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jeudi 16 août 2018

Netanyahou accepte discrètement le Hamas comme interlocuteur



NETANYAHOU ACCEPTE DISCRÈTEMENT LE HAMAS COMME INTERLOCUTEUR

Par Jacques BENILLOUCHE
Copyright ©  Temps et Contretemps



On comprend mieux le silence de Benjamin Netanyahou durant les événements de Gaza alors que les tirs de roquettes dans le sud du pays se multipliaient. Il était en pleine négociation secrète avec le Hamas pour un cessez-le-feu à long terme. Le Cabinet de sécurité s’est réuni plusieurs fois en laissant filtrer l’idée de l’imminence d’une guerre totale à Gaza mais le premier ministre ne s’est pas exprimé. 



Ine Marie Eriksen

Il est resté silencieux et n’a fait aucun commentaire sur Gaza à l’exception d’une déclaration dans son journal Israël Hayom pour critiquer la ministre norvégienne des Affaires étrangères, Ine Marie Eriksen, accusée de financer des groupes gauchistes anti-israéliens. Il a en revanche salué la décision de l'agence de notation Standard & Poor de relever la note de la dette souveraine d’Israël de A+ à  AA-. Mais jamais la situation critique des habitants du sud, confinés souvent dans des abris, n’a semblé l’atteindre et encore moins celle des kibboutzim de la frontière soumis au feu des cerfs-volants mais qui votent à gauche de manière traditionnelle. Il a à peine accepté de visiter la ville de Sdérot pour maintenir un lien avec ses électeurs.
            En fait, un cessez-le-feu était en cours de discussion sous l’égide des Égyptiens et du Qatar. Cependant la discrétion était totale puisqu’aucune conférence de presse n’a été réunie pour en dessiner les contours et les éventuelles concessions. Cela explique ainsi la mollesse des représailles militaires contre la bande de Gaza qui ne devaient pas faire trop mal pour éviter de faire capoter les négociations. Les Israéliens ont été laissés dans l’ignorance d’un éventuel accord car le gouvernement voulait exploiter la période propice des vacances. Il a fallu attendre le journal Al Jazeera, qui le 9 août, a révélé qu'un cessez-le-feu entre Israël et le Hamas avait été atteint. Dans un premier temps, une source israélienne de haut rang a démenti l’accord pour ensuite être contrainte de le confirmer.
En fait rien n’était encore finalisé car Netanyahou négociait en secret avec le Hamas un accord plus important. Vis-à-vis de sa frange nationaliste et religieuse, il pouvait difficilement avouer qu’il était prêt, non pas à en découdre avec l’organisation terroriste, mais à s’asseoir à la même table que les terroristes. Mais il veut prouver qu’il est un homme d’État international, qui rencontre les leaders mondiaux et dialogue avec eux et qui n’a rien à faire avec la piétaille islamique.

            De manière officielle, les langues se sont déliées pour annoncer qu’un accord de paix était pratiquement conclu avec le Hamas pour une durée de cinq années. Les termes du protocole prévoient une amélioration des conditions humanitaires à Gaza. Évidemment l’accord est conditionné par l’arrêt immédiat des émeutes à la frontière et de l’envoi des cerfs-volants incendiaires. Le passage israélien de Kerem Shalom sera réouvert et celui de Rafah avec l’Égypte le sera sur une longue durée.
            Lors de deuxième étape, si le cessez-le-feu dure, alors Israël autoriserait l’importation et l’exportation de marchandises de Gaza et augmenterait la quantité d’électricité israélienne fournie. Enfin la dernière étape comprendrait la construction d'un port maritime dans la ville égyptienne d'Ismaïlia et d'un aéroport au Sinaï ainsi que d’'une centrale électrique au Sinaï. La réhabilitation générale de Gaza est planifiée. Mais ce projet impose le soutien de l’Autorité palestinienne et du Djihad islamique ce qui n’est pas acquis.
            L’accord risque cependant de buter sur les échanges de prisonniers et des corps des deux soldats tués en 2014, Hadar Goldin et Oron Shaoul, ainsi que sur la libération de deux Israéliens capturés par le Hamas. Le Hamas exige en contrepartie la libération de nombreux terroristes meurtriers.
Hussam Badran

            Par ailleurs, il n’est pas certain qu’il y ait consensus palestinien. Hussam Badran, membre du bureau politique du Hamas, a précisé que son organisation n’accepterait pas la création d’un État indépendant séparé à Gaza sans consensus national palestinien. Des membres du bureau politique du Hamas se sont réunis pendant plusieurs jours à Gaza pour formuler une position sur la réconciliation avec l’Autorité palestinienne et sur la question d’un accord de cessez-le-feu à long terme avec Israël. Un accord pourrait permettre aux donateurs internationaux de financer une série de programmes, y compris la mise à niveau des réseaux d'électricité et d'eau à Gaza.

Avigdor Lieberman est totalement en phase avec Benjamin Netanyahou. Certains disent qu’il en a été l’instigateur. Il envisage, avec le feu vert de l’armée, de lever certaines restrictions sur Gaza, en particulier d’agrandir le périmètre de pêche de Gaza. Il veut montrer que le calme est récompensé en conséquence. Bien sûr, les services sécuritaires de Tsahal approuvent ces mesures.  
Ces discussions secrètes datent du 22 mai 2018 à l’occasion d’une visite exceptionnelle et « secrète » de Netanyahou en Egypte, où il a discuté avec le président Sissi d’une trêve dans la bande de Gaza. L’entretien a duré plusieurs heures au même moment où la situation dans la bande de Gaza était au bord de l’explosion. Les conversations avec le président égyptien avaient déjà porté sur la possibilité de conclure une trêve à long terme, un possible retour de l’Autorité palestinienne pour gérer cette enclave, l’allègement du blocus israélien et la réhabilitation des infrastructures vitales dans cette région.
Mais si trêve il y a, il faudra passer par l'approbation de la Knesset alors que des partenaires de la coalition, comme le ministre sioniste religieux Naftali Bennett a d'ors et déjà annoncé qu'il s'opposait à la signature d'un accord avec le Hamas. On s'oriente de plus en plus vers des élections anticipées. Le conflit entre Bennett et Lieberman est entré dans une phase critique, au delà de leur seule rivalité personnelle.



1 commentaire:

Bruno Levy a dit…

peut on faire confiance au Hamas?