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dimanche 13 septembre 2015

L’INDIFFÉRENCE DES PAYS ARABO-MUSULMANS



L’INDIFFÉRENCE DES PAYS ARABO-MUSULMANS

Par Jacques BENILLOUCHE
copyright © Temps et Contretemps

            
         
            En Israël, le débat sur les migrants a été ouvert entre la droite qui estime que le gouvernement a déjà du mal à intégrer ses clandestins venus du Soudan et de l’Érythrée et la gauche, fidèle à ses principes de solidarité internationale, qui veut qu’un geste fort soit fait à l’intention des réfugiés syriens. Mais le paradoxe étonnant tient dans le fait que les migrants eux-mêmes refusent de se rendre dans les pays arabes. Ils ont trop souffert de dictatures féroces pour choisir un refuge dans l'un des potentats pétroliers anachroniques où ils risquent d’être au mieux une main d’œuvre à bon marché et au pire des esclaves. Par ailleurs les migrants chrétiens ne sont pas les bienvenus dans des pays où les églises sont interdites.


            
Conseil coopération du Golfe
          Les monarchies du Golfe jouent les abonnées absentes en n’invitant pas ouvertement les réfugiés arabes à venir s’installer chez elles alors qu’elles disposent de zones à moitié dépeuplées. Ainsi l’Arabie saoudite qui est 3,3 fois plus grande que la France est habitée par seulement 30 millions de personnes. Ces monarchies pensent s’être dédouanées en faisant don de quelques millions de dollars, une honte par rapport à leurs revenus, certes en décroissance depuis la baisse du baril de pétrole. Mais alors qu’ils se montrent indifférents au malheur des migrants, ils se permettent sans complexe de mettre en scène la colère arabe en pointant du doigt la mort du gamin syrien échoué sur la plage.

Pourtant des pays faibles et moins dotés financièrement, à l’instar de la Jordanie et du Liban, ont accueilli des centaines de milliers de réfugiés sous le regard indifférent des riches pays du Golfe.  Pour se défendre d'accusations réelles, les monarchies n’hésitent pas à mobiliser toute leur armada diplomatique et médiatique afin de reporter la responsabilité du drame sur les pays occidentaux alors qu’ils se contentent de rester spectateurs de la misère de leurs «frères» arabes.
            Le Royaume d’Arabie saoudite a promis une aide de 7,6 millions de dollars pour les réfugiés palestiniens de Jordanie en rendant hommage «à la Jordanie et ses habitants, qui continuent de fournir aux réfugiés de Palestine un endroit sûr où ils peuvent mener une vie épanouissante pour eux-mêmes et leurs enfants». C’est une somme insignifiante à comparer aux 2.000 milliards de dollars de revenus pétroliers que la famille Saoud a perçus entre 1973 et 2002 et aux 190 milliards de revenus annuels. Une goutte d’eau face à la misère des migrants arabes.
L’Arabie se défend en précisant qu’elle fait déjà beaucoup pour les immigrés et que 40% de sa population est constituée de résidents étrangers, en particulier 1,5 million de yéménites et 500.000 Syriens.  Les Émirats Arabes Unis chiffrent à 100.000 le nombre de réfugiés syriens qui se sont installés chez eux depuis 2011 sans préciser qu’on leur accorde seulement un permis de résidence temporaire. Ils offrent une aide de 530 millions de dollars aux réfugiés alors qu’ils exportent pour 137 milliards de dollars de produits pétroliers par an. Le Koweït de son côté s’est seulement engagé à prolonger les permis de résidence des Syriens actuellement titulaires d’un statut temporaire sans planifier une intégration définitive. 

            Les États du Golfe (Arabie, Oman, Émirats Arabes Unis, Koweït, Bahreïn et Qatar) ne se sentent nullement engagés puisqu’ils n’ont jamais signé la convention de l’ONU sur les réfugiés. Cela justifie que les Syriens restent des travailleurs temporaires qui peuvent être expulsés à tout moment s’ils ne trouvent pas d’emplois. A l'instar de leur comportement avec les réfugiés palestiniens de 1948 qui continuent à croupir dans des camps, rien n'est fait pour absorber de manière permanente des populations arabes en déshérence. 
          Ces États craignent en fait l'impact politique, social et économique d'un afflux de réfugiés arabes qui seraient un mauvais exemple de démocratie pour une majorité de la population dépourvue de droits civils. La majorité des Syriens a reçu une éducation politique en plus d’une formation scolaire et universitaire. Ils feraient tâche dans un monde sclérosé et seraient un mauvais exemple pour des citoyens bridés et étouffés par des méthodes féodales. Les femmes en particulier subissent la volonté néfaste et machiste de dirigeants qui se pavanent dans les pays occidentaux mais qui leur dénient les droits les plus élémentaires, le droit de conduire seules par exemple.

            Les États du Golfe refusent d’absorber définitivement de nouvelles populations et se bornent à tolérer des étrangers en situation temporaire parce qu'ils manquent de main-d'oeuvre à bon marché. À cela s’ajoutent à présent des questions de sécurité sachant que parmi les réfugiés figurent des terroristes masqués ou en puissance qui peuvent être difficilement canalisés et qui risquent d’être des éléments perturbateurs pour des pays non démocratiques. Ils préfèrent donc fermer leurs frontières et maintenir une chape de plomb sur la situation réelle d’une population soumise au bon vouloir de dirigeants corrompus et égoïstes.
L’Iran, qui soutient avec force le régime syrien, reste silencieux face au drame des migrants mais il ne peut se permettre d’accueillir des sunnites sur son territoire au risque d’exacerber les tensions avec une population soumise aux diktats des mollahs. 
Les migrants arabes n’ont pas leur place chez leurs «frères».

4 commentaires:

Gérard AMSELLEM des Bastides a dit…

Ils ne veulent surtout pas priver l'Europe de cette chance historique. ....ils vont même financer la construction de 500 mosquées .....bon va falloir quand même faire gaffe aux grues.

Marianne ARNAUD a dit…

Si l'on s'en tient à la définition du terme "islamophobie", comme : "la peur ou une vision péjorative de l'islam, des musulmans et des questions en rapport",
on peut dire sans crainte de se tromper, que chez nous, en France, cet article serait considéré par tous les bien-pensants qui veulent ouvrir nos frontières à toute la misère du monde, comme un modèle d'article islamophobe.

Claude Perry a dit…

Il suffirait qu'ils demandent à monsieur Cazeneuve de doubler la mise, au lieu de 1000 euros par tête...disons 2000, pour héberger leurs "frères".
Cela compenserait la chute du prix du baril, et ferait sans doute un grand plaisir à monsieur Hollande qui pourrait alors féliciter chaleureusement ses amis qataris. Cela lui donnerait même l'occasion pour son prochain voyage dans le golfe, d'aller visiter les centres d'accueil.
J'ajoute qu'avec tout l'immobilier que possèdent désormais les Émirats en plein Paris, cela faciliterait l'installation de pas mal de "migrants" dans toutes ces chambres d'hôtels...
Claude

Véronique ALLOUCHE a dit…

A propos de la joie de vivre des femmes dans ces pays féodaux, pour se mettre en harmonie avec ces principes il se tient en ce moment-même à Pontoise le Salon de la femme musulmane.... Très très loin du slogan de 68, "faites l'amour pas la guerre".
Il a heureusement été perturbé par les Femen hier soir.
A lire: Des Femen perturbent le salon de la femme musulmane à Pontoise http://huff.to/1KLs0Sa
Bonnes fêtes à tous
Véronique Allouche