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mardi 22 septembre 2015

NETANYAHOU DISCUTE À MOSCOU AVEC POUTINE



NETANYAHOU DISCUTE À MOSCOU AVEC POUTINE

Par Jacques BENILLOUCHE
copyright © Temps et Contretemps



Benjamin Netanyahou s’est rendu le 21 septembre à Moscou pour une rencontre avec le président russe Vladimir Poutine. Au cours de cette entrevue, le premier ministre israélien a exposé «les menaces pesant sur Israël à la suite du renforcement militaire russe sur la scène syrienne et de la fourniture d'armement au Hezbollah et à d'autres organisations terroristes».


Eizenkot avec le chef d'Etat-major Valery Grasimov

Fait exceptionnel pour une visite diplomatique, Netanyahou est accompagné du chef d'État-major, le général Gadi Eizenkot, et du chef des renseignements militaires, le général Herzl Halèvy. Leur déplacement à Moscou intervient alors que les États-Unis s'alarment depuis des semaines du renforcement de la présence militaire russe en Syrie.

Sergueï Choïgou et Ashton Carter

Le Kremlin défend toutefois son soutien à Damas, dont il est le principal allié, et appelle à une coalition plus large contre Daesh qui inclurait la Syrie et l'Irak. La semaine dernière, les ministres de la Défense russe et américain, Sergueï Choïgou et Ashton Carter s’étaient déjà entretenus sur la situation militaire en Syrie.
Les responsables militaires israéliens craignent que la présence aérienne russe réduise la marge de manœuvre de l'aviation israélienne. Ils doutent de la volonté des États-Unis à protéger les intérêts sécuritaires israéliens. Ce sera certainement l’objet de l’entretien que devrait avoir le premier ministre israélien, le 9 novembre, avec le président américain Barack Obama.

Benjamin Netanyahu et le président Vladimir Poutine, qui se sont rencontrés dans la résidence présidentielle, n’étaient pas sur la même longueur d’ondes. Le premier ministre a soulevé la question de l’Iran en Syrie qui, par l'intermédiaire de l’armée syrienne, cherche en fait à «construire un deuxième front terroriste contre nous à partir de les hauteurs du Golan». Israël, qui n’aurait pas d’autre choix que de contrer militairement ce front, a demandé à Poutine d’intervenir pour éviter une confrontation entre les forces russes et israéliennes. 

          Le président russe ne croit pas à la possibilité de la Syrie d’étendre son champ d’action et il a précisé que son intervention n’avait pour but que de défendre la Syrie contre les rebelles. Il a balayé l’argument que l'Iran et la Syrie armaient le Hezbollah avec des armes dirigées contre Israël. Il a prétendu que les armes ne provenaient pas de Russie mais étaient fabriquées localement. Par ailleurs, il n’a pas voulu confirmer l’information américaine arguant que la Russie avait commencé des missions de surveillance en Syrie à l’aide de drones.
S300

Pourtant des informations sécuritaires font état des préparatifs des Russes dans la ville de Lattaquié pour déployer des batteries de missiles anti-aériens S-300 qui n’ont aucune utilité contre les troupes de Daesh puisqu'ils ne disposent pas encore d’aviation.  Il est donc fort probable que les S-300 soient destinés à contrer Israël pour réduire la liberté d’action de l’aviation israélienne dans l’espace syrien et libanais. 
Image satellite des 4 Sukhoï

Il semble en fait que les Russes aient décidé d’un grand déploiement de forces en Syrie, concrétisé par l’arrivée à Lattaquié de quatre jets tactiques Sukhoï 30SM conçus pour le combat air-air. Israël pense que ces gesticulations sont coordonnées avec l’Iran. En effet, le général iranien Yahya Rahim Safavi, conseiller militaire du guide suprême Ali Khamenei, a confirmé le 18 septembre que «la Russie se déplace en coordination avec l'Iran dans certaines questions régionales, y compris la Syrie».
Sukhoï 30SM

 On a l’impression que l’administration de Barack Obama ne sait toujours pas si elle doit continuer d’ignorer le président russe Vladimir Poutine ou si elle doit engager un dialogue avec ce dernier pour tenter de régler conjointement la crise syrienne. Moscou a intensifié son jeu diplomatique afin de réduire les divergences entre Damas et l’opposition, son objectif étant de former une coalition active dans la lutte contre les terroristes de Daesh alors que Washington persiste à vouloir renverser le président Assad. Le Pentagone comprend à présent que la présence russe en Syrie a pour but d’interdire le bombardement des forces de Bachar el-Assad par les Occidentaux.

L’Union Européenne, bloquée par la crise migratoire, tente de trouver une issue à la tragédie syrienne, tandis que le premier ministre britannique David Cameron et le président français François Hollande ont lancé des frappes aériennes réduites, frappes qui ont peu d’effet sur les troupes de Daesh. Les États-Unis cherchent de leur côté à renverser Assad en s’opposant à toute aide au dirigeant syrien. 
Netanyahou a évalué avec raison la cacophonie occidentale et a donc préféré prendre langue directement avec la Russie. Reste à savoir si ses arguments auront été entendus au Kremlin.


1 commentaire:

Avraham NATAF a dit…

De l'univers a notre simple vie, tout est basé sur l’équilibre. Nous assistons à la mise en place d'un déséquilibre anarchique, l'avenir devient une loterie. Ce voyage de Netanyahou montre beaucoup de symboles.