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jeudi 24 septembre 2015

LE RIDICULE AMÉRICAIN EN SYRIE


LE RIDICULE AMÉRICAIN EN SYRIE
Par Jacques BENILLOUCHE

copyright © Temps et Contretemps

Rebelles formés par les Américains 

Le Pentagone a confirmé l'entrée en Syrie de 70 à 75 rebelles formés et équipés par ses soins en Turquie pour aller combattre les terroristes de Daesh. Les Américains ne se sentent pas touchés par le ridicule lorsqu’ils envoient à la boucherie un si petit nombre de combattants face aux troupes de Daesh évaluées à 10.000 hommes en Irak et à 8.000 en Syrie. 
Le général Lloyd Austin, le commandant du Centcom (Commandement central des États-Unis), avait dû reconnaître devant le Sénat américain que seulement 4 à 5 rebelles syriens modérés formés par les États-Unis étaient ce jour-là sur le terrain en train de combattre.



Lloyd Austin

Le programme de formation des rebelles syriens avait été lancé au début de l'année par les États-Unis, avec un financement de 500 millions de dollars à la clef. Il était censé former et équiper quelque 5.000 rebelles modérés la première année. Une première promotion de 54 combattants de la «division 30»,  équipés de véhicules tout-terrain, d'armes et de munitions de fabrication américaine étaient entrés en Syrie à la mi-juillet.  
Mais les rebelles ont connu la déroute après avoir été attaqués, dès leur entrée en Syrie, dans leur siège près de la ville d’Azaz, par le Front al-Nosra, proche d'Al-Qaïda. Huit d'entre eux, dont le colonel Nadim Hassan, ont été enlevés par Al-Nosra dans un village de la province d'Alep.
Al Qaeda prépare l'attaque contre les rebelles

On ne voit pas très bien ce que vont pouvoir faire ces quelques dizaines de nouveaux combattants, en si petit nombre face au rouleau compresseur de Daesh. Les premières informations font état d’un nouveau fiasco subi par ces troupes fraîches. Et pourtant les volontaires pour combattre l'E.I ne manquent pas mais les candidats subissent un tel contrôle rigoureux qu’ils sont pratiquement tous rejetés. Les conditions posées par les Américains sont restrictives puisque ces nouveaux combattants sunnites doivent s’engager à combattre uniquement Daesh, sans s’en prendre ni à l’armée syrienne et ni à ses soutiens, comme le Hezbollah.

Appuyés par l’aviation américaine ces rebelles modérés, à bord d’une dizaine de véhicules militaires, ont été envoyés venger la division-30 presque décimée dont le chef d’État-major, le colonel Mohamed Daher a préféré remettre sa démission le 19 septembre. Il se plaignait de la lenteur du processus, des blocages sécuritaires des États-Unis et du mauvais programme d’entraînement des volontaires.  L'entraînement constitue, selon lui, un élément majeur pour avoir des troupes efficaces capables d’entretenir les compétences, de créer un esprit de cohésion et de repousser les limites.
Général John Allen

En écho, le général américain à la retraite John Allen, représentant spécial du président Barack Obama auprès de la coalition internationale contre Daesh, a lui aussi remis sa démission. Il estime que peu de moyens sont donnés aux combattants et il met en doute la stratégie choisie pour lutter contre Daesh avec uniquement des moyens aériens, à l’exclusion de troupes sur le terrain alors que la Russie a accru sa présence militaire aux côtés de l’armée syrienne. Sa thèse a été confirmée par le général David Petraeus qui s’est expliqué devant le Congrès : «Le problème central en Syrie, c’est que nous n’obtiendrons pas l’alliance des sunnites contre l’État islamique, à moins que nous nous engagions à les protéger, eux et l’ensemble de la population, contre tous leurs ennemis, et pas seulement contre l’E.I».
Une certitude cependant, l’aide homéopathique américaine est ridicule face à la croissance du danger de Daesh.


1 commentaire:

Marianne ARNAUD a dit…

Tout semble ridicule dans ce programme de formation des rebelles syriens, à commencer par cette notion de "rebelles syriens modérés" ! L'EI a, n'en doutons pas, encore de beaux jours devant lui !