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lundi 27 mai 2013

ÉLECTIONS : LA SANCTION DES URNES






ÉLECTIONS : LA SANCTION DES URNES

Par Jacques BENILLOUCHE
copyright © Temps et Contretemps

                 
          
          Alea jacta est, le sort en est jeté. Deux élections distinctes avaient lieu le même jour. L’élection à la présidence du Crif et l’élection législative partielle pour la 8ème circonscription, incluant Israël,  pour représenter les français de l’Étranger. Mais pour la deuxième élection la surprise était au rendez-vous.



Une présidence symbolique
Roger Cukierman



    Le premier résultat concerne l’élection de Roger Cukierman qui avait réussi à éliminer de la compétition tous ceux qui pouvaient lui faire de l’ombre. Peu de griefs peuvent être soulevés contre cette personnalité respectable et compétente, sinon son âge élevé, 77 ans, et le fait qu’il ait déjà occupé la fonction de  2001 à mai 2007. Son conseiller en communication, Richard Prasquier, l’avait remplacé à la tête du Crif. Dans ce jeu de tourniquet, il est fort probable que Richard Prasquier sera à nouveau candidat en 2019, date à laquelle il n’aura que 74 ans !

            Il étonnant de constater que la communauté juive est incapable d’évoluer et de renouveler ses cadres puisqu’il a été nécessaire de faire appel à de vieilles connaissances pour occuper un poste national. C’est à désespérer d’une organisation qui perd de plus en plus sa crédibilité parce la gérontocratie s’accroche désespérément aux leviers de commandes. C’est à croire que certains ont tellement le goût du pouvoir qu’ils empêchent toute tête de dépasser. Les jeunes sont bloqués dans leur ascension et quand, par miracle, l’un d’entre eux parvient presque au sommet, on lui fait miroiter des intérêts matériels qui lui font perdre le goût du combat et du défi. Or seuls les jeunes peuvent apporter du sang nouveau et revitaliser une organisation qui part à la dérive faute d’action et de changement alors que les juifs en France subissent les contrecoups d'un éveil islamiste.

Pourtant une fois la Légion d’Honneur distribuée, cette fonction bénévole, officiellement non rémunérée,  donne droit à quelques avantages matériels conséquents en plus de l’honneur de la fonction qui permet de fréquenter les hautes autorités de l’État. Le président se voit offrir en outre le droit à des voyages en classe affaires, une voiture de fonction, un chauffeur et deux gardes du corps fournis par le ministère de l’Intérieur.  
Sarkozy Hollande au diner du Crif

            Cependant le Crif ne pèse pas lourd dans la communauté sauf à organiser son diner annuel où se pressent les dirigeants et les corps constitués. Il fédère à ce jour près de 60 associations censées faire vivre la pluralité des idéaux et des missions de la communauté juive organisée. Certaines organisations ont une poignée d’adhérents alors que d’autres n’y participent pas par conflit idéologique. Ainsi pour l’exemple, les anciens de la résistance juive et les anciens combattants et engagés volontaires juifs ont dû voir leurs rangs s’étioler par le juste jeu de la nature mais leur voix reste prépondérante. En revanche le Consistoire et les Loubavitchs, pour ne noter que ces deux organisations à fort potentiel humain, n’ont pas participé au vote du président du Crif.

Député représentant Israël




            La deuxième élection, la législative partielle, qui a eu lieu le même jour a été caractérisée, comme prévu, par un très faible taux de participation malgré un système de vote efficace par Internet qui évite les déplacements. Cela confirme ainsi le manque de conviction d’un électorat hétéroclite qui pour certains ne parlaient ni n’écrivaient le français mais qui ont été «aidés» pour voter ou pour le moins, pour déchiffrer le nom des candidats sur les bulletins de vote. Cinq candidats, parmi les plus fantaisistes, avaient d’ailleurs jeté l’éponge avant le premier tour en n’imprimant pas de bulletins de vote ce qui les excluait de fait de la compétition. Le choix devait donc se faire sur les quinze courageux restants.

            Le premier tour de 2012, qui comportait 109.411 inscrits, avait enregistré 14.626 suffrages exprimés soit une participation de 13%. Pour l’élection partielle de mai 2013, le nombre d’inscrits est passé à 111.736  électeurs tandis qu’il y a eu 11.348 votants dont 5.638 par Internet, soit une participation de 10%. Les résultats définitifs pour l’ensemble de la circonscription ont donné dans l’ordre : Valérie Hoffenberg 2.479 voix, Meyer Habib 1.744 voix, Marie-Rose Koro 1.659 voix.

            La surprise indéniable vient bien sûr de Meyer Habib qui est entré très tard dans la course à la manière d’un bulldozer. Il a fait une campagne dynamique, sinon agressive, certains candidats l'estiment à la limite de la légalité et basée sur le «tout Israël». Il a appelé à la rescousse le premier ministre Benjamin Netanyahou qui s’est départi de sa neutralité dans une élection française en prenant une position officielle pour son ancien conseiller. 
          Le jour de l’élection, Meyer Habib a affrété en Israël des autobus pour amener ses électeurs aux bureaux de vote pour s’assurer de leur vote. C’est de bonne guerre en Israël où la méthode est utilisée lors des élections israéliennes mais cela implique un budget électoral conséquent. Il a ainsi obtenu 1.575 voix en Israël et Jérusalem contre seulement 1.058 pour Valérie Hoffenberg. 

Meyer Habib a donc fait le bon choix puisqu’il avait flairé que ses chances au Crif étaient réduites : il a préféré l’élection au poste de député à l’Assemblée nationale.

            Le deuxième tour est ouvert malgré les 700 voix d’écart entre les deux premiers candidats car il faudra compter avec les 1.659 de la socialiste Koro, les 479 voix de David Shapira, les 755 voix de Jonathan-Simon Sellem et les 884 voix du dissident UMP Bérardin. La représentante socialiste a souffert de la désaffection de l’opinion française pour son président Hollande et n’a pas bénéficié de la dynamique qui avait suivi l’élection présidentielle.

            Les manœuvres vont à présent avoir lieu pour les recommandations des 18 candidats battus. Valérie Hoffenberg devra se battre contre les haines qui se sont toujours concentrées, sans raison, à son égard et contre l’image que ses adversaires veulent donner d’elle en la qualifiant à tort de candidate des palestiniens. Elle reste la personnalité la plus légitime parce qu’elle a eu un parcours rectiligne, sans opportunisme, axé sur le seul objectif israélien. 

Remise en cause des élections


          Cependant, le faible taux de participation risque d’avoir des conséquences sur les prochaines élections. La décision de Nicolas Sarkozy de s’assurer 11 sièges de députés car les français de l’Étranger votaient majoritairement pour l’UMP est sur le point d’être remise en question. Le faible taux de participation démontre le désintérêt total des français de l’Étranger pour l’Assemblée nationale.
          Il est donc fortement question que le gouvernement supprime à l'avenir ces nouveaux postes de députés des français de l'étranger en raison du coût des élections et du faible taux de participation. En 2012, le taux de participation était de 14% à 24% selon les circonscriptions. En 2013, le taux de participation en Amérique du Nord était de 13,47 % et de 10,3% pour le sud de la Méditerranée. Quant au coût, les législatives des français de l'étranger ont coûté 7,1 millions d'euros et les législatives partielles dans les circonscriptions 1 et 8 auront coûté 1 million d'euros.


2 commentaires:

Denis KASSEL a dit…

On ne peut pas parler de désistement pour ce second tour mais de recommandations. Il y a désistement quand un candidat qui pourrait se maintenir, décide de se retirer

Pierre Spira a dit…

Ca m'etoonerait que Habib soit élu car il n'a pas la possibilité d'"acheter" des voix en provenance des Yeshivoth de Milan, Rome ou Athènes! Si par malheur les électeurs étaient assez stupides pour le faire, je suis par contre certain que le gendarme des élections trouvera tout ce qu'il souhaite pour faire invalider son élection et le rendre inéligible. Troisième tentative en 2014 ?