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mercredi 31 juillet 2013

CHRONIQUE DES ÉCHECS ISRAÉLO-PALESTINIENS



CHRONIQUE DES ÉCHECS ISRAÉLO-PALESTINIENS

Par Jacques BENILLOUCHE
copyright © Temps et Contretemps

                 

Les négociateurs autour d'Obama
          
          Les discussions entre Israéliens et Palestiniens ont repris après plusieurs années d’impasse et trois ans de refus de se retrouver face à face. Le conflit dure depuis plus de soixante ans et les Américains ont consacré, en vain, des dizaines d’années  à trouver une solution négociée. L’Histoire est remplie de tentatives de négociations qui ont toutes été vouées à l’échec.




Camp David

Camp David 1978


            L’optimisme avait pourtant régné depuis les accords de Camp David, signés le 17 septembre 1978  par le président égyptien Anouar el-Sadate et le premier ministre israélien Menahem Begin, sous la médiation du président des États-Unis, Jimmy Carter. Deux accords-cadres furent signés à la Maison-Blanche, après 13 jours de négociations secrètes à Camp David. Ils furent suivis de la signature du premier traité de paix entre Israël et un pays arabe : le traité de paix israélo-égyptien de 1979. On doit cette réussite au courage de deux hommes qui ont bravé leurs opinions publiques pour faire cesser le bruit des armes.

Mais l’accord était incomplet car le volet palestinien était absent des résolutions. On pensait alors que deux ennemis, qui se parlaient dorénavant, allaient régler en quelques réunions un sujet épineux que les pays arabes avaient volontairement évité de résoudre pour maintenir un abcès de fixation. 
Intifada


            S’ensuivirent vingt années de brouille, émaillées d’Intifada et de terrorisme palestinien international. Mais dans les derniers jours de sa présidence, Bill Clinton a essayé de pousser Israéliens et Palestiniens à trouver un accord pour un statut final de la région. Le sommet pour la Paix au Proche-Orient de Camp David (surnommé Camp David II) s'est tenu du 11 au 25 juillet 2000 dans la résidence du président Bill Clinton en présence de Ehoud Barak, premier ministre de l'État d'Israël et de Yasser Arafat, président de l'Autorité palestinienne. 
Camp David II

          De nombreux blocages sont apparus et le sommet ne permit pas aux deux parties de trouver de compromis. Les discussions ont buté sur les mêmes problèmes fondamentaux du statut de Jérusalem et du retour des réfugiés de 1948. Le problème des implantations ne constituaient pas encore de point d’achoppement.


Feuille de route


Dès son arrivée à la présidence, George W. Bush s’est attelé au problème palestinien sous l’égide du Quartette composé de l’Organisation des Nations unies, de l’Union européenne, des États-Unis d’Amérique et de la Fédération de Russie. La «Feuille de route» avait été adoptée par le Quartette diplomatique, réuni le 30 avril 2003, comme une proposition pour mettre un terme au conflit israélo-palestinien. Avec la même méthode que Kerry aujourd’hui, la Feuille de route était destinée à aboutir, par étapes, à un règlement permanent du conflit israélo-palestinien, sur la base du principe de l'existence de deux États.



Elle comportait des étapes claires, un calendrier, des dates limites et des critères destinés à encourager les progrès par des mesures réciproques des deux parties dans les domaines politique, sécuritaire, économique, humanitaire et de création des institutions. Bien qu’ambitieuse, la feuille de route ne trouva pas d’application concrète.

Le 8 février 2005 s’est tenu à Sharm el Sheikh en Égypte un sommet entre le président palestinien, le premier ministre israélien, le roi de Jordanie et le président égyptien qui était à l’initiative de cette rencontre. Ils sont repartis avec seulement un accord pour un cessez-le feu mutuel. Ariel Sharon avait d’emblée prévenu qu’il s’agirait seulement de négociations sur l’arrêt de la violence.

Mahmoud Abbas avait annoncé un accord de cessez-​​le-​​feu de toutes les organisations palestiniennes tandis qu’Ariel Sharon s’était engagé à arrêter les opérations militaires, avait accepté de libérer 900 prisonniers palestiniens des prisons israéliennes et de remettre aux Palestiniens la responsabilité de cinq villes de Cisjordanie. Mais ces discussions avaient alors encore buté sur les mêmes problèmes de l’arrêt des constructions dans les implantations, sur la destruction de la clôture de sécurité et sur la levée des check-points. 


Les problèmes politiques n’avaient pas été abordés tandis que le conseiller d’Ariel Sharon, Dov Weisglass, chef de la délégation avait déclaré que «la feuille de route c’est comme du formol où on peut conserver indéfiniment tout processus de paix et toute perspective d’État palestinien». Avi Pazner, porte-​​parole israélien, avait confirmé qu’«il n’y aura jamais de retour des Palestiniens en Israël et jamais Jérusalem ne sera la capitale de l’État palestinien». Cela suffit à, bloquer toute avancée des discussions.


Annapolis


Les Américains ne s'étaient pas décourégés puisqu’ils organisèrent, le 27 novembre 2007,  la conférence d'Annapolis pour la paix au Moyen-Orient, tenue à l'Académie navale d'Annapolis, dans le Maryland aux États-Unis. Cette conférence avait officialisé pour la première fois la «solution à deux États» pour résoudre le conflit israélo-palestinien. La solution était inscrite à l'ordre du jour et acceptée par les deux parties. Mais auparavant, George W. Bush avait donné le coup de grâce aux paramètres Clinton dans une lettre à Ariel Sharon d’avril 2004. 
Annapolis


Le président des États-Unis abandonnait l’idée d’un retour aux frontières de 1967. Mais la conférence d’Annapolis rassemblait des acteurs affaiblis. Ehoud Olmert sortait de la guerre du Liban de l’été 2006 où il avait été contesté par les faucons de sa coalition. Mahmoud Abbas ne contrôlait plus la bande de Gaza aux mains de son rival islamiste Hamas qui d’ailleurs n’avait pas été invité à la réunion d’Annapolis ce qui l’a conduit à récuser par avance tout compromis. Pour qu’un sommet réussisse, il est indispensable que les participants ne soient pas affaiblis au sein de leur camp.



Pourparlers 2010



La dernière série de pourparlers directs est tombée en panne en 2010 sur la question des implantations israéliennes en Cisjordanie. Le premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou et le président palestinien, Mahmoud Abbas s’étaient sont rencontrés le 2 septembre 2010, à Washington pour discuter de la paix. Cela faisait vingt mois que les pourparlers étaient rompus. Aucune condition préalable aux négociations n'avait été posée mais cinq  principales questions devaient être résolues pour un accord final. 


La question des constructions dans les implantations, la création d’un État palestinien, le statut de Jérusalem comme Capitale des deux États, le droit au retour des réfugiés de 1948 et la gestion. Le président égyptien, Hosni Moubarak, partenaire des négociations, avait affirmé que le «gel complet de la colonisation était crucial pour le succès des négociations». Les Palestiniens voulaient proclamer un État sur l'ensemble des territoires limités par les frontières de 1967.  Les israéliens exigeaient la démilitarisation, le contrôle de l'espace aérien et des frontières extérieures d'un tel État.  Israël considère Jérusalem comme sa capitale «indivisible et éternelle» et veut garder le contrôle de la Vieille ville et de certains des principaux lieux saints des trois monothéismes. Les Palestiniens réclamaient le droit au retour des réfugiés tandis que Netanyahou voulait lui d'abord que les Palestiniens reconnaissent Israël comme l'État du peuple juif. Enfin au sujet de l’eau, les Palestiniens éxigeaient le droit de creuser des puits pour ne plus être obligés d'acheter l'eau auprès de la compagnie israélienne Mekorot.


Ce sont précisément ces mêmes problèmes qui seront à l’ordre du jour des nouveaux pourparlers qui se tiendront sous l’égide de John Kerry qui, après six voyages dans la région en quatre mois, estime que les deux parties sont prêtes à parler de «la base pour la reprise des négociations sur le statut final». Le défi est immense pour les négociateurs israéliens Tsipi Livni et Yitzhak Molcho qui devront s'entendre avec Saeb Ereikat et le haut fonctionnaire Mohammad Shtayyeh. Ils devront trouver de nouveaux arguments pour ne pas conduire les discussions à l’échec comme par le passé. Seul le génie des hommes devra s’exprimer.


2 commentaires:

Jean Smia a dit…

Celui qui réussit dans sa vie, c'est celui qui a eu la force de se relever une fois de plus qu'il n'est tombé....
Pour ces négociations, c'est pareil: Ceux qui réussiront seront ceux qui auront éssayé une fois de plus que ceux qui ont abandonné.

Emmanuel DOUBCHAK a dit…

Espérons que bientôt nous pourrons dire "échec et brillant" ou "réussite et vivant" plutôt que "échec et mat" et de toute façon, le passé est le passé comme le dit si bien le proverbe palestinien "illi fât mât".