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jeudi 6 décembre 2018

Le Hamas pose ses conditions pour un accord



Le Hamas pose ses conditions POUR UN ACCORD

Par Jacques BENILLOUCHE
Copyright ©  Temps et Contretemps


Fathi Hamad

Fathi Hamad, membre du bureau politique du Hamas, a clarifié les conditions posées par le Hamas pour signer un accord avec Israël. Il a laissé entendre que le niveau des violences pourrait monter si les demandes du Hamas n'étaient pas satisfaites. En fait, il a fait comprendre que l'intensité de la violence sera régulée par le Hamas en fonction de la situation sur le terrain et de la manière dont Israël répond aux demandes du Hamas.



Le Hamas a posé quatre conditions à remplir par Israël pour mettre en œuvre un accord définitif de cessez-le-feu. Ces conditions ne sont pas extravagantes et semblent même plus réalistes que celles de l’Autorité palestinienne.
1/ La zone de pêche doit être repoussée à 12 milles au large des côtes de la bande de Gaza, soit environ 22 kms.
2/ Les salaires des fonctionnaires ainsi que l’aide financière et le carburant en provenance du Qatar doivent pouvoir entrer librement. Mais le versement des salaires dépend de la bonne volonté de Mahmoud Abbas. Le Hamas attend qu’Israël fasse pression sur lui ou qu’il prélève une partie des taxes récoltées au profit de l'Autorité afin de les détourner vers le Hamas. Cela pose un problème de droit.  
3/ Les projets impliquant un financement des Nations Unis doivent être renouvelés afin de reconstruire Gaza et de développer les structures économiques.
4/ En raison du manque de liquidité dans la bande de Gaza, des billets de banque doivent être introduits auprès des banques.

Le Hamas est prêt à respecter ses engagements mais si ces exigences ne sont pas remplies pleinement, alors le Hamas menace d’élever le niveau de violence. Les «marches du retour» seront relancées, les cerfs-volants et les ballons incendiaires envoyés au delà de la frontière, et la guérilla nocturne contre Tsahal sera réactivée. Le Hamas se garde aussi le droit «d’inventer» de nouvelles actions pour l’hiver.
Selon Fathi Hamad, la majorité des dirigeants du Hamas et du Djihad islamique approuve ce concept en se réservant cependant le droit, si les conditions sont satisfaites, de maintenir un niveau de violence «tolérable» pour Israël sans recourir à l’escalade afin de satisfaire les éléments islamistes extrémistes. Mais le Hamas craint que l’Autorité palestinienne fasse pression sur Israël pour refuser ces conditions et il a bien précisé qu’il ne souhaite pas être entraîné dans une confrontation militaire globale.
Benjamin Netanyahou est partagé entre le choix de provoquer un nouveau conflit à Gaza afin de détourner l'attention des problèmes politiques et judiciaires du pays et la volonté de garder le calme à Gaza pour mieux se consacrer au nord et surtout à l’Iran.
 La principale priorité régionale de Netanyahou consiste à contrer l'Iran et ses alliés avec tous les moyens possibles. En éliminant toute possibilité de conflit avec le Hamas, il peut limiter l'influence de l'Iran dans la bande et même envisager de l’affronter. Le Premier ministre israélien peut alors consolider un front anti-iranien au Moyen-Orient en établissant une alliance avec les États arabes du Golfe, principalement l'Arabie saoudite, pour un «accord ultime». Cet accord vise à imposer aux dirigeants palestiniens une solution territoriale sur la question palestinienne et à normaliser pleinement les relations avec les États arabes, dans le but d'isoler encore plus l'Iran dans la région. C’est ce qu’a déjà fait Netanyahou en se rendant à Oman, qui entretient de bonnes relations avec Téhéran.

Le gouvernement israélien se méfie de plus en plus de la présence de l'Iran au Liban, ce qui pourrait renforcer les capacités militaires du Hezbollah. Cela l'a motivé à rechercher une forme de règlement avec le Hamas. Israël continuera à rechercher une trêve à long terme avec le Hamas tant que le projet de confrontation avec l'Iran reste sur la table. Pour cette raison, un nouveau conflit à Gaza dans un avenir proche est peu probable d’autant plus que l'Égypte, sous le patronage des États-Unis, déploie des efforts considérables pour négocier une trêve à long terme entre le Hamas et Israël pour garantir le calme au nord du Sinaï.
Mais en encourageant un accord avec le Hamas, Netanyahou favorise une scission définitive entre le Hamas et le Fatah et l’émergence d’une entité autonome à Gaza pour définitivement enterrer la création d’un État palestinien en Cisjordanie et à Gaza.


2 commentaires:

Marianne ARNAUD a dit…

Cher monsieur Benillouche,

J'espère que vous voudrez bien excuser cette réflexion qui ne signe sans doute, que mon ignorance crasse du sujet, mais vous lisant, j'en viens à me demander : qui menace qui ?

Très cordialement.

patrick silberberg a dit…

au nord comme au sud on est sous la "deterrence " des palestiniens Hamas et Hezbollah.
Je comprends mieux le départ de Liberman ,il voulait frapper fort le Hamas .Ainsi on continue avec deux problèmes sérieux.
Est ce que Tsahal va bombarder les tunnels ou juste fermer l extrémité israélienne ce qui serait ridicule.