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jeudi 10 septembre 2015

RADIO KOL-ISRAËL : ISRAEL RÉTICENT VIS-À-VIS DES MIGRANTS


Radio KOL-ISRAËL
ISRAËL RÉTICENT VIS-À-VIS DES MIGRANTS

Par Jacques BENILLOUCHE
au micro de 
Annie GABBAI




         
          Benyamin Netanyahou a prévenu qu’Israël ne se laissera pas «submerger» par des réfugiés syriens et africains ou par  une vague de migrants illégaux et d'activistes terroristes. Pour parer à cette invasion, il a annoncé la construction immédiate d'une clôture à la frontière avec la Jordanie et il planifie aussi une clôture au Golan à la frontière avec la Syrie. Pour lui, Israël n'est pas indifférent à la tragédie humaine des réfugiés syriens et africains mais Israël est un petit État, très petit, qui ne dispose pas d'une profondeur démographique et géographique. On connaît l’efficacité du mur électronique de 240 kms à la frontière égyptienne qui a réduit à zéro le nombre de migrants africains.
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Générosité risquée


          De son côté, le chef de l’opposition Itzhak Herzog a appelé Israël à accueillir des réfugiés de Syrie en invoquant la mémoire de la fuite des Juifs au cours de la guerre et des conflits récents. Il est dans son rôle d’une part lorsqu’il critique le premier ministre et d’autre part, quand il s'inspire de la conscience de gauche toujours généreuse pour défendre les opprimés. Mais, précisément, il n’a pas approfondi la question et il a réagi sous le coup de l’émotion. Sa déclaration pourrait être prise pour de la démagogie.
          Depuis le début du conflit en Syrie il y a quatre ans, plus de quatre millions de réfugiés ont fui vers les pays voisins comme la Jordanie, le Liban et la Turquie, mais aucun n'a tenté de rejoindre Israël et encore moins les monarchies pétrolières du Moyen-Orient. Il n’est pas question pour eux de quitter une dictature pour s’enfoncer à l'intérieur de potentats totalitaires anachroniques. Cependant, s'il accueillait ces nouveaux migrants, Israël risquerait d’être confronté à des problèmes structurels, identitaires, économiques et politiques.
Centre de Holot au Néguev

          Israël a déjà expérimenté ces problèmes avec les clandestins africains qui ont traversé en nombre la frontière avec l’Égypte, avant la création de la barrière. Devant les difficultés qu'ils occasionnaient, il a dû créer un centre de rétention au centre du Néguev, à Holot précisément, parce qu’il ne pouvait pas les intégrer totalement. En passant d’un monde primaire à un pays de haute technologie, ils ne pouvaient que mal s’intégrer, en restant en permanence dans une situation précaire. 

          La présence d'une forte communauté d’immigrés a conduit à des tensions avec la population israélienne qui s’est mobilisée contre cette nouvelle immigration. Des manifestations et des actes racistes se sont multipliés ces dernières années, en particulier de la part des résidents des quartiers Sud de Tel-Aviv où se concentrent plus de la moitié des nouveaux migrants. C’est pourquoi Israël a dû interdire certaines villes (Tel-Aviv et Eilat) à ces clandestins.

Certes Herzog a sous-entendu le cas des Vietnamiens. Le drame des boat people est encore dans tous les esprits. On se souvient que durant l’été 1977 des milliers de migrants sur des radeaux ou des bateaux de fortune erraient dans les eaux de la mer de Chine. Ces frêles embarcations étaient bondées de réfugiés effrayés, voués à la mort probable dans les eaux de l'océan mais aussi dans leur propre pays. Certains ont été accueillis en Israël après avoir été secourus par des cargos israéliens. Les enfants et petits-enfants de ces réfugiés ont grandi comme des Israéliens dans l'État juif. Ils parlent couramment l'hébreu, travaillent dans tous les secteurs, ont étudié et sont toujours reconnaissants vis-à-vis de leur pays d'adoption en servant dans Tsahal. Malgré la reprise des relations diplomatiques avec le Vietnam, ils ont refusé de rejoindre leur pays d’origine. Mais il faut appuyer le fait que, contrairement aux migrants actuels, ces réfugiés avaient un fond pacifique et que leur religion ne prêtait à aucune interprétation douteuse.

Le problème identitaire ne peut être éludé. L’État hébreu accueille certes à bras ouvert les Juifs car c’est sa vocation. Israël est une nation de migrants par excellence, depuis 1949, mais seulement pour accueillir les Juifs opprimés, pour réaliser le rassemblement des exilés, kibboutz galouyot, et pour favoriser l’alyah des différentes communautés juives de la diaspora vers l’État d’Israël. Mais la loi du retour ne concerne que les Juifs de la Diaspora. Un grand problème se pose donc aux autorités face à ces migrants non-juifs qui pourraient demander asile à Israël.

Le problème financier ne peut être passé sous silence au moment où Israël connaît une crise nouvelle. L’immigration juive est elle-même difficile. Les populations venues d’Éthiopie  mettent du temps à s’intégrer parce que le changement est brutal. Les anciens agriculteurs et artisans des Hauts Plateaux d’Éthiopie peinent à se reconvertir dans l’économie israélienne. Les Juifs de France et d’Ukraine sont aussi confrontés à problèmes d’intégration économique.
L’argument des travailleurs étrangers est soulevé. Certes, pour ses besoins et sur la base d’accords avec les pays d’origine, Israël est prêt à engager des travailleurs temporaires Thaïlandais, Philippins, Bulgares, Turcs, Népalais et plus récemment Chinois. Mais ils sont accueillis pour une durée déterminée, de deux à trois années au terme desquelles ils doivent retourner chez eux sans exception. Or, les migrants syriens n’arrivent pas en invités temporaires.
Palestiniens en 1948

Le problème fondamental des migrants est politique. Il faut se rendre à l’évidence que les immigrants syriens, arabes ou musulmans en majorité, peuvent poser des problèmes de cohabitation avec les Juifs et surtout avec les Arabes palestiniens. Il n’est pas question de sélectionner, comme le veut la Serbie, les réfugiés en fonction de leur religion. Des familles entières, sans ressources, exilées,  qui demandent asile en Israël voudront y rester définitivement. Selon le gouvernement, elles menacent les fondements de la société, la sécurité et l’identité nationale parce que non-juifs ; ils peuvent altérer la nature juive du pays. De plus, souvent pauvres, ils posent à l’État d’Israël un problème financier sérieux. Pour accueillir les travailleurs étrangers, Israël a adopté un système bâtard de titres de séjours provisoires, sans légiférer sur le statut juridique de ces nouveaux arrivants.

Les migrants posent donc un problème politique sérieux. Il est inconcevable d’accorder le statut de réfugié, l’asile et la protection à ces populations sans que les Palestiniens n’exigent de prétendre à ce même statut. Il est fort probable que les Palestiniens profiteront de l’occasion pour rappeler leurs réfugiés de 1948 aux bons souvenirs du gouvernement israélien. Là est le problème car on ne peut accorder à certains ce qu’on refuse à d’autres.
Enfin, le problème moral de l’errance des réfugiés juifs pendant la guerre est hors-sujet. Les Israéliens réfutent le parallèle qui ne peut être appliqué selon eux. Les Juifs n’avaient pas d’État dont ils pouvaient se prévaloir. Les réfugiés d’aujourd’hui disposent de plus d’une vingtaine de pays arabes, à moitié dépeuplés, qui sont moralement responsables de leurs «frères». Et puis il est difficile de distinguer parmi ces pauvres hères ceux qui choisissent l’exil économique ou, plus grave encore, ceux dont la mission est d’organiser le terrorisme dans le monde occidental. En ces moments de tension extrême avec le terrorisme, Israël ne peut se permettre de favoriser à l'intérieur de ses frontières une cinquième colonne qui mettra en danger sa sécurité. Il aura donc du mal à accueillir une partie de la misère du monde.

4 commentaires:

Philippe MOINE a dit…

J'avoue être troublé par certains passages de cet article... Par exemple, quand vous dites que les réfugiés vietnamiens des années 1970, à la différence des réfugiés syriens selon vous, "avaient un fond pacifique" et que "leur religion ne prêtait à aucune interprétation douteuse"... : faut-il comprendre que les Syriens qui fuient à la fois le régime criminel d'Assad et la barbarie de Daech auraient "un fond guerrier" ? Et faut-il refuser en Israël l'arrivée de réfugiés chrétiens ou musulmans sous prétexte que certains feraient de leur appartenance religieuse "une interprétation douteuse" ? Moi, je me méfierais plutôt de ceux qui font des interprétations douteuses...

Claude Perry a dit…

... Il est quasiment certain que les pays d'Europe vont se réveiller un beau matin, en découvrant parmi ces populations en errance, et certes malheureusement à plaindre, quelques terroristes infiltrés, qui se chargeront de rappeler au monde que leurs actions sont loin d'être terminées.
Alors, ce jour là, ils finiront peut-être par comprendre la politique menée par Israël, et que chacun pourra constater.
Pourquoi les états du golfe qui possèdent des milliers de kilomètres de territoires non occupés, ne feraient-ils pas à leurs "frères" une espèce d'Eldorado, de "Terre promise" ? En affrétant même des avions qui iraient les transporter depuis les pays qu'ils veulent fuir...
Shana tova....Même à ceux qui ne nous aiment pas !
Claude

Marianne ARNAUD a dit…

Selon les critères imposés par Angela Merkel à son peuple "devenu soudain le plus compassionnel du monde", ainsi que l'écrit Renaud Girard, et par conséquent à l'UE tout entière, priée de les adopter sans rechigner, on peut sans crainte de se tromper, affirmer que Israël a tout faux dans l'approche du problème des migrants que vous nous présentez :

1 - Construire une clôture au Golan.
2 - Invoquer des problèmes identitaires.
3 - Interdire certaines villes aux clandestins.
4 - Faire un tri des migrants selon leur religion.
5 - Invoquer des difficultés économiques engendrées par certains migrants pour refuser d'en accueillir d'autres.
6 - Affirmer que "le problème fondamental des migrants est politique".
7 - Refuser le parallèle entre l'errance des réfugiés juifs pendant la guerre et celle des migrants d'aujourd'hui.

Sauf le respect que je vous dois, cher monsieur Benillouche, on peut difficilement imaginer écrire une plus mauvaise copie, toujours évidemment, selon les critères de madame Merkel.
Cependant, Renaud Girard se demande, à la fin de son article : "Face à l'Islam, Merkel n'est-elle pas naïve ?"
Voilà qui devrait peut-être vous valoir d'être absous au bénéfice du doute ?

Sylvain.C.T a dit…

Tous les arguments développés pour ne pas accueillir de migrants ressemblent étrangement à ceux développés par le Front national en France !!
La seule justification serait qu'Israël ne peut accueillir des citoyens d'un pays avec lequel il est en guerre. D'autant plus que ces citoyens ne sont pas en danger parce qu'ils auraient milité pour la paix avec Israël, mais parce qu'ils sont pris entre les feux tout aussi terribles de Daesh et de Assad. L'Europe est dans une toute autre situation et se doit d'en accueillir une partie. Ces migrants sont déjà plusieurs millions en Turquie, Jordanie et au Liban. Et en comprend bien qu'ils ne veuillent pas tomber de Charybde en Scylla en déménageant en Arabie Saoudite.