir contre le Hamas. Ces bédouins se regroupent autour de Tawid al Djihad (appelé aussi  Jahafil Al-Tawhid Wal-Djihad fi Filastin : Les armées du Dieu unique et du Djihad en Palestine). Ce mouvement a été créé en 2006. Le cheikh Al-Maqdisi, l'autorité morale dont s'inspire cette formation, revendique régulièrement des attaques à la roquette du territoire israélien. Al-Maqdisi, avait été arrêté par le Hamas le 2 mars 2001, mais relâché le 3 août 2012. Cela pourrait expliquer l'activisme des groupes au Sinaï.

Israël est resté neutre dans ce conflit interne qui ne le concerne nullement mais c’était sans compter sur la volonté du Djihad de réchauffer le front de Gaza. Une querelle entre policiers du Hamas et  un chef du Djihad, qui n’a pas voulu obtempérer aux ordres de contrôle, a tourné au drame lorsque les policiers ont abattu Raed Qassim Jundeyeih. Les autorités locales sont suspectées d’avoir volontairement donné l’ordre de l’éliminer parce qu’il est l’un des principaux experts en lancement de fusées.

On en sait un peu plus sur le déroulement de l’incident. La police du Hamas s'était rendue, le 22 juin, à une adresse dans la ville de Gaza, pour délivrer une convocation à l’un des membres de la famille Jundeyeih. En approchant de la maison, des partisans ont ouvert le feu en direction des forces de l’ordre qui ont riposté en tuant le chef du Djihad qui était armé. Le chef terroriste acceptait mal d'être convoqué comme un vulgaire délinquant et pressentait qu'il allait être arrêté par mesure préventive dans le cadre de ses tentatives de lancement de roquettes sur Israël.  
Haniyeh et Mechaal à Gaza

Pourtant, et c’est ce qui ne plait pas aux salafistes, le calme règne depuis de longues semaines à la frontière avec Gaza car le Hamas, sur les injonctions du président égyptien Mohamed Morsi, veille à ne pas envenimer la situation sécuritaire. Par ailleurs, en cette période où le siège du président Mahmoud Abbas devient de plus en plus éjectable, son remplaçant putatif le leader du Hamas Khaled Mechaal, réélu le 1er avril 2013 au Caire, à la tête du mouvement islamiste palestinien, veille à apparaitre comme un dirigeant pragmatique qui ne recherche plus la guerre pour se donner une stature présidentielle conforme aux désidératas des Occidentaux.



Hamas affaibli




     Le Hamas a été affaibli après la guerre Plomb durci de décembre 2008. A la suite des bombardements de l'aviation israélienne, il a perdu une grande partie de son armement réduit en fumée. Mais le Djihad, qui a subi lui-aussi de fortes pertes, a vu son stock d’armement et de missiles complètement reconstitué par les iraniens, intéressés à maintenir la pression contre Israël.   
À la suite du grave incident qui a entrainé la mort de l'un de ses chefs, le Djihad a annoncé officiellement qu’il rompait ses relations avec le Hamas, ce qui en soi confirmait déjà la rupture de fait entre ces deux organisations. En revanche cela implique qu’il n’est plus tenu par les engagements pris par le Hamas vis-à-vis d’Israël. Il pourrait donc à nouveau réchauffer le front sud comme il l’a fait le 24 juin avec les représailles israéliennes qui en découlent automatiquement, faisant entrer la région dans un cycle de violence qui parviendra rapidement à son paroxysme.
Dôme de fer

D’ailleurs, en réponse aux nombreux tirs de roquettes sur Israël au cours des dernières heures, des avions de Tsahal ont ciblé l'infrastructure terroriste, y compris deux installations de stockage d'armes et un site de lancement de fusées dans la bande de Gaza. Deux roquettes ont été interceptées avec succès par le système de défense antimissile Dôme de fer. Fidèle à sa politique des responsabilités imputées au Hamas,  Israël, par une déclaration du lieutenant-colonel Peter Lerner a confirmé que : «l’attaque à la roquette de la nuit dernière est un acte intolérable d'agression contre Israël et ses citoyens ; le Hamas est tenu pour responsable de tous les actes de terrorisme provenant de la bande de Gaza L'armée israélienne est déterminée à protéger l'État d'Israël et agira en conséquence».

Le chef du Djihad islamique Ahmad al-Mdlal a déclaré de son côté que la police du Hamas a commis une erreur en tuant un de ses membres au cours d'une fusillade et a appelé à une enquête équitable sur la mort. Le ministère de l'Intérieur du Hamas a ordonné une enquête sur la mort  du membre de l'aile militaire du Jihad islamique, les Brigades Al-Qods mais on doute de l'impartialité des enquêteurs. Toutefois, quels que soient les résultats de l’enquête, la rupture est consommée entre le Hamas et le Djihad ce qui laisse présager que leur querelle se règlera par Israël interposé.

2 commentaires:

Gérard AMSELLEM a dit…

Tout ça parce qu'ils ne sont pas capables de trancher...à qui Mahomet a laissé les clés du magasin ?

kravi a dit…

1. Qu'ils continuent à s'entretuer, c'est tout bénéfice. C'est ce que devrait comprendre l'occident avec la Syrie. Position cynique mais clairvoyante.
2. On remarque que lorsque deux génocidaires arabes sont en désaccord, ce sont les civils israéliens qui trinquent. Logique, de leur point de vue. Comptez sur la presse nationale pour mettre ce point en évidence.