Après l’affichage du premier article, le chargement des nombreuses images des articles suivants nécessite environ une minute d’attente.

LE BEST-OF DES ARTICLES LES PLUS LUS DU SITE

 

mardi 18 décembre 2018

Rien ne va plus entre le Hamas et la Turquie



RIEN NE VA PLUS ENTRE LE HAMAS ET LA TURQUIE
Par Jacques BENILLOUCHE
Copyright ©  Temps et Contretemps
        

          On se souvient de l’activisme pro-palestinien de la Turquie qui avait organisé la flottille de Gaza avec les conséquences dramatiques que l’on a connues. Erdogan faisait beaucoup de zèle pour devenir le porte-voix des sunnites parce qu’il cherchait à prendre la place vacante de leader du monde musulman, depuis le départ du président égyptien Hosni Moubarak. Or il semble bien que les relations entre Ankara et Gaza se soient détériorées depuis.



Les dirigeants turcs refusent depuis plusieurs mois de rencontrer les dirigeants du Hamas et pire, font preuve de beaucoup de réticence à renouveler les autorisations de séjour des Palestiniens proches du Hamas. Fait plus marquant, l’aide à la bande de Gaza a diminué et transite dorénavant par l’Autorité palestinienne alors que le Hamas cherche à dépendre de moins en moins de Mahmoud Abbas. Ce revers est suffisant pour refroidir les relations entre la Turquie et Gaza.
            Ainsi le ministre turc des affaires étrangères a refusé de rencontrer Moussa Abou Marzouk, membre du bureau politique du Hamas, sous un prétexte peu crédible. Par ailleurs, ont été constituées des listes noires de Palestiniens qui ne peuvent plus obtenir de droit de séjour en Turquie. Même ceux qui ont été blessés durant les manifestations du « Grand retour » ont du mal à se faire soigner dans les hôpitaux d’Istanbul.  Plusieurs d’entre eux se sont plaints du mauvais traitement des Turcs et de la négligence dont ils étaient victimes.
Binali Yildirim

Des responsables du Hamas ont donc cherché des explications à ce raidissement auprès des dirigeants turcs et en particulier auprès du chef du parlement, Binali Yildirim. Une délégation parlementaire, conduite par Mahmoud Zahar, n’a eu le droit de rencontrer à Ankara que des deuxièmes couteaux puisque Yildirim a refusé de les recevoir. La délégation a été autorisée seulement à assister à la «conférence pour Al-Quds» organisée par le parlement turc en présence de Tayyip Erdogan.
La brouille a pour origine la demande de Mahmoud Abbas d’une médiation turque pour tenter une réconciliation entre le Fatah et le Hamas dès lors que l’Égypte avait renoncé à s’interposer. Mais des sources du Hamas accusent Mahmoud Abbas de vouloir intentionnellement brouiller les liens entre le Hamas et les Turcs depuis qu’il a soulevé auprès d’eux la question des relations avec Mohammed Dahlan. 

Cet ancien homme fort de Gaza et bras droit de Yasser Arafat a été accusé de planifier la destitution de Mahmoud Abbas et d’être associé au coup d’État avorté contre Erdogan en tant que bras sécuritaire des Émirats arabes Unis. La Turquie a de ce fait peu apprécié que le Hamas et Mohammed Dahlan scellent publiquement en 2017 leur rapprochement. Les deux camps ont mis en place en effet un comité chargé de panser les plaies des combats fratricides de juin 2007 puis ont organisé une  cérémonie de réconciliation.
 Pour envenimer les relations entre la Turquie et le Hamas, Mahmoud Abbas a dévoilé des déclarations de dirigeants du Hamas dans lesquelles ils critiquent le fondateur de la république turc Kamal Atatürk, le qualifiant de «traître du califat ottoman, qui l’a entraîné vers la laïcité après avoir éliminé l’État islamique».
En fait, Ramallah a tout fait pour ternir l’image du Hamas auprès de la Turquie ainsi que sur le plan international, surtout face à Israël, en révélant que le soutien financier turc était redistribué à Gaza. En effet, le représentant de la fondation turque Teka a confirmé que l’aide octroyée par la Turquie était transférée au Hamas. Cela a donc forcé la Turquie à signer un protocole pour que le soutien turc officiel ne passe que par les institutions officielles palestiniennes de Ramallah. Depuis, Erdogan refuse toute demande d’aide. Le Hamas perd donc un allié de poids alors que la Turquie avait sacrifié son alliance avec Israël pour prendre pied au Proche-Orient. 

1 commentaire:

denis sabrié a dit…

On peut imaginer que les Américains ont du mettre encore les points sur les I aux Turcs..!