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mercredi 22 mai 2019

La grande moquerie nationale par Maxime TANDONNET



LA GRANDE MOQUERIE NATIONALE

Par Maxime TANDONNET



Jusqu’où les Français sentent-ils à quel point on se moque d’eux ? Cette campagne des Européennes atteint les sommets de la mystification et de la moquerie. Le thème de l’Europe est l’objet de la pire des impostures et des caricatures. Les deux particules qui dominent les sondages et écrasent l’actualité malgré des taux d’adhésion dérisoires (moins de 10% du corps électoral) n’ont de cesse que de manipuler l’opinion.




LREM se pose en chantre de l’Europe. Mais qu’est-ce que cela signifie ? La vérité, c’est que l’Europe, en tant qu’aspiration à une solidarité ou unité politique se trouve en état de décomposition avancée : Brexit, dissidences polonaise, italienne, hongroise… La France est en conflit ouvert avec tout le monde comme elle ne l’a sans doute jamais été. Et même le «couple franco-allemand», supposé noyau de la construction européenne est – apprend-on – en pleine crise. Comment pourrait-il en être autrement dans le contexte d’une Allemagne rayonnante et superpuissance industrielle planétaire, avec ses 200 milliards d’excédents, face à une France en voie de marginalisation qui accumule les handicaps ? Voilà la vérité.
Que reste-t-il de «l’idéal européen» ? Le système bruxellois, la codécision, les directives et les règlements, la Commission et la Cour de justice ? Mais qu’est-ce qu’une tête privée de corps ? Une administration qui n’a plus rien à administrer ? Un outil de pilotage sans objet à piloter ? L’Europe, en tant que communauté politique, n’est plus qu’un champ de ruines. Il en reste une organisation bureaucratique vide de sens, sans âme et sans but, dès lors vouée à l’extinction. L’Europe de LREM est d’ordre idéologique, déconnectée de tout rapport avec le monde des réalités. Quant aux supposés souverainistes, ils se battent désormais contre un moulin à vent. L’enjeu, aujourd’hui, est de rebâtir quelque chose et non de détruire ce qui est déjà en miettes. Pourquoi nul n’a-t-il le courage de dire la vérité ?



Mais le mensonge européiste, fondé sur la négation de la réalité, n’a d’égal en ignominie que l’imposture lepéniste. Lors des élections présidentielles de 2017, le FN n’avait d’autre mot à la bouche que la sortie de l’Union européenne et de l’euro. Toute sa propagande était fondée sur ce thème. Argument : rien n’était possible à l’intérieur de cette Europe. Désormais, virage à 90° : il n’est plus question de sortie mais de réforme de l’intérieur. Pourquoi ? La posture de 2017 s’étant révélée non payante en termes électoral, le FN a radicalement basculé sur une conviction inverse. La démagogie n’a plus de limite. Et nul pour dénoncer cette mystification.
A quel spectacle lamentable assistons-nous depuis deux ans ? La politique française se réduit un peu plus jour après jour à un phénomène de gesticulation narcissique hyper-médiatisé et au duel entre un supposé bien européiste et les ténèbres populistes. Ce cirque, cette bataille de néant, ne sert qu’à masquer une réalité pitoyable. Le déficit budgétaire de la France est le pire de toute l’Europe (3,2%) à l’exception de la Roumanie. La dette publique a atteint 99% du PIB, l’un des plus mauvais résultats du continent. Le niveau scolaire continue de s’effondrer comme le montrent toutes les études. Le chômage persiste avec un taux de 8,2% alors qu’il est de moins de 2 à 3% aux Etats-Unis, en Allemagne, en Grande-Bretagne. La pauvreté touche 9 millions de personnes. L’État est défaillant dans ses missions de maîtrise des frontières, de respect de l’ordre public et de sécurité des biens et des personnes. Les zones de non droit se répandent. La violence gagne tous les pans d’une société qui se fragmente dans le communautarisme.
Le naufrage de la vie publique dans la vanité, le cinéma narcissique, la posture mégalomane et les gesticulations quotidienne, l’esbroufe et le duel à sensation entre le «bien européiste» et le «mal nationaliste», tout ce grand cirque est strictement proportionnel à l’intensité du désastre d’une politique que l’on cherche à recouvrir. Nous sommes face à la faillite d’un système français entièrement bâti sur l’exaltation de la vanité narcissique au détriment du sens de l’intérêt général. Voilà la vérité. Il faut que les Français le sachent. Enfin, ceux qui ne l’ont pas encore compris…

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